Après les révélations de Laurent Nicollin à Midi Libre, le futur proche du club a alimenté les débats avant le match contre Troyes, samedi 4 avril. Pour un cocktail de sentiments. Ambiance.
Samedi dernier, il faisait soleil à La Mosson avant le match contre Troyes (2-2) et il y avait des sourires sur les lèvres des supporters, heureux de se retrouver après pratiquement un mois sans match à domicile. Une bonne humeur due également à la bonne série du MHSC (désormais 5 matches sans défaite).
Mais il y avait un autre sujet de discussion parmi les fans de la Paillade. La porbable ouverture du capital voire cession du club alimentait les débats et d’un coup, les mines se renfrognaient craignant que le ciel s’assombrisse sur Grammont.
Un inconnu vers le futur qui ne laisse pas insensible les fans de la Paillade. À l’image d’Emmanuel, la quarantaine. « Comment ne pas être inquiet et quelles autres solutions a-t-on ? Avec l’absence des droits TV et avec aucun nouveau stade en vue, il n’y a plus de ressource et le président ne rentre plus dans ses sous. » Cette compréhension devant la réalité financière était partagée par Timéo, 23 ans et habitué de la Butte : « L’instabilité m’inquiète d’autant qu’on n’est pas sûr que ce sera mieux ensuite. Je suis indécis. » Autrement dit, on sait ce qu’on perd, pas ce qu’on gagne.
Laurent Nicollin, Michaël Delafosse… Coupables désignés ?
Chez d’autres, à l’image de Yann, la consternation règne, même le verre à la main n’arrive pas à détendre : « On n’a plus d’argent et on va peut-être devenir comme d’autres clubs qui ont connu la première division et se retrouvent en Nationale 2 ou 3, comme un certain voisin (Nîmes)… »
Souvent, dans ces cas-là, on cherche un coupable. Pour certains supporters, il est tout désigné. « Laurent Nicollin n’est pas à la hauteur de son père, il a dilapidé tout ce qu’avait construit son père », enrage Jacques, la tête engoncée dans sa casquette. Il est rejoint dans son avis par Nathalie, la cinquantaine passée : « Abandonner tout ce que Loulou a fait, je ne comprends pas. De l’argent, ils en ont les Nicollin… »
Un autre fautif surgit également dans les discussions, le maire de Montpellier Michaël Delafosse. « Le mec veut mettre 70 M€ dans la rénovation d’un stade… en zone inondable. Ça va être de l’argent public dépensé pour rien alors que parmi les premiers projets, c’était du privé. On devrait être dans une enceinte nouvelle depuis dix ans », s’emporte Jean-Charles. « À la fin, tout le monde est perdant », renchérit Mickaël, écharpe nouée autour du cou.
Déjà de la nostalgie
Finalement, la nostalgie pointe dans la bouche de beaucoup de fans. « Je me sens privilégié d’avoir connu les grandes années de la Paillade », assure Benoît, 48 ans. « La Coupe de France 90, les matches de Coupe d’Europe contre Bucarest et Eindhoven et bien évidemment le titre de 2012 », se remémore-t-il. Pour lui, « devenir la réserve d’un club anglais, non merci. Ce sera sans moi… »
Un avis partagé par Yannick pour qui Troyes « sera un de mes derniers matches à La Mosson. J’aurais l’impression de venir supporter un nouveau club. » En attendant, la Butte et les autres tribunes continuent de pousser derrière leurs joueurs et de célébrer la 74e minute en hommage à Loulou. Pour combien de temps encore ?







