une asso recherche les personnes disparues

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Chaque année, plus de 50 000 personnes disparaissent en France. Des drames humains auxquels sont confrontées de nombreuses familles sur le territoire. Après l’abandon par les pouvoirs publics des recherches dans l’intérêt des familles (RIF), seules les disparitions qualifiées d’inquiétantes font désormais l’objet d’enquête par les services de police et de gendarmerie. Depuis 2003, une association mène une action complémentaire à celle des forces de l’ordre auprès des familles des portés disparus. L’Assistance et recherche de personnes disparues (ARPD) soutient les familles à la recherche d’un des leurs. L’association maille tout le territoire français et dispose de délégations dans chaque région.

Dans les Pays de la Loire, l’association est encadrée par Anne Marais, déléguée régionale et vice-présidente nationale de l’ARPD. On compte 56 bénévoles dans la région, tous mobilisés pour apporter des réponses aux familles. Découverte des missions.

Des missions multiples

Ancienne bénévole dans une association qui encadrait et formait les cadres en recherche d’emploi, Anne Marais s’engage chez l’ARPD il y a un peu plus de quatre ans après avoir lu un article de presse. Après avoir commencé comme enquêtrice, Anne est devenue vice-présidente au niveau national.

Des anciens gendarmes, policiers, psychologues, douaniers, avocats ou étudiants figurent parmi les bénévoles. Les enquêteurs sont recrutés par l’association après une candidature sur internet et un entretien de plus d’une heure avec des bénévoles de l’ARPD.

« Ce sont des interviews durant lesquelles on essaye de comprendre ce que la personne peut nous apporter en termes de profil, quelles sont les motivations. On explique que c’est une activité qui varie en fonction des dossiers qui nous arrivent, mais qu’il y a plein d’autres choses à faire pour donner un coup de main au sein de l’association », note Anne Marais.

Outre la recherche de personnes, des bénévoles sont impliqués dans des cellules dites transverses comme une cellule médico-légale, une cellule prévention des fugues ou une cellule enterrée sous X ( pour permettre l’identification).

L’association compte également une « cellule OSINT » (Open Source Intelligence, ou Renseignement d’Origine Sources Ouverte, NDLR), une méthode de renseignement utilisant des sources d’information publiques.

Par exemple si Jean Dupont a disparu. Vous tapez Jean Dupont sur Google, vous n’aurez pas forcément grand-chose. Ces techniques-là (OSINT, NDLR) permettent de creuser à partir de votre recherche Jean Dupont et de pouvoir rajouter des mots-clés.

Anne Marais, vice-présidente de l’ARPD

Des enquêteurs au soutien des familles

Le travail de l’association s’inscrit en complément des investigations de police et de gendarmerie. L’ARPD participe à des battues également.

Ce sont les familles qui font la démarche pour contacter l’ARPD, en signalant la disparition d’un proche sur le site internet de l’association. L’ARPD accepte une recherche que si la demande provient d’un membre de la famille proche de la personne. Un bénévole rappelle la famille dans les 24 heures.

« On demande s’il y a eu une déclaration à la police ou à la gendarmerie, si c’est une disparition inquiétante ou pas. S’ils ne l’ont pas fait, on leur conseille de le faire, nous sommes là aussi pour les conseiller d’un point de vue juridique, opérationnel. Si les autorités ont déclaré une disparition inquiétante, on se présente aux autorités en question en disant qu’on a été mandaté par la famille et on est là surtout en appui de la famille pour les conseiller », décrit Anne Marais.

Les enquêteurs sont parfois confrontés à des situations difficiles ou dramatiques. Une cellule psychologique est en place pour suivre les enquêteurs, mais aussi les familles qui ont contacté l’association.

Il faut aller voir des familles qui sont dans le désarroi, donc il faut savoir rassurer. Notre rôle, il est quand même beaucoup en soutien des familles, c’est un point essentiel.

Anne Marais, vice-présidente de l’ARPD

« Il ne faut jamais rien lâcher »

Quand une disparition ne rentre pas dans les critères de « disparition inquiétante », alors l’ARPD s’occupe de l’enquête, de la recherche et du soutien aux familles.

Un enquêteur principal est nommé et est parfois secondé par des personnes. L’investigation débute par l’interrogatoire de la famille et des proches de la personne disparue, et est suivie par une enquête de voisinage sur le terrain. Le but pour les enquêteurs est d’ouvrir et de fermer des pistes au fil des recherches.

Les investigations de proximité sont complétées par des recherches internet. Grâce à son réseau, l’association peut poursuivre son enquête sur tout le territoire, voire à l’international, puisqu’il y a des représentants dans huit pays. « On est tout le temps dans la recherche, dans l’écoute, dans la réflexion, de se dire où est-ce que la personne peut être partie », énumère la bénévole.

Parfois, l’enquêteur retrouve la personne majeure portée disparue, mais cette dernière exerce son droit à la disparition. L’association propose de transmettre une lettre de la famille à la personne disparue quand celle-ci est retrouvée.

J’avais retrouvé la trace d’un fils dans un centre pour SDF. J’ai transmis la lettre de sa maman au responsable du centre d’accueil. Le jeune avait été bouleversé par cette lettre et il a recontacté sa mère.

Anne Marais, vice-présidente de l’ARPD

Malheureusement, l’histoire peut également se terminer par la découverte d’un corps. « C’est catastrophique pour les parents qui, en grande majorité, se font des films. Ils ne peuvent pas imaginer le pire. C’est normal, c’est du déni », avoue la déléguée régionale.

Grâce à leurs investigations, des bénévoles de l’ARPD ont permis de rouvrir des « cold case ». Preuve d’abnégation, une des qualités primordiales pour être un bon enquêteur ARPD, selon Anne Marais.

« Il faut partir sans a priori. La réalité, elle est parfois purement sociale et familiale. Il ne faut pas hésiter quand même à pousser les investigations, si on a des doutes. Pour être un bon enquêteur, il faut de la persévérance, il ne faut jamais rien lâcher, il ne faut pas se décourager. »

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