"La nuit redevient plus sombre, les étoiles retrouvent leur place" : le Parc national des Cévennes a réussi sa reconquête du ciel nocturne

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Labélisé "Réserve Internationale de Ciel Étoilé" depuis 2018, le PNC a mis en place des actions pour réduire la pollution lumineuse. Avec des résultats spectaculaires… et bons pour la faune.

On n’y voit plus que du bleu. Le Parc national des Cévennes (PNC) a dévoilé une compilation d’observations satellitaires, réalisées au-dessus de son territoire en milieu de nuit entre 2014 et 2024. Ces cartes montrent une diminution importante du halo de pollution lumineuse, « signe que la nuit redevient plus sombre… et que les étoiles retrouvent leur place« , indique-t-on au PNC.

Cette amélioration n’est évidemment pas le fruit du hasard. Depuis l’obtention du label Réserve Internationale de Ciel Étoilé (RICE) en 2018 – la seconde réserve en France après celle du Pic du Midi, la plus vaste d’Europe –, le Parc incite les communes, mais aussi les différents syndicats d’énergie dont elles dépendent, à se mobiliser sur le sujet. « En dix ans, plus de 11 000 lampadaires ont été rénovés sur les 22 000 points lumineux que compte le territoire. Des équipements anciens et très énergivores ont été remplacés par des éclairages moins puissants (mais tout aussi efficaces), mieux orientés et plus sobres. Enfin, près de 75 communes sur 115 pratiquent aujourd’hui l’extinction de l’éclairage en cœur de nuit, généralement entre 23 h et 5 h« , poursuit-on au Parc national des Cévennes.

Ces efforts représentent plus de 11 M€, investis notamment pour remplacer du matériel ancien, parfois des lampes de 100 watts et plus, pour du matériel économe de 30 à 40 watts en led. Avantage pour les communes : elles ont bénéficié d’un soutien financier, notamment de l’Europe, de l’État et de la Région, et ces nouveaux équipements permettent une réduction de dépense de l’ordre de 50 à 80 %. Ce n’est pas rien en ces temps de budgets contraints.

Tourisme, faune et flore, santé humaine…

Ce travail a évidemment d’autres visées. Au rayon économie, toujours, « la beauté du ciel étoilé et des paysages nocturnes participent à l’attractivité touristique du territoire« , alors que plus de 80 % de la population mondiale ne peut plus observer la Voie lactée. Les professionnels ont ainsi été encouragés à développer des produits en lien avec la nuit, à l’image du séjour “La tête dans les étoiles”, commercialisé par l’agence Azimut Voyage et marqué Esprit parc national.

Surtout, l’éclairage artificiel, installé pour servir les besoins de l’homme, a des conséquences néfastes sur la biodiversité. Alors que 30 % des vertébrés et 65 % des invertébrés sont nocturnes, la pollution lumineuse entraîne « une modification comportementale, une perturbation des rythmes biologiques, un changement des interactions entre individus et notamment les processus de compétition et prédation, la modification de l’équilibre des écosystèmes« , énumère le PNC. Les végétaux, comme les animaux, sont sensibles à la lumière, puisque si les plantes ont besoin de lumière pour se développer, il leur faut aussi des périodes d’obscurité.

Les hommes aussi, d’ailleurs, sont sensibles à la lumière artificielle nocturne. « Il semblerait que la lumière riche en blanc et bleu, caractéristique des nouveaux éclairages de type LED, ait une responsabilité dans des maladies telles que le diabète, la dépression, le stress, l’obésité, le vieillissement accéléré des cellules, la myopie…« .

Le Parc veut donc poursuivre ce travail en incitant, avec la publication d’un guide pratique, les professionnels et les particuliers à réduire eux aussi l’impact des éclairages extérieurs des immeubles, maisons, jardins, piscines… Et ce qui est bon pour les Cévennes l’est partout ailleurs. Observer un joli ciel étoilé, la nuit, est toujours si agréable.

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