"Des patients sont morts d’une perforation d’organe" : le Nicorandil, ce médicament pour le cœur, fait l’objet d’une nouvelle alerte

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La revue Prescrire alerte les autorités sanitaires sur les risques du Nicorandil, un médicament contre l’angor encore largement prescrit en France, malgré des effets indésirables graves pouvant aller jusqu’au décès.

Dans une lettre adressée le 9 mars à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et à la Haute Autorité de santé (HAS), la revue Prescrire demande des mesures urgentes pour protéger les patients exposés aux effets indésirables du Nicorandil, un traitement de l’angor ou angine de poitrine.

C’est quoi le problème avec le Nicorandil ?

Utilisé en dernière intention chez des patients souffrant d’angor, ce vasodilatateur est mis en cause pour des effets indésirables graves, connus depuis la fin des années 1990. En ligne de mire : « des ulcérations chroniques douloureuses au niveau de : la peau, surtout des membres inférieurs ; des muqueuses buccales, intestinales, anales, vaginales ; et plus rarement de la cornée ».

Une étude menée en France par plusieurs centres de pharmacovigilances a démontré qu’au moins 62 cas avaient été recensés entre 2017 et 2024. Un chiffre jugé largement sous-estimé, certains cas n’ayant pas été signalés. À noter que ces lésions peuvent évoluer pendant des mois, notamment lorsque le lien avec le médicament n’est pas identifié à temps.

Les conséquences sont lourdes : douleurs chroniques, troubles de l’alimentation, perte de poids, hémorragies, abcès, fistules : « Des patients sont morts d’une perforation d’organe », alerte Prescrire, qui considère ce traitement « plus dangereux qu’utile » depuis 2011.

Des alertes répétées mais un médicament toujours prescrit

Malgré plusieurs alertes de l’ANSM, dont une nouvelle fin 2025, les signalements persistent. Pour la revue Prescrire, ces mesures ne suffisent pas à protéger les patients. D’autant que l’efficacité du Nicorandil est contestée dans la prévention de l’angor d’effort, alors que des alternatives, comme les dérivés nitrés, sont disponibles, souligne la revue. En 2024, environ 71 000 patients ont encore reçu ce traitement en France, avec près d’un million de boîtes remboursées.

Prescrire appelle donc à un retrait pur et simple du médicament des soins, estimant que sa balance bénéfices-risques expose les patients à « une perte de chance ». Elle exhorte les autorités sanitaires à agir « rapidement et efficacement » pour éviter de nouveaux cas.

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