Municipales à Nîmes : comment s’est négociée en coulisses la fusion de Franck Proust et Julien Plantier

admin
Par
admin
7 min de lecture
#image_title

Ce lundi 16 mars, en fin d’après-midi, Franck Proust et Julien Plantier, arrivés en troisième et quatrième positions au premier tour des municipales à Nîmes, ont annoncé une fusion et se posent comme "le choix de la raison".

Alors que Julien Sanchez et Vincent Bouget, arrivés en première et deuxième positions à l’issue du premier tour des municipales à Nîmes avec 30,39 % et 30,05 % des voix, ont déposé dès ce lundi après-midi leurs listes en préfecture, pour les deux autres qualifiés Franck Proust et Julien Plantier, il fallait temporiser.

De désunion en fusion

Et pour cause. Depuis dimanche soir, et à peine les résultats tombés à Nîmes, les tractations ont commencé pour préparer ce second tour de tous les dangers. Mais rien n’était simple et évident entre Franck Proust et Julien Plantier. Depuis des mois, les deux hommes ont montré leur désunion.

Si, dès dimanche soir, Julien Plantier a appelé à la fusion avec Franck Proust, renforcé par son écart inférieur à 5 points avec le premier adjoint au maire et président de Nîmes Métropole (15,55 % contre 19,55 %), dans son camp, tous n’étaient pas adeptes de cette vision et avaient déjà fait savoir que cela se ferait sans eux. Et l’on ne peut pas croire que ce projet soit indolore pour l’ancienne candidate Renaissance, Valérie Rouverand, même si elle figure en très bonne position (2e) sur la nouvelle liste qui marque l’alliance Proust-Plantier.

Après consultation de ses colistiers dès dimanche soir, Franck Proust a donc lui aussi penché pour une fusion avec son meilleur ennemi plutôt qu’une alliance avec le RN (« Vous me voyez adjoint de Julien Sanchez ? », s’est-il exclamé). Causant, de facto, quelques départs de colistiers, peu enclins à suivre ce choix.

L’aboutissement d’heures de tractations

Et la nuit de dimanche à lundi a été courte puisque les discussions, commencées dès 22 h 30, ont duré jusqu’à 4 heures du matin, avant de reprendre dès 9 h ce lundi matin avec une nouvelle réunion. Où Franck Proust a fait savoir à son équipe qu’il y aurait des déçus et qu’effectivement, tout le monde ne serait pas repris.

Certains colistiers ont cependant dû le comprendre par eux-mêmes, faute d’avoir été contactés directement par le représentant des Républicains pour être conviés à la réunion de réconciliation qui s’est tenue ce lundi après-midi. Julien Plantier, lui, a reçu ses colistiers peu avant ce temps fort pour les informer de son choix. D’ici à ce que soit officialisée la fusion, à 17 h ce lundi, Laurent Burgoa et Thierry Procida pour le camp de Franck Proust, Xavier Douais et Julien Devèze pour le camp Julien Plantier, ont été en charge de faire le « tri » sur les deux listes pour n’en composer qu’une.

En coulisses, certains restent dubitatifs sur le fait que ce mariage de circonstance suffise à battre le RN ou la gauche. Mais finalement, les deux héritiers de Jean-Paul Fournier, arrivés en troisième et quatrième positions, déposeront donc une liste commune “Nîmes par-dessus tout” ce mardi 17 mars à 11 heures en préfecture. Franck Proust conduira la liste, Valérie Rouverand sera deuxième, Julien Plantier troisième, Valentine Wolber quatrième, Thierry Procida cinquième. Sophie Roulle participera et Jean-Paul Fournier, qui occupait symboliquement la dernière place sur la liste de Franck Proust sera également sur la nouvelle liste qui sera composée à 60 % de colistiers de Franck Proust et à 40 % de compagnons de Julien Plantier.

« Nous avons cru, peut-être à tort que nous pouvions porter nos programmes séparément »

À La Grande Bourse, Franck Proust, qui jusqu’ici voyait une fusion comme des « tripatouillages », le concède : dimanche, il a « pris une petite gifle ». Mais « on peut changer d’avis », dit-il, en regardant « lucidement » les résultats du premier tour. « Notre famille était divisée. Nous avons cru, peut-être à tort que nous pouvions porter nos programmes séparément. Force est de constater que ce n’était pas forcément la bonne stratégie et une partie des Nîmois nous l’a fait payer », poursuit le candidat au poste de maire.

« Nous avons agi en responsabilité. On ne peut créer une victoire que dans l’union », plaide Julien Plantier. « Une nouvelle histoire s’écrit », pour Valérie Rouverand.

« Nous avons travaillé ensemble »

« L’avantage, c’est que nous nous connaissons, nous avons travaillé ensemble », explique Franck Proust, qui, s’il est élu, laissera le fauteuil de président de Nîmes Métropole à Julien Plantier. Dans cette équipe, Valérie Rouverand rappelle qu’il s’agit d’une « alliance de trois personnes » et qu’elle aura toute sa place « dans une gouvernance de projet ». Avec un discours très offensif face à la « gauche radicale » de Vincent Bouget et un Julien Sanchez, « parachuté » qui « ne connaît pas nos rues, notre histoire, nos difficultés », la nouvelle équipe se pose comme « le choix de la raison ». S’affichant « confiants dans l’avenir », ils ont commencé à discuter du programme, en rappelant que sur le terrain, les électeurs leur ont souvent reproché la désunion.

« Nous avons été capables de faire un pas vers l’autre », raconte Franck Proust. C’est notamment le cas sur la baisse de la fiscalité demandée par Julien Plantier. « On partage le même constat », explique Franck Proust. Julien Plantier cite aussi ses mesures concernant « l’exemplarité » des élus. Mais plusieurs dossiers sont encore en discussion… Pas de réponse par exemple sur la gratuité des cantines, mesure phare dégainée dans la dernière ligne droite par Franck Proust. Idem sur le devenir du stade des Costières.

Reste que cette union, dans un camp comme dans l’autre, est bien considérée comme celle de la dernière chance pour « faire barrage aux extrêmes », puisque Franck Proust et Julien Plantier placent au même niveau de risque pour l’avenir de la ville de Nîmes l’élection de Julien Sanchez ou celle de Vincent Bouget.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr