"Que les faits soient prescrits ou non" : les victimes de l’abbé Pierre vont pouvoir être indemnisées après l’entrée en vigueur du dispositif

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Le dispositif de réparation destiné aux victimes de l’abbé Pierre est officiellement entré en vigueur, a annoncé Emmaüs International mercredi. Signée avec le diocèse de Grenoble, cette convention permet l’indemnisation des agressions sexuelles, même prescrites, via la Commission Reconnaissance et Réparation avec un plafond de 60 000 euros.

Le dispositif de réparation des victimes de l’abbé Pierre, décédé en 2007 et visé depuis 2024 par des accusations d’agressions sexuelles, est entré en vigueur, ouvrant la voie à des indemnisations, a-t-on appris mercredi auprès d’Emmaüs International.

À la suite des révélations en cascade concernant le prêtre, l’organisation caritative avait annoncé en juillet 2025 la mise en place de ce dispositif avec la conférence des évêques de France (CEF).

« La convention d’adhésion du Diocèse de Grenoble (auprès duquel l’abbé Pierre était incardiné) et d’Emmaüs International à la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR) a été signée le 12 février et reçue par la CRR en date du 20 février », a indiqué le mouvement associatif sollicité par l’AFP.

« Depuis cette date, les équipes de la CRR », une instance mise en place par l’Église de France après les révélations de 2021 sur la pédocriminalité en son sein, « se préparent à recevoir les demandes des victimes de l’abbé Pierre », a ajouté Emmaüs International.

« Que les faits soient prescrits ou non »

Toute personne se déclarant victime directe peut bénéficier de ce dispositif « que les faits soient prescrits ou non », que « ces personnes aient été majeures ou mineures au moment des faits » et qu’elles « soient françaises ou étrangères pour des faits commis par l’abbé Pierre en France ou à l’étranger », précise le texte de la convention.

Concernant la réparation financière, son montant, plafonné à 60 000 euros, varie selon la gravité des faits, le retentissement sur la vie personnelle de la victime et des facteurs aggravants comme « l’absence ou l’insuffisance de réponse des institutions concernées ».

Des répercussions profondes pour Emmaüs

Les premières révélations d’accusations d’agressions sexuelles visant l’abbé Pierre en juillet 2024 avaient provoqué une onde de choc en France, tant le prêtre, défenseur inlassable des plus démunis, faisait figure d’icône.

Ce scandale a eu des répercussions profondes pour Emmaüs comme pour l’Église de France. La Fondation Abbé Pierre a changé de nom pour devenir la « Fondation pour le logement des défavorisés », puis de logo. Emmaüs France a fermé définitivement le lieu de mémoire dédié au prêtre, à Esteville (Seine-Maritime).

Côté Église de France, les archives ouvertes ont montré comment, dès les années 1950, la hiérarchie épiscopale avait gardé le silence sur un comportement jugé « problématique » mais jamais nommé.

Aucune enquête pénale ne sera toutefois ouverte pour établir des responsabilités dans ces multiples accusations, la non-dénonciation des faits étant couverte par la prescription.

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