Le conseil départemental de l’Hérault a adopté ce mardi son budget primitif 2026 qui s’établit, au réel, à 1,821 milliard d’euros. Il est marqué par une hausse des dépenses sociales de 70 M€.
Après les turbulences de l’an dernier dues à des finances très contraintes et plusieurs coupes franches contestées, l’hémicycle départemental a retrouvé un peu de calme et de sérénité pendant ces deux jours d’examen de son budget primitif 2026.
La masse salariale en hausse maîtrisée
L’architecture financière de la collectivité pour ce nouvel exercice a été adoptée à une large majorité et s’établit à 1,821 milliard d’euros, en légère hausse de 30 M€ par rapport à l’an dernier. Un équilibre qui a toutefois été obtenu au prix de plusieurs arbitrages à la baisse dans les dépenses liées notamment aux aides aux communes, aux collèges, pour le sport et, marginalement la culture.
À ce propos, Kléber Mesquida a tenu à remercier « les intercommunalités qui ont pris le relais des conventions et ont maintenu l’activité culturelle sur les territoires ». Des efforts importants ont également été entrepris pour contenir la masse salariale (271,90 M€) en hausse de 1,85 %. « C’est grâce à l’effort de tout un chacun », a commenté le patron de l’exécutif départemental. Les dépenses de fonctionnement augmentent au total de 3,9 % en un an.
Kléber Mesquida, de retour et ému
Absent pour ce premier jour de débat après une hospitalisation, Kléber Mesquida a fait son retour ce mardi. Particulièrement ému au moment de reprendre la parole devant ses collègues il a fait part de sa fierté "d’appartenir à une telle assemblée. On a le droit à la contradiction mais toujours dans le respect". En retour, l’assemblée, unanime, lui a réservé une ovation débout, nourrie d’applaudissements.
Départ En préambule à cette session, le directeur général des services, Pascal Perrissin, en poste depuis 2019 a annoncé son départ à compter du mois de juillet. Il sera remplacé, par intérim, par Dominique Jaumard.
Dans ses grandes masses, ce budget est marqué par une croissance des dépenses sociales de 70 M€ avec 308,80 M€ pour l’insertion (dont le RSA), 460,90 M€ pour l’autonomie (Apa et PCH) et 203,10 M€ pour l’enfance et la famille (essentiellement l’aide sociale à l’enfance).
Inquiétudes pour le marché de l’immobilier
Pour y faire face, le Département enregistre cependant une légère augmentation de ses recettes de fonctionnement, 369,40 M€ pour la TVA et 310 M€ pour les droits de mutation à titre onéreux, indexés sur la santé du marché immobilier, en croissance de 15 M€ par rapport à l’an dernier. « Espérons que ces prévisions soient exactes. Mais on constate dans nos communes que ça ne repart pas. Il faut relancer le logement », observe Cyril Meunier, pessimiste pour les mois à venir et donc les futures rentrées attendues.
En matière d’investissement après une année 2025 marquée par une diminution très importante de 35,7 %, les dépenses repartent à la hausse à 181,60 M€ pour des recettes attendues à 87,40 M€ notamment liées au produit de la cession d’éléments du patrimoine départemental pour 15,80 M€.
« Un effet ciseau qui se resserre »
Dans ce contexte incertain, Cyril Meunier a mis en garde contre « un effet ciseau qui se resserre » entre les dépenses et les recettes. « On a une marge de manœuvre de 34 M€. Elle était de 69 M€ en 2025 ». Pour établir ce budget, la collectivité aura, enfin, recours à un emprunt d’équilibre de 61,70 M€ pour un endettement prévu de 845,50 M€ qui fixe sa capacité de désendettement à 25 ans. Celle-ci était de 33,3 ans en 2024 et de 12,2 ans en 2025.
En dépit de ces fragilités, ce budget 2026 a donc été adopté à une large majorité. « La situation est complexe. Heureusement elle est gérée par une équipe extrêmement compétente. L’objectif de dégager des marges de manœuvre était difficile, vous avez réussi », a souligné Renaud Calvat au nom du groupe majoritaire. « Je mesure la qualité d’une gestion rigoureuse à laquelle nous adhérons sans réserve » avait auparavant déclaré Jacques Martinier pour le groupe Unis pour l’Hérault.
Dans l’opposition, Jean-Louis Respaud et Gilles Sacaze ont voté contre. « C’est un budget trop optimiste sur les recettes. Sur la TVA et les DMTO le pari est hasardeux », a indiqué ce dernier. Les quatre autres élus biterrois se sont abstenus.
Devant ses équipes, Kléber Mesquida a d’ores et déjà fixé le cap des mois à venir : « On va passer une année à faire des économies. Je resterai sur la même ligne. On ne peut pas en avoir une autre ».








