Alors qu’un salon du mariage se déroule ces 21 et 22 mars au domaine Ventajol à Pont-Saint-Esprit, Midi Libre s’est intéressé à ces domaines viticoles du Gard rhodanien qui ont choisi de se lancer dans l’événementiel, et notamment dans la réception de mariages, pour diversifier leur activité et parfois pour faire face à la crise viticole.
Des vignes à perte de vue et le sommet du Ventoux en arrière-plan. Tel est le panorama que les convives peuvent admirer depuis l’Orangeraie, une structure tout de verre et de métal implanté au cœur du domaine Ventajol, à Pont-Saint-Esprit. Inauguré en juin dernier, ce lieu raffiné au cœur de la nature accueille depuis conférences, séminaires ou encore mariages.
Miser sur l’événementiel, tel est aujourd’hui le credo de nombreux domaines viticoles « pour pallier aux problèmes économiques du secteur : baisse de la consommation, augmentation du prix des produits de traitement… », énumère Sébastien Ventajol, qui a ainsi voulu « anticiper » en créant cet espace de 450 m2.
D’autant plus que sa fille Lou, 24 ans, vient de rejoindre l’entreprise familiale. « Ça lui tenait à cœur mais il fallait trouver une solution pour avoir des perspectives », indique le chef d’entreprise qui accueille, ces samedi 21 et dimanche 22 mars, le salon du mariage (lire ci-dessous) de l’association Pimp My Event.
Un 4e salon du mariage à Pont-Saint-Esprit les 21 et 22 mars
Pour la 4e année consécutive, l’association Pimp my event organise son salon du mariage samedi 21 mars de 14 h à 21 h et dimanche 22 mars de 10 h à 17 h. Rendez-vous au domaine de Ventajol à Pont-Saint-Esprit pour découvrir de nombreux prestataires : photographe, vidéaste, fleuriste, coiffeuse, créatrice de robe de mariée, ou encore maquilleuse. Un défilé de robes de mariée et de costumes clôturera la journée de samedi dès 19 h avec performance aérienne sur la thématique du mariage ou encore performance artistique de feu. Il sera également possible de se restaurer sur place. Gratuit. Plus d’infos : pimp-my-event.fr.
« On veut garder notre ADN »
D’où la réalisation d’une étude de marché qui met alors en lumière tout le potentiel du vignoble. « Le plus, c’est notre simplicité. Il y a pas mal de personnes qui ont à cœur de retrouver le terroir, la simplicité vigneronne pour leur mariage », explique Lou Ventajol. Preuve en est avec les chiffres de 2025, première saison avec la mise à disposition de l’Orangeraie : « On a eu une douzaine de mariages : des locaux, mais aussi des Parisiens, des Canadiens… La Provence, le Gard font partie des destinations favorites pour le mariage et on va essayer, dans le futur, de récupérer une clientèle internationale ». Des cérémonies sont programmées pour l’année 2026 mais aussi pour 2027 et 2028, « où l’on a déjà quelques dates de signées », assure la jeune femme.
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Mais attention, malgré cette activité supplémentaire, « on reste un domaine qui garde son activité viticole. On continue à entretenir les vignes, on fait les récoltes, on laisse le caveau ouvert pendant les événements. On veut garder notre ADN de paysan, rester abordable tout en mettant en avant les acteurs locaux », insiste Sébastien Ventajol.
Une stratégie que partagent d’autres domaines du Gard rhodanien, à l’image de celui de Gressac, à Verfeuil. « On a surtout des gens qui souhaitent revenir à l’authenticité, indique sa propriétaire Laurence Michelet. On veut aussi des mariés qui nous ressemblent, bohèmes, chics qui aiment et respectent la nature ».
« Si on n’avait pas fait ça, on tuait la vigne »
Organiser des mariages n’était pourtant pas l’idée première de cette ancienne cavalière ayant repris, il y a 16 ans, cette exploitation avec son conjoint. « On n’y connaissait rien du tout », rapporte-t-elle. Finalement, ils se laissent convaincre par un couple et depuis « 7, 8 ans » organisent une dizaine de mariages par an. « On ne veut pas devenir une usine », nuance Laurence Michelet qui propose uniquement ces célébrations en extérieur. Dans les vignes, sous une allée de peupliers, au bord de la Cèze… : les choix sont multiples pour convoler en justes noces sur les 115 hectares que compte le domaine de Gressac. Les réservations sont d’ailleurs déjà « full » pour cet été, et « il ne reste plus qu’une place » pour la saison 2027.
« On aime rencontrer les gens mais on a aussi vraiment besoin de ça pour vivre. Si on n’avait pas fait ça, on tuait la vigne dès le départ », indique Laurence Michelet, encore marquée par deux années sans récolte à cause de la grêle et du mildiou. D’où la réflexion engagée par celle qui élève aussi des chevaux de pure race espagnole « de développer les séminaires et les mariages en hiver avec de petits comités ».
Une visibilité à l’activité viticole
La dynamique est quelque peu différente au Château Saint-Maurice, établi au milieu de 100 hectares de vignes, à Laudun-l’Ardoise. Il s’est lui aussi lancé dans l’événementiel depuis quelques années et parie sur les événements professionnels davantage que les mariages (1 ou 2 par an). Avec l’idée surtout « d’offrir plus de visibilité à nos vins » et « de dynamiser les ventes », explique sa responsable administrative et commerciale, Camille Chevalier qui ajoute : « On reste un domaine viticole qui se diversifie et pas l’inverse ». Avec sa demeure du XVIIe, son grand parc ou encore son chapiteau, le site « a énormément de potentiel », indique Céline Le Guignio qui y gère l’événementiel. Entre tradition et diversification, les domaines viticoles du Gard redessinent leur modèle économique, cherchant un équilibre fragile entre rentabilité et préservation de leur identité.






