Jann Gallois, codirectrice de l’Agora, cité de la danse à Montpellier, crée la sensation au théâtre du Capitole à Toulouse

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La jeune co-directrice de l’Agora de la danse à Montpellier, Jann Gallois, fait sensation en ce moment à Toulouse, avec sa contribution à la création “Trois cygnes” pour le prestigieux Ballet de l’Opéra national du Capitole.

Il y a le feu au Lac à Toulouse en ce moment, et la politique n’y est pour rien, mais la grâce, ô combien ! Depuis vendredi, et encore jusqu’à ce jeudi, le théâtre du Capitole accueille en effet Trois cygnes, un flamboyant triptyque de créations du mirifique Lac des cygnes de Petipa/Tchaïkovski. C’est à la directrice de la danse du Ballet de l’Opéra national du Capitole, Beate Vollack, que l’on doit cette idée brillante de proposer à trois plumes chorégraphiques aux parcours et aux styles très différents de s’approprier le monument du répertoire académique, à leur guise.

Entre le Cantus cygnus, néoclassique, esthétique et stellaire signé Nicolas Blanc, et le magnétique, opératique et excentrique Black bird du duo Iratxe Ansa & Igor Bacovich, comme serti entre ces grandes formes mobilisant chacun une vingtaine de danseurs du ballet toulousain, une perle, d’apparence plus modeste pour sa durée et son effectif, mais à l’éclat coruscant, bouleversant : Incantation de Jann Gallois.

Codirectrice de l’Agora de la danse de Montpellier (avec Dominique Hervieu, Pierre Martinez et Hofesh Shechter), Jann Gallois n’avait avant cela jamais créé pour un ballet d’opéra, ni d’ailleurs pour une compagnie autre que la sienne, BurnOut. Mais quelle première ! « Je souhaitais depuis longtemps travailler un jour avec des danseurs classiques, la proposition de Béate Vollack est arrivée au bon moment et au bon endroit ! », confiait la chorégraphe après la première, très applaudie. « Le Lac des cygnes c’est un monument, pour moi, la musique est incroyable et la chorégraphie de Petitpa un souvenir très fort : je l’ai vu toute petite et ça m’a beaucoup marquée. »

Une variation mystique

On pourrait penser la jeune artiste issue des danses urbaines étrangère à cette histoire mythique d’inspiration germanique avec son prince Siegfried amoureux d’Odette, une princesse transformée en cygne blanc, qu’il confond un soir de bal avec Odile, le cygne noir, fille du sorcier Rothbart à l’origine de la malédiction qui frappe son aimée, et pourtant… « Dans sa commande, Béate Vollack, nous a dit que nous étions libres de reprendre ce que nous voulions du Lac des cygnes, un mouvement, une musique, un costume, un moment, une idée. Quand elle a dit “une idée”, je me suis dit que ça, oui, c’était pas mal. Au fond, ce qui m’a intéressée dans ce ballet, c’est l’idée de la transformation, Odette en cygne blanc, Odille en cygne noir, une métamorphose, une malédiction, mi-femme, mi-animal, dont il s’agit de se sortir… J’ai tiré sur ce fil un peu ésotérique pour développer l’aspect mystique qui m’intéressait. »

Ainsi, sur une musique déjà envoûtante du clarinettiste Yom, sa création donne-t-elle à voir, et à ressentir, les évolutions de quatre danseurs, deux femmes, deux hommes, leurs mutations fluides et souples dans l’espace, et dans un seul temps, lié, connecté. Ils sont pareillement vêtus de jupes longues d’inspiration orientale, aux reflets noir et blanc, qui soulignent la fluidité des mouvements, surtout en toupie façon derviches et incitent à focaliser notre attention sur la gestuelle des bustes, bras et têtes.

« C’est une chance de pouvoir travailler avec ce type de physicalité. Mais je ne me sentais pas d’assumer tout le corps de ballet, quatre, oui, c’était possible. » Si les danseurs du Ballet de l’Opéra du Capitole tournent très peu, leur réputation voyage pour eux : leur niveau est exceptionnel. « Ils ont une tout autre approche du corps mais au fond, à l’intérieur, il y a les mêmes âmes. J’ai adoré travailler avec eux, d’autres postures, d’autres façons d’aborder le contact entre eux. J’aime énormément la danse-contact et, en classique, dans cette technique, ils sont extraordinaires ! Avec Incantation, j’ai voulu montrer comment à quatre on pouvait faire corps, un seul corps, parfois monstrueux mais peut-être aussi salvateur… «  Quinze minutes de grâce organique et plastique exhalant la douceur du lien à un niveau magique. Il aura suffi d’un cygne ? Une question de plume.

“Trois cygnes” à voir les 17, 18 et 19 mars, 20 h, au théâtre du Capitole à Toulouse. opera.toulouse.fr

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