Adopté de justesse après quatre mois de travaux sous haute tension, le rapport controversé du député Charles Alloncle sur l’audiovisuel public s’apprête à être rendu public le 4 mai. Déjà, des voix comme celle d’Erwan Balanant s’élèvent et annoncent un contre-rapport pour contester des propositions jugées "délétères".
Approuvé in extremis lundi soir par 12 voix contre 10, et 8 abstentions, quel sera l’avenir du rapport controversé du député UDR de l’Hérault Charles Alloncle sur l’audiovisuel public ?
« Nous allons faire un contre-rapport », a annoncé mardi matin Erwan Balanant, député MoDem du Finistère et membre de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, qui a choisi de s’abstenir lundi « pour éviter de ne plus avoir de rapport du tout », et de « déclencher une machine à fantasmes ».
Chacun pourra se faire son opinion : les 400 pages du document, issus de 4 mois de travaux sous tensions, lancés le 25 novembre 2025, « seront rendues public le 4 mai », a annoncé sur X le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons. Elles seront consultables sur le site internet de l’Assemblée nationale.
Des propositions « délétères »
Il s’ajoute à la parution, déjà effective, des comptes rendus et vidéos de 70 auditions, notamment de personnalités : Nagui, Elise Lucet, Léa Salamé…
Critique de la neutralité de l’audiovisuel public, coût du modèle (4 milliards par an), lourdeur d’organisation qui nécessite des réformes structurelles… Les conclusions du rapport font craindre un démantèlement de l’audiovisuel public.
« L’heure est désormais à l’action, aux réformes et au redressement de l’audiovisuel public », s’est projeté dès lundi soir Charles Alloncle sur X. « Nous allons produire un contre-document, évidemment pas aussi complet, mais réalisé rapidement, pour analyser ces propositions et dire en quoi elles sont délétères », insiste Erwan Balanant.
En février dernier, un collectif de 350 personnalités avait publié une tribune dans Le Monde pour faire part de son malaise sur la manière dont le député Alloncle, souvent accusé de se comporter en “procureur”, a mené les auditions.




