Sylvie et Fabrice, les parents de Jules Pertet, tué à 21 ans, dans un accident au sein de l’usine Paprec, assurent qu’ils ne lâcheront rien, ce jeudi 26 mars, après de la société a annoncé faire appel. Le tribunal judiciaire de Nîmes venait de déclarer coupable l’entreprise d’homicide involontaire. Le géant du tri industriel a écopé d’une amende maximale et le directeur du site de Nîmes de trois ans avec sursis.
« On a entendu les mots que l’on attendait depuis deux ans et demi : coupable et responsable. » Sylvie et Fabrice, la mère et le père de Jules Pertet, tué à 21 ans, à Nîmes, le 26 juillet 2023, dans un accident au sein de l’usine du géant du recyclage industriel Paprec, n’ont pas caché leur soulagement, jeudi 26 mars, quelques minutes après être sortis du palais de justice. Un mois et demi après l’audience du 12 février, le tribunal judiciaire de Nîmes a ainsi déclaré coupable l’entreprise Paprec, en tant que personne morale, d’homicide involontaire. Elle écope de la peine maximale encourue, et qui avait été demandée à l’audience par le procureur, soit 225 000 € d’amende.
Dans son jugement, dont les motivations ne sont pas encore connues, la juridiction a également condamné David Dumaine le directeur du site : il écope de 3 ans de prison avec sursis et 10 000 € d’amende. « Vous avez une épée de Damoclès au-dessus de la tête », lui a rappelé le président.
Le tribunal a voulu montrer que c’était la société qui était responsable de cette machine, de ses problèmes d’utilisation et des conditions dans lesquelles Jules est mort.
Enfin, le tribunal n’a pas suivi les réquisitions du procureur concernant le troisième prévenu contre lequel était demandé 1 000 € d’amende : il s’agit de l’employé qui avait appuyé sur le bouton activant la machine à l’arrêt que Jules Pertet était en train de nettoyer. Le tribunal a décidé de le relaxer, envoyant un signal fort. Si la jeune victime, morte le crâne déchiqueté dans la machine aspirante, a eu cet effroyable accident, c’est bel et bien la faute de Paprec et de son directeur local, la multinationale étant implantée dans une dizaine de pays.
L’entreprise avait estimé être dans les clous
« Ce qui était important pour nous, c’était une reconnaissance de culpabilité. Le tribunal a voulu montrer que c’était la société qui était responsable de cette machine, de ses problèmes d’utilisation et des conditions dans lesquelles Jules est mort » abonde Me Laurence Bourgeon, partie civile. « Tout le procès a démontré que sécuriser cette machine n’était pas si compliqué que ça, c’était aussi prendre plus de temps et faire moins de rendement, moins d’argent. »
L’utilisation de cette machine, en cause dans une autre affaire d’accident du travail dans l’Hérault (*), a été au cœur des débats et à l’audience, l’entreprise avait estimé être dans les clous au niveau réglementation. « La formation sécurité était effective pour tous les salariés et avait été renforcée dans les mois précédents », rappelle de son côté Me Fanny Colin, l’avocate de la société condamnée, qui avait plaidé la relaxe. Du coup, un appel a été interjeté dès que la décision rendue.
La mère de Jules tué dans un accident dans l’usine Paprec réagit après la décision du tribunal correctionnel #justice #accident #travail pic.twitter.com/EvqCUKqhDi
— Midi Libre Nîmes (@MidiLibreNimes) March 26, 2026
« Nous considérons toujours que la cause de l’origine de l’accident ce sont les manquements aux règles de sécurité mises en œuvre par la société Paprec », poursuit Me Colin. L’audience avait pourtant mis en exergue des dizaines de non-conformités sur la machine, notamment l’absence de système de déverrouillage et de bouton d’arrêt d’urgence. « Enfin des employeurs sont condamnés dans des accidents de travail, ça suffit l’omerta », réagissent encore les parents du défunt prêt pour le nouveau round judiciaire : « on s’était préparé à l’appel, mais on est là, on ne lâchera rien. »






