Le maire Robert Ménard conteste la date de fin officielle de la guerre d’Algérie et va mettre les drapeaux en berne sur les bâtiments municipaux. Le sous-préfet, interpellé par l’association d’anciens combattants ARAC, assure que ce ne sera pas le cas lors de la cérémonie officielle au plateau des Poètes.
Ce 19 mars, il fera bon lever la tête pour s’assurer que le drapeau français flotte bien au vent… ou pas.
Depuis une décision prise en 2012 sous la présidence de François Hollande, cette date commémore le cessez-le-feu officiel du lendemain des accords d’Évian, le 19 mars 1962, qui a mis fin à la guerre d’Algérie. Un fait contesté par certains – notamment des familles de rapatriés et de harkis – qui rappellent que les massacres ont continué après ce 19 mars.
C’est notamment le cas du maire Robert Ménard, qui en signe de protestation va une nouvelle fois mettre les drapeaux en berne sur les bâtiments municipaux : « Le 19 mars est une journée de deuil pour la France, explique-t-il. Ce n’est pas un armistice, mais une défaite, et je ne commémore pas les défaites ». Et de poursuivre : « Les plus gros massacres en Algérie ont eu lieu après le 19 mars, avec des centaines de morts et de disparus, et tant que je serai maire de Béziers, la municipalité ne sera pas présente à ces cérémonies. »
Mais mettre les drapeaux en berne pour ce motif est-il justifié, ou même légal ? C’est ce que demande notamment L’Association républicaine des anciens combattants (Arac), proche du Parti communiste. Dans une lettre adressée au sous-préfet, elle écrit que « le maire peut décider de mettre les drapeaux en berne sur les bâtiments municipaux pour un deuil local, un hommage, ou pour suivre une décision nationale », mais pas pour d’autres motifs.
Elle demande même au sous-préfet de saisir en référé le tribunal administratif. « L’année dernière, les six drapeaux du monument aux morts du Plateau des poètes étaient en berne, devant toutes les autorités, rappelle Jean-Claude Llinarès, de l’Arac Béziers. Et nous n’avons pas pu les hisser à nouveau car le système d’accès aux mâts était verrouillé ! »
Et cette année ? Interrogé par Midi Libre, le secrétariat général de la sous-préfecture nous a assuré que « les drapeaux du monument aux morts ne seront pas en berne lors de la cérémonie ». « Le pavoisement sera fait cette année comme il se doit pour une cérémonie commémorative nationale », confirme le sous-préfet Jacques Lucbereilh dans un message.
À vérifier ce 19 mars dans le ciel de Béziers.







