Lionel Palancade dirige la société héraultaise Aquadoc, spécialisée dans l’irrigation et qui a mis au point un système d’arrosage intelligent et connecté, Andromède. Celui-ci équipe déjà 14 000 hectares de cultures, essentiellement des vignes. Mais faute de projets suffisants en France, il pourrait se tourner vers l’étranger pour se développer.
Andromède équipe actuellement 14 000 hectares. Qu’est-ce que cela représente ?
C’est 20 % du vignoble irrigué français. Ce n’est pas neutre. On n’est pas loin d’un potentiel de 150 à 200 000 hectares irrigables dans le Sud. Dans le Sud Ouest, ils ne sont pas encore sur le sujet de l’eau car ils ont moins de contraintes mais commencent à avoir des tensions. Sur le bassin-versant Adour-Garonne par exemple. Ils sont comme nous, il y a dix-quinze ans. Ils ont de l’eau mais ils auront besoin de la gérer.
Quel est le coût d’une telle installation connectée ?
Quand on est su de la création de réseau, il n’y a quasiment pas de surcoût par rapport à du traditionnel. Sur un réseau global, le surcoût est peut-être de 5 %. Sur de la modernisation, on change les ouvrages, on les connecte, on administre. On doit être autour de 1 500 à 2 000 € de coût à l’hectare. On a même des produits qui viennent s’adapter sur les bornes existantes, auquel cas on réduit encore les coûts. Notre premier projet de ce type verra le jour en 2027 si tout va bien dans les PO. Il y a des financements publics partagés entre fonds européens et fonds régionaux, auxquels viennent s’ajouter, parfois, des fonds départementaux.
« On est à la traîne par rapport à l’Espagne et l’Italie »
Vous visez plus de marchés en France et à l’étranger ?
Le problème c’est qu’en France, peu de projets sortent, ce qui nous freine un peu. Il va peut-être falloir aller travailler en Espagne ou en Italie. C’est peut-être une voie. En Espagne 70 % des réseaux d’irrigation sous pression sont déjà connectés et une montée en puissance est attendue en 2026. Cela veut dire qu’il y a de l’argent et qu’il y a une vraie volonté politique de modernisation suivie d’investissements. Est-ce qu’en France on a cette volonté politique de moderniser les réseaux ? Ce n’est pas évident.
Comment l’expliquer ?
On est à la traîne aussi par rapport à l’Italie. En Espagne si les réseaux sont autant connectés c’est parce que c’est imposé aux agriculteurs. Notre volonté est de continuer. On a des équipes en place, un savoir-faire acquis. Andromède n’est pas une simple application. Il fait appel à un savoir-faire beaucoup plus global, parce qu’il y a une partie électro mécanique, une partie équipement de comptage, équipement de communication, gestion des applications, hot-line, services techniques… C’est un modèle global. Aquadoc et sa filiale, ce sont 80 collaborateurs dont 10 dédiés à Andromède.








