Pour les maires fraîchement élus, "une somme d’informations monumentale à assimiler"

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Le mandat des nouveaux maires débute sous haute pression. Entre responsabilités d’État, avalanche d’informations et urgences locales, les élus lozériens mesurent l’ampleur de leur engagement. Un apprentissage intensif, exigeant mais passionnant.

Pour les maires (et leurs équipes municipales), élus lors des élections des 15 et 22 mars 2026, le mandat démarre sur les chapeaux de roues. Pour ceux qui sont réélus, tout est globalement en place, on peut dérouler. Mais pour ceux qui s’installent tout juste dans leur fauteuil, c’est une autre paire de manches. « À la mairie de Florac, j’ai un directeur général des services, un secrétariat à temps plein… Cela facilite les choses. Pour les élus des petits villages, c’est sans doute autre chose », concède Bernard Durand, maire de Florac.

Une période intense

Avec un secrétariat ouvert quelques heures par semaine, « je ramène du travail à la maison, glisse le maire d’un petit village. La période de la mise en place est intense. » Le maire de Grandrieu, Pierre-Émile Sylvain, abonde : « Au début, c’est presque un temps plein. »

Dans cet emploi du temps bien rempli, les maires ont répondu en nombre à l’invitation lancée par le préfet de la Lozère, vendredi 17 avril 2026, pour leur présenter les attributions qu’ils exercent au nom de l’État. Pour ce faire, il était accompagné du procureur de la République, Valéry Morron.

Le premier maillon de la chaîne républicaine

Un moment empreint d’une certaine solennité, donc, et l’occasion pour les élus de prendre la mesure de l’engagement qu’ils ont embrassé en acceptant cette fonction. « Être maire, c’est être le premier maillon de la chaîne républicaine », a insisté le préfet.

Parce qu’être maire engage des responsabilités qui dépassent le cadre de la commune. Ainsi que l’a présenté le préfet, le maire est aussi agent de l’État.

Des responsabilités

Organisation des élections, recensement de la population, troubles de voisinage, bâtiments menaçant de péril, autant de domaines qui ont été abordés lors de cette réunion. En tant qu’officier de police judiciaire, police administrative ou encore état civil, le maire aura quelques connaissances précises à assimiler. Et des responsabilités. « Chaque acte d’état civil que vous allez signer a une portée juridique. Un prénom oublié, une date de naissance erronée peuvent avoir des conséquences », a rappelé le procureur, ajoutant : « Votre signature a une valeur. Votre qualité vous oblige à avoir une responsabilité. »

Les nouveaux élus en ont bien conscience. « J’étais déjà premier adjoint, donc il y a des points que je connais déjà. Mais devenir maire, c’est une autre responsabilité », admet Pierre-Émile Sylvain.

Une somme d’informations monumentale à absorber en quelques semaines

« Il y a une somme d’informations monumentale à absorber en quelques semaines », reconnaît Valérie Védrin, maire d’Altier. Pour son baptême du feu, au sens propre comme au figuré, elle a de suite été confrontée à un incendie sur sa commune. « On découvre beaucoup de choses en peu de temps. J’ai déjà reçu tous les organismes avec lesquels on aura à travailler, Office national des forêts, Parc national des Cévennes… Et maintenant il y a déjà les budgets à voter ! », liste-t-elle. Intense « mais passionnant », selon elle. « C’est très enrichissant. Cela demande beaucoup de travail, mais c’est gratifiant, même si c’est pénible quelques fois », reconnaît Audrey Malaval-Fantini, maire de Pourcharesses.

Un guide de… 700 pages !

L’heure des questions réponses a permis aux élus d’exposer les sujets qui les préoccupent. Les interventions ont porté sur l’installation d’une rave party, la délivrance des permis de construire, le risque de prise illégale d’intérêts, les squats, l’assurance des élus et même les menaces de mort…

Les élus pourront à loisir, en guise de livre de chevet, consulter le guide du maire. Il se compose de… 700 pages ! « Ne soyez pas effrayés, nous sommes là pour vous accompagner », a promis le préfet, avec l’appui du procureur.

« Vaillance et courage »

Les maires pourront aussi compter sur l’Association des maires de Lozère présidée par Alain Astruc, et celle des maires ruraux de France, présidée par Audrey Malaval-Fantini. Toutes les deux proposent des formations, du soutien, de l’accompagnement aux élus dans l’exercice de leurs fonctions.

« Les normes évoluent, les responsabilités s’alourdissent et les attentes des concitoyens sont de plus en plus fortes, estime Alain Astruc. On a un certain nombre de responsabilités à assumer. On le fera avec vaillance et courage. »

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