Résultat des municipales 2026 : comment les alliances du PS avec LFI pour le second tour révèlent-elles les fractures de la gauche ?

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Hier soir, le parti socialiste allié à la France Insoumise a perdu de nombreuses villes. Ces défaites ont occulté des victoires majeures à Paris ou à Marseille. Le Rassemblement National, lui, poursuit sa conquête des villes moyennes.

« Il y a des raisons d’espérer »… Hier soir, Édouard Philippe a répété ces quelques mots comme un mantra. Élu dans sa ville du Havre avec plus de 47 % des voix, l’ancien Premier ministre semble avoir déjà la tête ailleurs, déjà en 2027. « Il y a des raisons d’espérer quand de bonnes volontés écartent les extrêmes », assure-t-il. C’est ce qu’il a fait au Havre, mais c’est surtout ce qu’il espère réussir dans un an partout en France. Hier soir, un candidat est né. À gauche aussi, la situation s’est clarifiée.

Le PS vainqueur sans LFI

Les proches d’Olivier Faure ont dû faire le constat que l’alliance des candidats socialistes ou écologistes avec les Insoumis a offert un grand nombre de villes à la droite, dont la plus grande d’entre elles, Toulouse, mais aussi Tulle, Limoges, Clermont-Ferrand, Brest, Besançon, Avignon, Poitiers…

En revanche, là où les socialistes ont refusé de tendre la main au parti de Jean-Luc Mélenchon, ils l’emportent largement, comme à Paris ou à Marseille, mais aussi à Lille, à Rennes, à Montpellier et à Strasbourg, où la candidate socialiste Catherine Trautmann s’est vue désinvestie par le PS, suite à son alliance avec un macroniste. Malgré ces victoires, peu de leaders socialistes se sont montrés sur les plateaux télé pour crier victoire.

LFI affaiblie

Le teint pâle, Pierre Jouvet, le numéro 2 du PS était bien seul. Il a tenté de prendre ses distances avec cette défaite : « La France Insoumise fait perdre », a-t-il lancé sur le plateau de France 2, mais comment faire oublier qu’Olivier Faure, entre deux tours, a dit « comprendre » ses alliances ?

Aux voix de François Hollande et de Jérôme Guedj qui ont déjà fait entendre leur désapprobation, devrait s’ajouter ce matin celle de Boris Vallaud, invité sur RTL. LFI aussi sort affaiblie de ce scrutin. Certes, le parti emporte la ville de Roubaix après celle de Saint-Denis, gagnée au premier tour. Mais les résultats d’hier montrent bien que le parti est devenu un repoussoir pour le reste de la gauche. Là où La France Insoumise s’est maintenue comme à Paris, elle perd même des points. Sofia Chikirou passe de 11 à 8 %.

Comment Jean-Luc Mélenchon peut-il désormais incarner le vote utile en 2027 ? La bataille du leadership semble se compliquer pour lui.

La fin du front républicain

Ce séisme majeur pour la gauche, qui doit faire le deuil de nombre de ses bastions comme Clermont-Ferrand, a quelque peu occulté un autre fait majeur : la fin du barrage républicain. Il a certes fonctionné à Nîmes, où le candidat RN Julien Sanchez est battu, ainsi qu’à Toulon, où Laure Lavalette échoue.

À Marseille en revanche, Benoît Payan l’emporte contre le RN sans que la candidate LR ne se soit désistée, mais surtout Eric Ciotti ravit la mairie de Nice à Christian Estrosi. Le candidat Horizons n’a pas su convaincre la candidate de gauche de se retirer. De plus, si le RN ne gagne aucune grande ville, le parti peut se targuer de nombreuses victoires dans des villes moyennes comme La Flèche dans la Sarthe, Saint-Avold en Moselle, Carcassonne, Castres, Orange, Agde, Menton, Tarascon…

Il faut certes analyser les résultats d’hier soir en n’oubliant jamais qu’il s’agit de scrutins locaux. Mais les chiffres qui sont tombés dès 20 h sont aussi chargés d’enseignements nationaux. Ils posent certains cadres clairs au moment où, passées les batailles municipales, la campagne présidentielle prend le relais. La gauche est définitivement divisée en deux blocs, l’un autour de LFI, l’autre autour de la droite du PS.

Chacun devra donc partir avec son propre candidat. Au centre, Édouard Philippe semble avoir déjà plié le match face à Gabriel Attal qui n’a pas souhaité s’investir dans ces municipales. Enfin à droite, la digue que prétendaient maintenir les LR face au RN a cédé dans de nombreux endroits. La tentation de rejoindre Eric Ciotti, Eric Zemmour ou Marine Le Pen va être forte pour ceux qui vont désormais chercher à passer du côté des gagnants.

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