En 2020, le maire de Sérignan était candidat à sa succession à la présidence de l’Agglo et avait échoué face à Robert Ménard. À la suite de cette élection, il avait décidé de ne pas siéger en conseil d’Agglo, "une chambre d’enregistrement", dénonce-t-il. Six ans plus tard, alors que le nouveau conseil communautaire sera installé le 7 avril, il s’engage dans une démarche différente…
À quelques jours de l’installation du futur conseil d’Agglo Béziers Méditerranée, quelle est votre position ?
J’ai largement tourné la page, j’ai félicité Robert Ménard pour son résultat, cela prouve que les Biterrois sont satisfaits de son action. Il est légitime et c’est donc normal qu’il soit président de l’Agglo. Il faut qu’on travaille ensemble pour l’intérêt général et le bien des habitants, que l’on parte sur des bases apaisées, que tous les maires reviennent à la table de l’exécutif. On a des potentialités respectives, il faut faire au mieux pour l’Agglo. Et mes élus sont d’accord avec ça. Il y aura, par exemple, un travail à mener au niveau de l’Agglo sur la santé car on est sous-doté dans le Biterrois, en particulier sur le littoral.
Ce discours signifie que vous êtes prêt à revenir dans la majorité ?
Oui je le suis. J’en ai été exclu (lors de ce dernier mandat NDLR). On peut avoir des personnalités différentes, ne pas être tout le temps d’accord sur les actions, mais là, il s’agit de servir les Biterrois, l’intérêt général, le vivre-ensemble. D’ailleurs, lorsque j’étais président de l’Agglo, j’ai tout fait pour rassembler. 99 % de mes délibérations ont été votées à l’unanimité, à l’exception de celles sur l’eau. Mais on se parlait, on était dans l’exécutif, tous autour de la table.
Vous plaidez donc pour un retour des communes « exclues » dans les instances décisionnaires de l’Agglo ?
Oui. Et quand on voit ce qui se passe à l’Assemblée nationale, on se dit qu’il est temps de se remettre tous autour d’une table. J’ai donc dit ce que je pensais à Robert Ménard.
Durant les six dernières années, vous estimez que votre position au sein de l’Agglo a pu porter préjudice à la commune ?
Oui, au niveau des transports par exemple, on n’a pas été avantagés. Dans le nouveau quartier de La Galine, certains doivent prendre jusqu’à trois bus pour se rendre en ville, ce n’est pas tout à fait normal. Il faut donc qu’on arrive à se parler dans l’intérêt des habitants. Le but, c’est d’être au service de sa population pour être crédible.
Vous ne serez donc pas candidat à la présidence de l’Agglo le 7 avril prochain, comme vous l’aviez été en 2020 ?
Non, je ne serai pas candidat. Si d’autres veulent y aller, ce n’est plus ma démarche. Je me suis battu, j’ai essayé de proposer autre chose. Mais à présent, je rappelle que l’Agglo, c’est 17 communes et il faut qu’on s’y retrouve. Lors de mon mandat, j’ai largement aidé la ville centre et je suis favorable à ce qu’on aide toutes les communes. Nous avions permis à Carole Delga de signer le chèque pour l’installation de Genvia (projet pilote sur la filière hydrogène vert, NDLR) sur le site de la Cameron, le maire de Béziers a continué d’accompagner et j’en suis ravi. Je ne cherche pas à m’octroyer la gloire en disant ça. Le but : c’est de travailler pour son territoire.
Lors du dernier conseil d’Agglo de la mandature, vous aviez tenu des propos moins « conciliants » et dénoncé un « déni de démocratie ». Qu’est-ce qui a changé depuis ?
Ça n’a pas changé. Ce qui me plairait, c’est de revenir dans l’exécutif pour participer aux réunions qui se font avec les maires. J’ai été élu au suffrage universel. Je n’ai pas envie de me retrouver à nouveau face à des choix décidés ou votés en commissions restrictives […] Après, Robert Ménard est vraiment légitime, il a été plébiscité, Béziers est la ville centre. Il n’y a pas à en discuter. Je le reconnais totalement.
Quels sont les sujets de territoire, selon vous, qui doivent prioritairement être évoqués par tous les élus de l’Agglo ?
Sur la Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations, NDLR), on peut faire des choses. Le tourisme, ce n’est pas anodin. C’est une de nos deux forces avec le territoire viticole. On pourrait potentialiser notre tourisme. L’aménagement du port environnemental de Sérignan, par exemple, a été arrêté. Les financements étaient prêts et on ne l’a pas fait, c’est dommage. Et je reviens sur la santé, l’Agglo peut être un levier pour être attractif. Sur le littoral, avec la saisonnalité, on s’est retrouvé avec trois médecins pour 120 000 habitants cet été : ce n’est pas acceptable. Et que nos institutions tolèrent ça, ce n’est pas acceptable non plus.
Quant aux viticulteurs, un des leviers économiques de notre zone, il faut les accompagner (notamment face à la salinité des terres), être le plus opportuniste possible en fonction des aides… On est en situation de crise, quand on voit ce qui se passe à l’Assemblée nationale, il faut se mettre autour de la table pour tirer le meilleur de l’Agglo, être constructifs et ouverts.
Pour rappel : six communes exclues de l’exécutif lors de la précédente mandature
Lors de la précédente mandature, Sérignan, Valras-Plage, Sauvian, Valros, Lignan-sur-Orb et Espondeilhan n’étaient pas représentées en bureau exécutif de l’Agglo. Soit six communes sur les 17 que compte l’intercommunalité.
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