Un système européen sur Internet est prêt, annonce Bruxelles, qui souhaite protéger ainsi les mineurs des dérives en ligne.
Le contrôle de l’âge sur les réseaux sociaux se précise. L’application de vérification de l’UE pour les plateformes en ligne est techniquement « prête » et sera bientôt disponible, a annoncé, mercredi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, alors que nombre d’États tentent de limiter l’accès des mineurs aux réseaux sociaux.
« Nous avançons à toute vitesse et avec détermination dans l’application de nos règles européennes »», a affirmé la cheffe de l’exécutif européen, lors d’une conférence de presse à Bruxelles aux côtés de la commissaire européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen.
Une technologie cryptographique Bien qu’aucune législation contraignante à l’échelle de l’Union européenne n’ait encore été adoptée, le Parlement européen a approuvé en novembre un rapport appelant à fixer un âge minimum de 16 ans pour l’accès aux réseaux sociaux dans l’ensemble des États membres.
La Commission mise, pour cela, sur une application sécurisée, compatible avec les appareils mobiles et les ordinateurs et en open source, c’est-à-dire que tout le monde pourra analyser son code.
Ce système, testé depuis 2025 dans plusieurs pays dont la France, pourra être utilisé par les États membres pour leurs propres applications de contrôle de l’âge, notamment pour les sites pour adultes. Les utilisateurs devront s’enregistrer dans cette application avec leur passeport ou leur carte d’identité. Cela leur permettra ensuite de prouver leur âge « de manière complètement anonyme, et sans pouvoir être tracés », a promis Mme Von der Leyen.
L’UE dit s’est appuyée sur une technologie cryptographique “zéro-connaissance” (Zero-Knowledge Proofs), qui permet de prouver qu’on dispose d’une information sans la révéler.
« Plus d’excuses »
« Cette application offre aux parents, aux enseignants et aux tuteurs un outil puissant pour protéger les enfants. Nous ferons preuve d’une tolérance zéro envers les entreprises qui ne respectent pas les droits de nos enfants », a averti Ursula von der Leyen.
« Les plateformes en ligne pourront se reposer sur elle » pour s’assurer de l’âge de leurs utilisateurs et elles « n’auront plus d’excuses » » pour se défausser, a-t-lle insisté, rappelant qu’au moins une douzaine de pays européens, dont le Royaume-Uni et la Norvège, ont adopté ou envisagent une législation fixant un âge minimum, généralement compris entre 13 et 16 ans, pour l’utilisation des réseaux sociaux.
« Un tiers de confiance »
« Cette technique ne permet absolument pas de garantir à quiconque le respect de son anonymat, c’est bien au contraire la fin de l’anonymat que ce type d’application est en train d’entraîner, puisque cela reste une opération où l’internaute doit s’identifier auprès d’un tiers de confiance », assure, pour sa part, Bastien Le Querrec, juriste de l’association française La Quadrature du Net, cité par BFMTV.
Emboîtant le pas à l’Australie, un nombre croissant de pays européens envisagent, en effet, des restrictions, alors que les inquiétudes grandissent quant à l’impact des réseaux sociaux sur la santé et la sécurité des mineurs. En France, les sénateurs ont adopté fin mars un projet de loi prévoyant une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, mais dans une version plus limitée que le texte voté fin janvier à l’Assemblée nationale.









