Carole Delga, présidente de la Région, est venue visiter le chantier, guidée par Jean-Pierre Julien, heureux de dévoiler le futur site de Duo Lozère et ses perspectives de développement.
Las artisans s’activent dans l’ancienne coopérative laitière du Malzieu-Ville où les travaux avancent. Repris par la SARL Fromagers de Lozère – Duo Lozère, le site, quitté par le groupe Sodiaal en 2022, va retrouver une activité de transformation fromagère. Ce déménagement représente un gros virage pour l’entreprise menée, depuis 2012 par Jean-Pierre Julien et Cathy Chaptal.
De 500 à 1 800 m2
De 500 m2 utiles au Chastel-Nouvel, la fromagerie artisanale (fromages, fromages blancs, yaourts et faisselles) va investir prochainement 1 800 m2. « On était saturés au Chastel. Ici, nous allons pouvoir développer la production et surtout améliorer les conditions de travail des salariés, avec de nouveaux espaces et du nouveau matériel pour automatiser certaines taches », expose Jean-Pierre Julien.
Depuis septembre dernier, ce qui était devenu une friche industrielle se transforme. Seuls les murs extérieurs ont été conservés. L’intérieur a été recloisonné pour offrir des espaces de travail ergonomiques et modernes. Au rez-de-chaussée, toute la partie fabrication, avec la réception et la transformation du lait, l’affinage, le conditionnement… À l’étage, en mezzanine, les bureaux et les espaces pour le personnel.
Doubler la production
Une fois les locaux achevés, il faudra encore installer tous les équipements de production et de conditionnement. « On espère que ce sera prêt avant l’été, sinon en septembre », glisse Jean-Pierre Julien.
Dans ces nouveaux locaux, l’entreprise nourrit des ambitions de développement. L’objectif : doubler les volumes de production d’ici trois à quatre ans, passant de 1,5 million à 3 millions de litres de lait (vache et brebis), avec des perspectives puisque le site est dimensionné pour multiplier la production actuelle par trois. « Trois millions, c’est l’équilibre financier qu’il faut qu’on atteigne pour arriver à la rentabilité du nouvel investissement », a calculé le patron.
Des embauches
Cela s’accompagnera aussi d’une croissance de l’effectif : à la vingtaine de salariés actuels, s’ajouteront de nouvelles embauches pour atteindre une trentaine de personnes.
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, est venue visiter le site, mercredi 8 avril 2026. Elle a confié : « Je suis ravie que la Région ait pu aider. Ce projet, c’est de la création d’emplois, mais également un revenu pour les éleveurs, et ça, c’est important. Ce projet incarne parfaitement ce que nous défendons à la Région : une économie de proximité, ancrée dans nos territoires, qui valorise les savoir-faire locaux et le travail de nos producteurs. » L’entreprise achète le lait à treize producteurs de Lozère, dans un rayon d’une quarantaine de kilomètres autour du Malzieu, à 50 centimes, « contre 40 à 42 centimes pour certains industriels », souligne Jean-Pierre Julien.
« C’est une entreprise qui mérite d’être valorisée, insiste la députée Sophie Pantel, qui accompagnait Carole Delga lors de la visite – c’est d’ailleurs elle qui avait suggéré cette visite à la présidente de Région. Je salue leur pugnacité et leur engagement. Ils ont un projet global, qui a été réfléchi et travaillé. »
Une aubaine pour Le Malzieu
Et qui réjouit grandement Jean-Noël Brugeron, le maire de ce village de 750 habitants, venu sur le chantier avec une partie de son conseil municipal : « C’est de l’emploi ! Et surtout, voir ce site perdurer, c’est une excellente nouvelle. »
La démarche RSE de l’entreprise a été saluée par l’attribution du prix national Territoires d’industrie en transition écologique. Les Fromagers de Lozère veulent aussi s’inscrire dans le territoire en faisant visiter le site. La mezzanine a été conçue pour ménager un couloir d’observation sur la partie production.
Jean-Pierre Julien aimerait aussi installer un espace de médiation, pour les scolaires par exemple, et diffuser des films de présentation de l’ensemble de la chaîne, depuis la production dans les fermes. « Nous avons besoin de personnel formé, par exemple de conducteurs de ligne. Il faut redorer l’image des métiers de l’agroalimentaire », insiste Jean-Pierre Julien.








