Le nouveau maire de Lodève évoque sa prise de fonction et son installation.
Claude Laateb, comment se passe votre prise de fonction ?
Bien. C’est déjà énormément de boulot. J’arrive à 6 h du matin en mairie, je n’en repars souvent qu’après 20 h, mais je ne suis pas surpris. En étant de confier les délégations de signatures à mes adjoints, je signe tous les documents, je regarde tout. Je multiplie les rencontres sur le terrain, les prises de contact et ça va continuer car je n’ai pas encore vu tout le monde. J’aurais besoin de recruter une équipe, DGS, directeur de cabinet, secrétaire pour faire face à la tâche qui nous attend pour améliorer les choses. Il n’y a pas de temps à perdre.
Pour améliorer le quotidien et la proximité avec les Lodévois ?
Exactement. Je veille à la propreté de notre ville, avec les agents du service de nettoyage. Je les vois arriver le matin, j’ai même partagé un petit-déjeuner avec eux mardi. Il va falloir leur mettre à disposition un équipement mieux approprié, et réorganiser certaines choses. Je prévois aussi la mise en place d’un service municipal pour les encombrants, d’une appli face aux déchets dans les rues. Nous allons demander plus de sévérité à la police municipale face aux incivilités et au fléau des crottes de chiens. Et appeler au civisme de chacun sinon ce sera toujours compliqué.
Quelles sont vos autres priorités ?
Pour l’instant rien n’est gelé, si ce n’est que nous avons déconstruit les aménagements du Quai Vinas comme nous nous y étions engagés. Nous travaillons sur le maintien des classes de maternelles menacées, j’ai contacté les sénateurs Bourgi et Grand, la députée Manon Bouquin, les responsables de l’Éducation nationale et les parents. J’ai évoqué le sujet avec Madame la sous-préfète, Célia Pouget, qui m’a rendu visite mardi. J’ai rencontré une femme de terrain, ouverte, forte de conseil ce que j’ai beaucoup apprécié. Je lui ai également parlé de la situation anormale de l’hôpital avec le manque de médecins.
Comment y remédier ?
J’ai des leviers que je vais activer, il nous faut aussi créer les conditions d’attractivité, arrêter de dénigrer notre hôpital, si on veut maintenir le service de médecine et transformer enfin le CAPS et service d’urgence comme cela a été acté. Ailleurs ils y arrivent, pas nous. En tant que président du Conseil de surveillance, j’aurais peut-être des réponses à ces questions, je rencontrerais aussi l’ARS et je ne vais rien lâcher.
« Maire de Lodève, c’est un boulot à 100 % »
Comment s’est passé le conseil municipal lundi sur le débat d’orientation budgétaire ?
Pour nous la ville est trop endettée, à plus de 12 M€, avec derrière un manque de trésorerie. On va aller chercher l’argent là où il est, modifier l’organisation de certains services, être vigilant sur toutes nos dépenses. Le but est de dégager de l’épargne nette et pouvoir se donner des marges de manœuvre. Il faudra faire avec, prendre le temps d’analyser, d’étudier. On a beaucoup d’idées mais nous serons limités par l’état des finances. J’ai également choisi de baisser de 20 % mes indemnités et celles des adjoints ce qui représente 9 000 € qui iront à des associations caritatives de la ville.
Avec une opposition critique qui conteste déjà vos explications…
Je préfère parler de groupe minoritaire. Il ne faut pas oublier qu’on hérite de leur gestion et de leur DOB cette année. Je leur ai tendu la main en disant que je souhaitais travailler avec eux et leur donner la présidence de la commission des finances ce qui les a fait sourire. Je trouve qu’ils sont trop politisés avec les responsables du PS Départemental et du PC local, une conseillère régionale PS. Je ne suis pas sur cette ligne. Nous sommes pour l’intérêt général, pas pour un parti, ni contre une personne. Ce n’est pas moi qui ai choix de les remplacer, ce sont les Lodévois.
Vous avez déjà quelques projets sur la table ?
On s’aperçoit qu’il y a des problèmes sur certains chantiers comme celui de la piscine. On fera tout pour qu’elle ouvre mais il y a des choses à régler. Une priorité, c’est avancer sur le projet Quartier de Demains avec ses aménagements autour de la création d’espaces publics et de parkings, voir quand et comment rendre la Halle Dardé marchande, ou revoir le projet de l’Hôtel du Nord, propriété de la commune pour créer des chambres d’hôtel avec du logement Senior.
Vous avez été battu pour la présidence, comment Lodève se positionnera par rapport au reste du Lodévois-Larzac ?
D’abord, il était normal que le maire du bourg centre soit candidat, les installations sont chez nous, il y a beaucoup de mutualisations de services, Lodève paie beaucoup pour l’intercommunalité. Je voulais rassembler mais je reste perplexe sur le tour de passe-passe du conseil et sur l’équité du territoire après le résultat sans appel de notre élection. J’ai une première vice-présidence sans délégation que j’ai acceptée pour laisser sa chance au dialogue. Mais le budget, l’économie, les Ressources humaines nous échappent. J’attends de voir ce qu’on va nous proposer sur les trois vice-présidences restantes, mais on a souhaité isoler Lodève. Aujourd’hui, une fracture s’est créée. Mon équipe est très remontée, comme les Lodévois. Et la cohabitation s’annonce compliquée.
Comment allez-vous vous organiser professionnellement ?
Je vais garder mes fonctions de délégué de la Ligue professionnelle de football, mais l’entreprise familiale continuera de tourner sans moi. Car être maire de Lodève, c’est beaucoup de sollicitations et un boulot à 100 %, même en ayant des personnes sur lesquelles m’appuyer, notamment mes adjoints. Et puis il y a l’intercommunalité, il faut voir ce que veut faire le président Frédéric Roig.










