Forages à Issanka, LGV, travail avec Hervé Marquès, projet de territoire : le président de Sète Agglo, Loïc Linares, bascule dans "le mandat du changement d’ère"

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Entre les forages à Issanka, la LNMP, le projet de territoire, sa méthode ou encore l’organisation des services, le président de Sète Agglo, réélu le 31 mars, partage son cap et sa feuille de route.

Ce jeudi soir, en conseil, les élus sétois présenteront une motion commune, suite à l’autorisation préfectorale de forage sur le périmètre de la source d’Issanka, dans le cadre du projet LNMP. Quelle est votre position ?

On savait que le sujet allait arriver. Nous avions refusé jusqu’à présent de revoir le périmètre de la DUP (déclaration d’utilité publique) du captage d’Issanka. On savait que le préfet pouvait utiliser le droit de revoir ce périmètre. C’est ce qu’il a fait. On a donc demandé la création d’un groupe de travail d’expertise technique et scientifique, pour suivre le cahier des charges de la SNCF afin d’effectuer ces sondages. Et on a demandé de pouvoir y être associé. On savait que c’était nécessaire pour la construction des piliers du viaduc (de Poussan, NDLR). La SNCF en a besoin pour avoir les autorisations environnementales. Notre impératif, c’est que les choses soient bien faites et que la ressource en eau soit sécurisée.

Quelle suite allez-vous donc donner à l’interpellation des élus Sétois ?

J’ai eu des échanges avec le maire de Sète. On a évoqué la création d’un groupe de travail, afin que les élus aient accès aux informations sur la démarche. C’est normal que ce sujet préoccupe, on parle de l’alimentation en eau potable de Sète.

« Sur les forages, nos experts et ingénieurs nous disent qu’il n’y a pas de danger »

Partagez-vous l’inquiétude des élus sétois ?

Grâce au retour des agents sur l’évaluation technique et scientifique, on sait qu’il n’y a pas de danger. La SNCF veut vérifier à quel niveau se situe le toit calcaire qui enveloppe la ressource en eau. Elle veut aussi vérifier à travers deux autres sondages la perméabilité de la première couche de terre. La SNCF, dans son projet d’aménagement, envisage de descendre jusqu’à 16 mètres. L’évaluation qu’on fait du toit calcaire est à 30 mètres. Tout est encadré par l’ARS, par un hydro-géomètre. La SNCF a un bureau d’études, Hydratec, qui suit la démarche. Antea Group (cabinet de conseil en environnement), qui nous suit dans les sujets de dépollution du site ExxonMobil, est également mandaté…

Techniquement, il y a déjà eu des explorations sur le site par le passé. Nos experts, nos ingénieurs, nous disent qu’il n’y a pas de risque.

Pourquoi, sur le territoire, le sujet de la LNMP donne-t-il souvent l’impression d’un passage en force ?

Je dépense une énergie folle depuis dix mois pour remettre de la méthode, de l’organisation. Pour qu’on ne soit pas dans la suspicion mais dans l’accès aux informations. On n’est pas encore arrivé à ce qu’on souhaite avec la SNCF, même si notre rapport avec eux a évolué. Tout le monde doit avoir accès aux informations. On doit être dans une autre relation de travail avec la SNCF, qui nous a donné certaines garanties, notamment sur le viaduc. On a obtenu 30 % de moyens financiers supplémentaires suite aux ateliers avec les habitants, pour avoir un concours architectural à la hauteur des enjeux.

Où en est le gel des 800 000 € dans le protocole de financement de Sète Agglo pour la LGV ?

La somme est toujours gelée. Elle pourrait être débloquée dans l’année. J’attends les confirmations des engagements pris pour l’étude qui va nous permettre de définir le périmètre de desserte de la gare de Sète. On a également avancé sur la possible adaptation de la ligne au nord, à Poussan, afin d’y créer une halte temporaire ou une future gare. Le principe est déposé. On a aussi obtenu des garanties sur le maintien de la ligne historique. L’objet est de développer les trains du quotidien, pour augmenter la fréquence des TER et du frêt sur la ligne historique. Il faut l’engagement de la SNCF. Les lignes bougent et demandent confirmation. Si tel est le cas, on pourra considérer qu’ils ont respecté leurs engagements. Il sera alors temps de délibérer pour participer financièrement. On est le seul EPCI à ne pas avoir versé. Il s’agit aussi de jouer la solidarité avec les autres territoires.

« Je vais essayer de nous faire entendre à l’échelle nationale, voire européenne »

On sort de dix mois de cohabitation-mutualisation entre Ville et Agglo de Sète. Des choix forts vont-ils être faits pour que chacun de son côté aille de l’avant ?

L’idée est que Ville et Agglo avancent toujours ensemble, et pas chacun de leur côté, mais avec une organisation adaptée à la nouvelle situation politique. Avec Hervé Marquès, nous avions décidé de ne pas toucher pendant dix mois à une organisation liée à un maire-président (François Commeinhes, NDLR). Aujourd’hui, on est sur du temps long. On va requestionner les mutualisations engagées qui s’appuient sur des conventions arrivant à terme fin 2026. C’est surtout au niveau de la direction générale que le sujet est posé. Chaque collectivité aura un directeur général dédié. Ensuite, on réorganisera en fonction. On a lancé les premières réunions de travail, en toute clarté.

Comment qualifieriez-vous le mandat qui s’ouvre ?

Nous entrons clairement dans le mandat du changement d’ère. D’abord sur la gouvernance et la façon dont on a mis en place l’exécutif. Cela doit aller jusqu’à la relation avec les habitants. On va organiser l’administration pour développer les consultations, parce qu’on est aussi dans un changement d’ère par rapport à notre modèle de développement : réutilisation des friches industrielles, réindustrialisation, triptyque mobilité-habitat-développement économique. Il faut répondre présent sur les besoins essentiels des habitants, comment se déplacer et se loger, réutiliser l’ancien, avoir une stratégie foncière pour lutter contre la spéculation. Si on veut attirer de l’activité, il faut loger les gens venant travailler sur le territoire.

L’enjeu n’est-il pas d’accueillir les habitants dans de bonnes conditions ?

C’est le grand sujet. Cela pose aussi la question des capacités à accueillir de l’activité. Et là, on en arrive aussi aux ressources, principalement l’eau, mais aussi la terre, la qualité de l’air… Sur le front de l’évolution climatique, ce territoire est un laboratoire à ciel ouvert. Il faut être audacieux dans l’innovation, ne pas avoir peur de tester et d’expérimenter. Derrière ces sujets, il y a la notion de bien commun. Nos politiques publiques, à travers l’Agglomération, jouent un rôle important. Du côté de la gestion en eau potable, régie par régie, on a aussi lancé le travail. Le trait d’union de tout ça, c’est la notion de considération des usagers, en intégrant les capacités du territoire à vivre et à développer de l’activité… C’est ça, un projet de territoire. Il fixera le cap sur les 15-20 ans à venir.

On a vu à l’œuvre le Linares I sur 10 mois. Le Linares II lui ressemblera-t-il ?

Je n’ai pas de raison de changer ma manière de travailler mon engagement pour le territoire. En revanche, je vais le faire à un autre rythme. En 10 mois, il y avait besoin de convaincre et d’établir des relations de confiance. Malgré les difficultés et les sujets complexes, je prends beaucoup de plaisir dans cet engagement. Je vais juste m’économiser pour durer. Je vais aussi essayer de nous faire entendre à l’échelle nationale, voire européenne, être aussi celui qui va chercher des financements et convaincre ailleurs. Mon prédécesseur a été représenté à l’Union européenne. Il faut reprendre ces places-là car c’est là que se jouent les financements et les évolutions réglementaires. Il faut faire entendre le territoire à cette échelle-là.

« Avec Hervé Marquès, on va travailler ensemble, même si on est différent »

Hervé Marquès est désormais votre premier vice-président. Comment envisagez-vous de collaborer avec lui ?

On va travailler ensemble. C’est dans l’esprit, finalement, dont l’élection s’est passée. Il y a eu une vraie volonté collective et on a commencé à le faire. On a eu notre première réunion ce mardi matin, tous les trois, avec Thierry Baeza. On travaille tous les trois pour l’ensemble du territoire, avec des points réguliers de suivi des projets. Chaque quinze jours, on a des réunions de direction. Chaque jeudi, il y aura aussi des points avec Hervé Marquès liés à sa délégation, qui sera rendue publique ce jeudi soir, en lien avec les enjeux par rapport à la ville de Sète. Donc vraiment, on a construit les choses de manière intelligente et on va avoir une méthode de travail régulière tous ensemble.

Vous êtes donc confiant sur votre capacité à bien travailler ensemble ?

Tout à fait.

Et quoi diriez-vous que vous êtes complémentaire ?

J’ai une connaissance du territoire et de l’intercommunalité que j’ai développée depuis 2008. Forcément, il n’a pas cette connaissance là. Mais même si j’ai pu aussi établir une relation de confiance avec l’ensemble des communes, l’agglomération a aussi besoin de la ville centre. Hervé va amener ça.

Dans sa personnalité que j’apprends à connaître, il est peut-être dans cette volonté d’avancer vite. Moi je suis au contraire plutôt quelqu’un du temps long. Donc forcément, sur le papier, on est différent…. Mais je crois beaucoup, et la nature est ainsi faite, au besoin de la diversité pour poser des équilibres généraux.

Vous misez donc, aussi sur l’enrichissement des différences ?

Exactement. Dans la relation au vivant, je crois beaucoup à ça. C’est quelque chose qui doit s’affirmer et c’est aussi dans l’intérêt de l’EPCI.

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