Lorsqu’à 24 ans, on compte déjà une douzaine de mentions sur son casier judiciaire et que l’on est sortir de prison il y a quelques semaines, il semble plus avisé de se tenir à l’écart des gendarmes. Le tribunal judiciaire de Dieppe l’a rappelé vendredi 17 avril 2026 à un jeune homme originaire du Havre.
Trois jours plus tôt, il est interpellé par les gendarmes. Ces derniers en poste en pleine nuit le repèrent alors qu’il circule à La Haye près de La Feuillie. Leur attention a été attirée par le fait qu’il fasse plusieurs fois le tour d’un rond-point.
Il veut téléphoner à sa mère
Ils décident alors de le suivre et constatent qu’il fait des embardées sur la route. Ils décident de l’intercepter. D’emblée le jeune homme leur indique qu’il n’est pas titulaire du permis de conduire.
Ils le font descendre du véhicule et constatent qu’il dégage une forte odeur d’alcool. Ils veulent alors le soumettre aux dépistages habituels, alcool et produits stupéfiants, mais l’homme s’y refuse.
Il veut avant pouvoir téléphoner à sa mère dont c’est l’anniversaire. Magnanimes, ils vont l’y autoriser mais après ce coup de fil, il continuera à refuser les contrôles. Ce n’est que quelques heures plus tard, à la brigade de gendarmerie de Gournay-en-Bray, qu’il consentira à subir ces tests. Trop tard estiment les gendarmes qui jugent que trop de temps a passé pour que le test reste pertinent.
Détention provisoire pour le prévenu
En cellule son comportement laisse à désirer et un juge de la liberté et de la détention décide de le placer en détention provisoire en attendant une audience en comparution immédiate.
Lors de cette audience, son avocat, Me Bellet, demande en préambule la nullité de la procédure estimant qu’il manque des pièces au dossier numérique et que l’interpellation s’est déroulé dans des conditions qui laissent à désirer, attentatoires aux droits de la défense. Ces conclusions seront finalement rejetées par le tribunal.
Le jeune homme sera donc jugé sur l’ensemble des faits liés à la circulation routière. Son comportement en cellule (il aurait uriné dans cette dernière) ne sera pas poursuivi. L’homme expliquant qu’un coup reçu il y a quelques temps dans ses parties intimes, l’empêchait de maîtriser ses besoins.
Sur les faits routiers, l’individu fournit des explications : il aurait été abandonné par ses amis à la suite d’une soirée et n’aurait eu d’autre ressource que de prendre le volant d’une voiture qui n’était pas la sienne pour rentrer chez lui.
18 mois de prison
Le prévenu tente de se victimiser en indiquant que les gendarmes ont pu manquer d’égards à son encontre et lui retirant le cordon de son pantalon avant de le placer en cellule et en le réveillant :
à coups de pompes dans la porte de ladite cellule.
La Présidente recadre les débats et lui rappelle le danger qu’il constituait à circuler ainsi sans permis et alcoolisé. Le prévenu rétorque qu’il n’a fait aucune difficulté pour s’arrêter. « Devrais-je vous féliciter pour cela ? » s’emporte la magistrate.
Pour la Procureure de la République, la justice est face à un individu qui s’est mal comporté du début de son interpellation jusqu’à la fin de sa garde à vue.
Il a déjà eu suffisamment affaire aux autorités pour faire preuve d’un peu d’humilité.
Elle requiert une peine de 18 mois de prison dont 6 mois assortis d’un sursis probatoire emportant obligation de soins en addictologie et une interdiction de conduire un véhicule à moteur pendant deux ans. Elle requiert le placement immédiat en détention pour les douze mois fermes.
Me Bellet conteste la volonté de défiance de son client par rapport à l’autorité et sollicite que la partie ferme puisse être effectuée sous le régime de la détention à domicile sous surveillance électronique.
Une maman en colère au tribunal
Mais le tribunal s’y refuse et suit dans leur intégralité les réquisitions du Parquet au grand dam de la maman du prévenu, présente à l’audience, et qui exprime vertement son mécontentement.
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