Le délégataire des arènes de Nîmes pour les spectacles taurins, Simon Casas, a manifesté ce mercredi 18 mars son soutien à peine voilé au candidat RN Julien Sanchez. Les réactions à ce positionnement n’ont pas manqué.
S’il ne prononce pas le nom de Julien Sanchez, Simon Casas ne cache désormais plus son opinion. Depuis plusieurs mois, le rapprochement du délégataire des arènes de Nîmes avec l’extrême droite ne faisait que peu mystère dans son entourage. Ce mercredi 18 mars, Simon Casas a levé le voile sur ses préférences politiques par le biais d’un post Instagram.
« Tout évolue et les fachos de nos jours en France se situent à l’extrême gauche »
Faisant référence à la plaque récemment installée en gare de Nîmes à la mémoire des enfants juifs déportés depuis Nîmes et le Gard, le septuagénaire indique que « deux Cazes y figurent : Jacques 12 ans et Maurice 14 ans. C’était mes cousins germains ». Justifiant ainsi pourquoi dimanche, il ne pourra voter pour « la liste communiste, qui se nourrit des votes LFI, le parti affreusement antisémite ». Ni pour « la liste soutenue par le parti du président Macron qui s’est abstenu de participer à la marche contre l’antisémitisme ». Comprenez donc ni pour Vincent Bouget, ni pour Franck Proust. Simon Casas concluant sur l’idée qu’il ne votera pas blanc, laissant donc apparaître que sa tendance se porte vers le Rassemblement national. Et le délégataire des spectacles taurins d’affirmer que « tout évolue et les fachos de nos jours en France se situent à l’extrême gauche. C’est bien là qu’il y a lieu à présent de poser un cordon sanitaire ».
Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir, sous son propre post, tantôt pour applaudir la démarche ou pour violemment s’y opposer. Le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier, lui, se dit « surpris des propos de Simon Casas annonçant son soutien au candidat du RN ». Le premier édile « regrette » par ailleurs la position de Simon Casas, « car le parti de Madame Le Pen a toujours été flou sur un soutien franc à la tauromachie. Les doutes subsistent et dans ces conditions ses convictions m’étonnent comme m’aurait étonné son soutien au candidat communiste dont la liste est truffée d’anti-corridas. Le seul candidat qui soutient vraiment la tauromachie pour ces élections c’est Franck Proust », conclut Jean-Paul Fournier.
David Storper, du Collectif Histoire et mémoire, à l’origine de la stèle de la gare, s’insurge : « Ce lieu de mémoire appelle au respect, à la dignité et au recueillement. Il ne peut être associé à aucune controverse ni interprétation qui viendrait en altérer le sens. La mémoire de ces enfants nous engage collectivement à transmettre, à rassembler et à rester vigilants face à toutes les formes de haine. »
« Utiliser le souvenir des enfants juifs déportés en gare de Nîmes pour justifier un ralliement au Rassemblement national est une insulte à la mémoire »
Jean-Paul Boré, en sa qualité de président du Gard des amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation, montre plus de colère : « L’Histoire n’est pas un décor de théâtre. Utiliser le souvenir des enfants juifs déportés en gare de Nîmes pour justifier un ralliement au Rassemblement national est une insulte à la mémoire et une imposture historique », assène Jean-Paul Boré. Qui s’appuie sur un rappel des « faits : le Front national (devenu RN) a été fondé en 1972 par des figures dont l’engagement nazi est documenté : Pierre Bousquet : ancien Waffen-SS (Division Charlemagne). Léon Gaultier : ancien officier de la Waffen-SS. François Brigneau : cadre de la milice qui traquait les Juifs et les résistants ». Et Jean-Paul Boré d’estimer qu’invoquer « les victimes de la Shoah pour cautionner l’héritage de ceux qui ont servi leurs bourreaux est un révisionnisme inacceptable. La loi Gayssot nous rappelle que la vérité sur les crimes contre l’humanité n’est pas négociable. Monsieur Casas, on ne rend pas justice aux déportés en s’alliant avec les héritiers de leurs persécuteurs ».
De son côté Benjamin Cuillé, manadier à Générac et en 51e position sur la liste d’alliance en Franck Proust, Julien Plantier et Valérie Rouverand, « regrette surtout qu’une figure de la tauromachie politise le sujet. La tauromachie est une culture, elle appartient à tous… Évitons que la tauromachie dérive vers les extrêmes. Les extrêmes, par essence, imposent leur vision aux minorités culturelles, que nous sommes. Vive les tauromachies », conclut Benjamin Cuillé.
Enfin, Claire Starozinski, présidente de l’Alliance anticorrida, est également révoltée : « Instrumentaliser l’antisémitisme, à seule fin d’obtenir les faveurs d’un parti arrivé premier au premier tour, relève d’un tour de force auquel nul n’a eu, jusqu’à présent, l’indécence de se livrer. »
Et va sur le terrain judiciaire… :« Or, on comprend mieux la tentative de »placement » de la part de l’opportuniste patenté, quand on sait que sa société est sous le coup d’une enquête confiée au Jirs de Marseille, suite au rapport de la Cour des comptes dont l’Alliance Anticorrida est à l’origine. Il semblerait que, très bientôt, devraient sortir des informations de nature à le mettre en difficulté… »






