Le décret exceptionnel pris par la ministre de la Mer pour autoriser les sorties en mer pour la Saint-Pierre, la fête des pêcheurs, à Sète, Agde et le Grau du Roi a été cassé par le conseil d’État. Il estime que les chalutiers et autres thoniers n’ont pas vocation à transporter du public. De la préfecture jusqu’à l’archevêque, la levée de boucliers est générale.
Verra-t-on cet été, traditionnellement le premier dimanche de juillet, une sortie en mer classique pour le dépôt de gerbe au large de Sète à l’occasion de la Saint-Pierre, la fête des pêcheurs ? Aujourd’hui, rien n’est moins sûr.
Des gilets de sauvetage imposés à chaque participant l’an dernier
Lors d’une première réunion de calage en préfecture, début avril, les organisateurs de ce moment fort de la vie locale, le maire de Sète, Hervé Marquès, et Cédric Licciardi, l’adjoint en charge des festivités, ont appris que le conseil d’État avait cassé le décret exceptionnel pris par la ministre de la Mer. Elle autorisait, sous conditions, les sorties en mer pour Sète, Agde et le Grau du Roi. De fait chacun des bateaux participant à l’événement devait fournir un gilet de sauvetage par personne et disposer d’assez de chaloupes de sauvetage au cas où. Sur l’Île singulière, où tout s’était très bien passé, le préfet de l’Hérault, à l’époque François-Xavier Lauch, avait même adressé un courrier de félicitations à tous les partenaires.
Pourquoi la décision du conseil d’État bouleverse-t-elle la fête ?
Patatras, le conseil d’État a conclu que les chalutiers et autres thoniers étaient des bateaux de travail et aucunement destinés à accueillir du public. En l’occurrence, seules douze personnes seraient acceptées. « Tout le monde est offusqué de cette décision après les efforts qui ont été réalisés », s’exclame un proche du dossier. Apparemment les Sétois ne sont pas les seuls puisque, selon nos informations, la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet a pris sa plus belle plume pour faire part d’une certaine incompréhension au regard, justement, des actions effectuées pour se conformer à la réglementation.
Une mobilisation générale est en train de se créer
Norbert Turini, l’archevêque de Montpellier, en a fait de même et a même parlé, dans sa missive, selon nos sources, « d’entrave à l’exercice de la religion ». Bref, la levée de boucliers, tout autant qu’une certaine colère, est en train monter. « La lutte s’organise de tous les côtés », dit une personne impliquée dans l’affaire. La Ville de Sète ne devrait d’ailleurs pas tarder à engager le combat sur les réseaux sociaux pour que l’ensemble de la population soit mis au courant de la situation. Dans l’hypothèse où la décision n’évoluerait pas, les organisateurs sont en train de concocter un plan B qui serait forcément a minima. Sous quelle forme ? Pas d’information pour l’instant.
Existe-t-il une porte de sortie ?
« Il y a quand même un petit espoir, glisse un interlocuteur. Étant donné la situation grave que traverse la pêche en ce moment avec la hausse du prix des carburants, les autorités pourraient être tentées de lâcher du lest sur ce point afin de ne pas en rajouter une couche. » Profiter de la crise pour éviter une autre crise en quelque sorte.







