Pour la première fois, de nouvelles règles ont été imposées cette année aux communes de moins de 1 000 habitants pour les élections municipales : la fin de panachage et la parité. Deux modifications que dénonce Michel Guiral, qui a lancé une pétition.
Jusqu’aux élections municipales de 2020, les électeurs des communes de moins de 1 000 habitants avaient la possibilité de rayer le nom d’un candidat sur une liste et la parité n’était pas une obligation. Mais lors du dernier scrutin, les règles ont changé. Et ne font pas l’unanimité. Michel Guiral, maire de l’ancienne commune de Saint-Sauveur-de-Peyre de 2001 à 2017 avant la création de la commune nouvelle de Peyre-en-Aubrac et désormais élu de cette dernière, a décidé de lancer une pétition pour inciter les parlementaires lozériennes à faire tout leur possible pour revenir aux règles qui s’appliquaient avant la réforme.
Près de 4 000 votes blancs et nuls dans le département
La sénatrice Guylène Pantel et la députée Sophie Pantel avaient en effet voté en faveur de cette loi. « Avec le panachage, grosso modo, on arrivait au même résultat, mais les gens avaient le sentiment de faire le choix, souligne Michel Giral. Donc je me suis dit qu’il fallait que notre député et notre sénatrice agissent pour qu’on revienne au mode de scrutin précédent. »
La pétition a été lancée le lundi de Pâques et a déjà récolté 241 signatures sur le site change.org. « J’ai préparé un petit flyer que je distribuerai avec à la fois aussi un QR code et puis la possibilité aux gens de signer la pétition manuellement. D’ici une dizaine de jours, je demanderai un rendez-vous un rendez-vous aux parlementaires pour la remettre. »
Après avoir dépouillé les résultats des 152 communes du département, Michel Guiral a constaté que près de « 4 000 électeurs ont mis des bulletins blancs et nuls. Ce n’est pas négligeable« . Il donne l’exemple de Nasbinals, où 33 votes blancs et 127 votes nuls ont été comptabilisés sur un total de 362 votants. Pour Sophie Pantel, ce chiffre est à mettre en perspective avec le nombre total de votants dans le département : 42 681.
Un texte déjà déposé à l’Assemblée pour le retour du panachage
La députée de la Lozère explique qu’à l’arrivée du texte, elle a demandé l’avis de tous les maires et conseillers municipaux du département. « J’ai eu quand même pas loin de 70 % de retour. Et sur les 70 % de retour, j’avais eu pratiquement 65 % de pour. » Elle pense toutefois que le retour au panachage pourrait être pertinent. « Ce qui est remonté de la part des uns et des autres, c’est qu’on a quand même eu beaucoup de communes où il n’y a pas eu de choix. » Un texte a d’ores et déjà été déposé en ce sens. Mais ce dernier n’est pas encore écrit : « On a sept années devant nous« , souligne la députée.
La sénatrice Guylène Pantel, elle, ne voit rien à retoucher à la loi. « Ça a été voté, c’est la démocratie. On ne vote pas pour une personne, on vote pour un projet que la commune ait 100 ou 10 000 habitants. Je ne vois pas l’intérêt. Rayer une personne parce que la veille elle vous a refusé quelque chose alimente seulement des querelles personnelles. » Elle observe de plus que « ce sont souvent les maires qui sont rayés parce que ce sont eux qui sont en première ligne et je ne trouve ça pas très juste. »
Pas question de toucher à la parité pour les parlementaires
Michel Guiral remet aussi en cause la parité : « J’ai interrogé des collègues, et c’est parfois compliqué. J’ai toujours recherché des compétences avant tout. Je pense qu’il faudrait mieux se préoccuper des conditions d’exercer des responsabilités« , argumente le conseiller municipal. Mais pas question pour les deux parlementaires de revenir sur cette modification. « Quand elles y vont à plusieurs, ça donne plus de force aux femmes pour être sur les listes électorales, avance Guylène Pantel. Les maires avec qui j’en ai discuté partagent complètement cet avis. » Sophie Pantel voit aussi dans ce changement une avancée.
Mais qu’importe pour Michel Guiral, qui sera notamment présent sur les marchés d’Aumont-Aubrac, vendredi 17, et de Marvejols, samedi 18 avril 2026, pour faire signer sa pétition.











