Dans le cadre de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, le Domaine Ribieira illustre une autre voie : sols vivants, biodiversité retrouvée et pratiques naturelles pour produire des vins en harmonie avec leur environnement.
Pic de Vissou, Mont Liausson, Saint-Baudille, Pic Saint-Loup… Sur les hauteurs d’Aspiran, le panorama est bluffant. Au sud, le fleuve Hérault glisse lentement dans la vallée, jusqu’à la mer. À quelques encâblures, en contrebas de la colline verdoyante, des fouilles d’un ancien chai gallo-romain ont mis à jour des pépins de raisin dans des jarres en terre cuite. Les analyses ont montré qu’il y a « 2 000 ans déjà, on cultivait déjà la Clairette ici. Le bassin est le berceau de ce cépage », savoure Régis Pichon. Patron du Domaine Ribieira depuis 2003, il poursuit l’aventure de la Clairette, mais pas seulement. Sur un domaine bio de seulement quatre hectares*, il cultive aussi du Grenache et du Cinsault, le tout, élevé en vin naturel.
Une visite dans le cadre de la semaine pour les alternatives aux pesticides
Dans le cadre de la Semaine pour les alternatives aux pesticides, l’antenne Hérault de Générations Futures a visité le domaine Ribiera à Aspiran. "Sur ce terroir situé à 110 m d’altitude, beaucoup de soins sont apportés à la vigne et aux raisins (vendanges manuelles, vinification naturelle sans intrants… ). C’est un bel exemple d’alternatives au service de la terre et du vivant. Un exemple à suivre à l’heure où l’effondrement de la biodiversité est acté", Analyse Marie Azorin de Générations Futures. En 2024, les membres de l’association s’étaient rendus sur le Domaine des 3 Mazets où Luc Fonta recherche et innove dans le domaine de l’agroécologie et de la viticulture naturelle, à Villeveyrac. L’année dernière, durant la même semaine, c’est Anne-Laure Sicard, patronne du Mas Lasta, qui avait présenté son travail en "Bio ++", sans pesticides, sur les hauteurs de Saint-Privat. « C’est pour nous la preuve que ces pratiques culturales se développent de plus en plus dans le département », souligne Marie Azorin.
Chardons pissenlits, oseille, crucifères, fausse rouquette, entre les rangs la diversité de plantes témoigne d’une approche respectueuse de l’environnement. « Chaque espèce nous raconte une histoire », souligne-t-il. Une présence trop importante de fausse rouquette, serait, par exemple, symptomatique d’un sol tassé. « Quand on passe, en bio, (trois ans de conversion), on observe une période de sept à dix ans au cours de laquelle on voit vraiment la flore se diversifier. On voit aussi moins d’espèces invasives, la nature se régule d’elle-même « , analyse-t-il. L’enherbement évite aux sols d’être lessivés par les pluies. « Nous faisons aussi des apports de fumier, et de mycorhize… », complète-t-il.
« Le sol, ce n’est pas juste un support, c’est de la vie », Régis Pichon.
La Mycorhize ? « C’est comme dans Avatar ! Le film raconte une vraie histoire. C’est fascinant : le champignon met en relation la forêt tout entière », rappelle le vigneron. En l’occurrence, la symbiose de la vigne et du champignon favorise des sols souples et aide les ceps à faire face au stress hydrique. « Mais attention, ici, ce n’est pas une forêt. Nous travaillons un peu le sol. Mais le non-travail est presqu’aussi important que le travail. Il faut trouver un juste équilibre, laisser de la place à la nature… » Le travail mécanique forme des butes de terre entre les ceps, » cela permet d’enfouir les herbes de façon mécanique sans usage d’herbicide » et cela amende les sols. Des décoctions d’ortie, de prêle ou de valériane apportent une touche de phytothérapie qui pallie l’usage de produits. Logique sur une production de vin naturel. « À la base de notre travail, il nous faut du bon raisin. Et à la base du bon raisin, il nous fait un bon sol. Ce n’est pas juste un support, c’est de la vie. » CQFD.








