La salmoniculture de la Mouline, une affaire qui coule de source

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Alors que le nombre de pêcheurs recule depuis plusieurs années, la dernière pisciculture fédérale de l’Aveyron maintient sa production de truites et de saumons, soutenue par un environnement naturel clé pour sa pérennité.

C’est comme si rien n’avait changé depuis 1972. Quelques filets ont été ajoutés pour éloigner les hérons et les grands cormorans affamés, ainsi que des aérateurs pour oxygéner l’eau en été, et quelques bassins supplémentaires. Pour le reste, de la source aux canaux, en passant par les murs du hangar où naissent et grandissent les poissons, et les bassins extérieurs où s’épanouissent les futures prises des pêcheurs, rien n’a bougé.

La pisciculture de la Mouline semble figée dans le temps, fidèle à un fonctionnement qui fait ses preuves depuis sa création. Seul veille, en surplomb du site, un imposant poisson de pierre sculpté, comme le gardien silencieux de ce dernier bastion fédéral de production piscicole dans le département.

Un site précieux pour la pisciculture

Propriété de la Fédération de pêche de l’Aveyron, la pisciculture est située sur la rive gauche du Cernon, à quelques kilomètres de Lapanouse. Elle bénéficie d’un emplacement particulièrement propice à la salmoniculture. Alimenté par une résurgence du Larzac, au débit constant de 500 litres par seconde et à la température stable, le site peut produire ainsi en continu tout au long de l’année.

Sur place, une petite équipe, composée de Patrick Cayrel et Jérémy Cros, élève truites arc-en-ciel, truites fario et saumons de fontaine. « La source est aux alentours de 11 degrés, ce qui est parfait pour la reproduction des poissons« , explique Patrick Cayrel. Destinés exclusivement à la pêche, ces poissons sont répartis dans 21 bassins, où ils grandissent jusqu’à atteindre la taille idéale avant d’être relâchés dans les parcours de pêche du département.

Moins de pêcheurs, moins de poissons ?

Aujourd’hui, la salmoniculture fédérale de la Mouline est la seule du département à produire des poissons exclusivement destinés à la pêche. Les sites de Rentières et de Flaujac ont fermé ces dernières années, pour des raisons administratives et techniques, notamment liées au manque d’eau. Si la production globale en Aveyron a fortement diminué, celle de la Mouline a, en revanche, augmenté pour compenser. « Par rapport aux années 2000, on a perdu 30 tonnes de production en Aveyron, mais c’est proportionnel à la baisse du nombre de pêcheurs« , souligne Patrick Cayrel.

Chaque année, la pisciculture produit environ 120 000 truites arc-en-ciel, 30 000 truites fario et 25 000 saumons de fontaine, soit près de 35 tonnes de poissons. « Les truites sont déversées dans les parcours de pêche, étangs et ruisseaux de l’Aveyron, tandis que les saumons sont uniquement destinés au lac des Picades, à Brameloup, car ils supportent mieux les températures plus élevées du site« , précise Patrick Cayrel.

Le principal défi aujourd’hui n’est donc pas technique, mais humain : continuer à attirer de nouveaux adeptes. « La baisse du nombre de permis peut nous impacter, réduire notre production, et poser la question de la rentabilité. Mais pour le site en lui-même, il n’y a pas d’inquiétude« , assure-t-il.

La Fédération de pêche de l’Aveyron a donc tout intérêt à séduire les plus jeunes à la pratique, si elle veut continuer à bénéficier des poissons de la Mouline.

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