INFO MIDI LIBRE Suicide, accident ou assassinat ? L’étrange noyade de Marie-Thérèse dans un champ du nord de l’Aveyron

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Une femme de 54 ans a été arrêtée fin mars par les gendarmes et écrouée pour assassinat : Monique, 54 ans, est soupçonnée d’avoir donné la mort à sa soeur aînée le 17 janvier dernier à Saint-Symphorien-de-Thénières, un petit village proche du Cantal. Elle clame son innocence, et demande sa remise en liberté devant la cour d’appel de Montpellier.

Les mains jointes en forme de supplique, ce mardi 14 avril dans le box de la cour d’appel de Montpellier, les yeux levés au ciel, Monique implore la présidente, et ses mots se bousculent. « Je suis beaucoup trop malheureuse, je pleure tous les jours, je veux revenir avec mes frères, j’ai de l’amour pour mes frères, un profond amour, je veux revenir chez moi, merci, Madame, merci Madame ».

Le 17 janvier 2026, dans un champ, à Saint-Symphorien-de-Thénières, aux confins de l’Aveyron et du Cantal, son comportement était plus déconcertant encore. En passant près d’un de leurs champs, récemment inondé, un couple d’agriculteurs découvre une scène dépassant l’entendement.

Allongée dans quelques centimètres d’eau

Allongée sur le ventre, dans quelques centimètres d’eau, une femme, inanimée. Au centre du terrain, où la profondeur de l’eau n’excédait pas 30 centimètres, Monique, qui mettait sa tête sous l’eau, puis la ressortait, « par instinct de survie », selon les témoins, tout en criant : « Foutez-nous la paix, laissez-nous faire ce qu’on veut ! Elle m’a poussée dans l’eau, elle m’a poussée dans l’eau ! »

À l’arrivée des secours, les pompiers ne peuvent que constater le décès de Marie-Thérèse, 64 ans, tandis que sa sœur Monique, 54 ans, restée longtemps dans l’eau glacée, est évacuée en hypothermie par hélicoptère. Le 30 mars, les gendarmes sont retournés dans la maison familiale très modeste d’un lieu-dit voisin où les deux sœurs vivaient avec leurs deux frères. Ils devront user de la force pour l’embarquer alors qu’elle crie, tempête, s’accroche à la portière. À la brigade, elle se calme : on lui explique qu’elle est placée en garde à vue pour assassinat.

Car si l’enquête semble confirmer que Marie-Thérèse est bien morte noyée, les soupçons s’accumulent. Marie-Thérèse s’est-elle noyée par accident, « emportée par le courant après avoir glissé« , comme l’a dit Monique ? S’est-elle suicidée de cette drôle de façon ? Ou bien a-t-elle été assassinée par sa propre sœur ?

« Deux personnes perdues, mentalement fragiles, une têtue, colérique, agressive, et l’autre calme et discrète »

« Les photos des lieux sont claires, c’est un terrain parfaitement plat avec une eau stagnante, il n’y a pas de courant » précise la présidente de la chambre de l’instruction. Selon son médecin, Marie-Thérèse, qui était à la limite de la déficience mentale, était suivie depuis une vingtaine d’années psychiatriquement, avec un traitement lourd, délivré chaque semaine par une infirmière, chez qui Monique la conduisait.

« Des doses toxiques » de ses médicaments

Interrogé, le maire du village a décrit « deux personnes perdues, mentalement fragiles, une têtue, colérique, agressive, et l’autre calme et discrète ». Il y a cinq ans, une enquête sociale avait été ouverte, après des soupçons de violence de la sœur cadette sur son aînée. « L’enquête avait conclu que Marie-Thérèse n’était pas en mesure de décider librement de ses choix de vie, qu’elle n’avait jamais évoqué de pensées suicidaires, et qu’elle était trop sédatée pour avoir envie de mettre fin à ses jours ».

Et même si sa Monique avait tendance à « vouloir entraver le traitement psychiatrique » de sa sœur, en refusant l’accès de l’appartement à l’infirmière, aucune trace de violence n’a été établie. Selon ses frères, dans les jours précédant le drame, Monique, décrite comme « compliquée et autoritaire » se disait dépressive, lâchant qu’elle ne voulait plus vivre, et tenant des propos incohérents.

Juste avant de partir avec Marie-Thérèse, pour « une promenade », elle leur aurait laissé son téléphone portable et les clés de la maison. En garde à vue, elle a raconté à sa cinquième audition que Marie-Thérèse s’était suicidée en se noyant dans quelques centimètres d’eau, « car elle ne voulait plus vivre avec sa maladie ». N’ayant pas réussi à l’en empêcher, Monique aurait alors tenté de faire de même, sans y parvenir. Problème : l’autopsie a montré que la victime avait dans le sang « des doses toxiques » de ses médicaments habituels.

Plus de 100 000 € chacune sur leur compte bancaire

Le psychiatre qui a examiné Monique a été frappé par sa froideur, lorsqu’elle racontait le drame. Autre point étrange : alors qu’elles vivaient chichement du RSA pour l’une, d’une allocation handicapée pour l’autre, les deux sœurs avaient chacune plus de 100 000 € sur leurs comptes bancaires.

« Il s’agit d’un assassinat au sein de la cellule familiale à une personne très dépendante, dans l’incapacité de pouvoir décider de son sort » estime l’avocat général, opposé à toute libération. « C’est un personnage fragile, qui peut changer de version d’une minute à l’autre mais une chose n’a pas changé dans tous ses récits : elle n’a pas donné la mort à sa sœur« , rétorque son avocat, Me Amine Farraj. « Je ne suis pas dangereuse, je fais ce que je peux dans ma vie, j’ai toujours marché à pied, je ne bois, pas je ne fume pas, je ne fais pas de représailles du tout ! », ajoute Monique. Décision ce jeudi.

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