Le chantier de réhabilitation de l’ancienne raffinerie Exxon-Mobil de Frontignan, commencé en 2022, touche bientôt à sa fin.
« Il ne reste pratiquement plus rien. On en voit enfin le bout grâce à l’implication constante et au grand professionnalisme des équipes d’Antéa Group et de Séché Eco Service en charge de la réhabilitation des sols de l’ancienne raffinerie Exxon-Mobil de Frontignan« , se réjouit Hervé de Gréef, responsable de ce chantier chez Esso/North Atlantic. Mission accomplie : 100 % du sous-sol a été réhabilité de ses résidus d’hydrocarbures et de métaux. Le démantèlement des structures mises en place pour mener à bien ce chantier a pu commencer.
Le démontage de la tente gonflable mobile de 50 mètres de large et 120 mètres de long, unique en son genre, pour réaliser des opérations de terrassement sous confinement afin d’éviter les émanations d’odeurs, prendra fin le 24 avril, celui de la tente de stockage en dur avant fin avril. L’unité de traitement d’eau, construite spécialement pour ce chantier, a également été démantelée.
Ne reste plus sur le site que le lave roue, le pont-bascule, la base-vie, une petite unité de concassage de béton et quelques engins. L’activité sur ce terrain de 11 hectares, où une quarantaine à une soixantaine de personnes s’affairait sans relâche depuis le 16 août 2022 pour réhabiliter les sols et les eaux souterraines, tourne désormais au ralenti, avant que tout ne soit terminé fin mai.
Un chantier dans les « clous »…
Ce chantier de réhabilitation des terres, l’un des plus grands d’Europe, prendra fin dans les délais initialement prévus. Outre l’implication et le professionnalisme des équipes malgré des conditions de travail difficiles, le planning a pu être respecté grâce aux solutions techniques innovantes mises en place.
La principale est la tente gonflable de confinement. Fabriquée sur-mesure au Canada, elle a pour particularité d’être déplaçable rapidement afin de couvrir la majeure partie du terrain sans besoin d’être démontée en dépit de ses 60 tonnes. « Cela nous a fait gagner un temps considérable« , précise Hervé de Gréef.
… malgré quelques aléas en cours de route
Première surprise : le volume de terres à excaver est passé de 165 000 m3 à 174 000 m3, générant un surcoût de 20 % par rapport à l’enveloppe minimum, soit un coût total du chantier d’une soixantaine de millions.
Le deuxième contretemps, rapidement résolu, a été celui de la découverte en février 2025 d’une bombe de la Seconde Guerre mondiale de 225 kg, impossible à neutraliser complètement le premier jour. « Celle-ci a été mise en stockage dormant jusqu’à ce qu’une opération, conduite un mois plus tard, permette la destruction du détonateur restant. En agissant de la sorte, nous n’avons pris qu’un jour de retard au lieu d’un mois« , détaille Hervé de Gréef.
Dernier aléa : le vent a joué quelques tours pour le bon déroulement du chantier lors des opérations réalisées à l’extérieur de la tente gonflable. « On attendait que la météo soit favorable pour réaliser les opérations d’excavation afin de limiter les nuisances olfactives. Par ailleurs, en constatant que les camions qui transportaient la terre étaient imprégnés de ces mauvaises odeurs, on a rajouté dans les SAS des neutralisants d’odeurs, dont le dosage a été défini avec les riverains« , complète-t-il.
La municipalité récupérera ce vaste site dès juin 2026. Elle a prévu d’y déménager la gare SNCF, d’y créer un pôle multimodal, une base de loisirs et une zone d’activités réservée aux entreprises spécialisées dans l’économie bleue et verte.










