À la Seine Musicale et bientôt à Nîmes, l’énergie intacte du Ballet Béjart Lausanne

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Le Béjart Ballet Lausanne a entamé la semaine dernière une tournée à Paris qui passera cet été par les arènes de Nîmes avec le best-of "Béjart et nous" et deux tubes, "L’Oiseau de feu" et le "Boléro".

Selon le proverbe, la perfection n’est pas de ce monde. Et bien, ce n’est pas une raison pour ne pas la rechercher. Il faut se glisser en coulisses du Béjart Ballet Lausanne pour voir à quel point Julien Favreau, qui dirige désormais la compagnie, veille avec précision sur ce patrimoine.

Quelques heures avant la représentation et alors que les danseurs ont déjà fait leurs classes, les réglages se poursuivent. Un geste, une lumière, un placement… La quarantaine de danseurs est d’un niveau exceptionnel, chacun pourrait être soliste. Mais le travail continue, sur scène comme en coulisses. Chaque artiste peut encore demander à Julien Favreau, qui a travaillé longtemps avec Maurice Béjart, une précision, une correction… « On reverra ça demain ». Alors que la troupe maîtrise le répertoire depuis des années, elle prévoit encore d’ajuster, de corriger, de perfectionner.

La compagnie était la semaine dernière à la Seine Musicale de Boulogne-Billancourt, près de Paris pour six soirées triomphales avant une tournée qui passera le vendredi 10 juillet par les arènes de Nîmes. Ce nouveau programme permet de goûter l’éclectisme, l’exigence et la modernité d’une œuvre qui symbolise pour le grand public la danse du XXe siècle. Et c’est justement par une traversée que commence le spectacle, avant deux tubes, L’Oiseau de feu et Boléro.

Avec Béjart et nous, Julien Favreau picore pour composer un best-of, livrer un précipité d’un demi-siècle de création. Le choix est particulièrement judicieux, car au-delà de la beauté, il permet de comprendre. Maurice Béjart n’est pas un artiste contemporain, mais il a été un artiste contemporain, regardant son époque, sa modernité, ses innovations, ses révolutions sans renoncer à la virtuosité classique.

L’énergie dévastatrice de la jeunesse

Dans ce programme, il y a encore des héritages, mais il y a aussi une vitalité décoiffante, un tango qui revisite les genres, l’humour d’un Trish Trash, les influences africaines d’Héliogabale, l’ouverture à la chanson avec un déchirant Ne me quitte pas dansé par Elisabet Ros, l’aînée de la compagnie. Le bonheur explose avec les cloches des Jerks de la Messe pour le temps présent de Pierre Henry, l’énergie dévastatrice de la jeunesse sur des sonorités mélangeant la pop et l’électro. Les danseurs courent, bondissent, se déhanchent avec la même joie, la même soif de liberté que leurs grands-parents sous le soleil d’Avignon il y a 60 ans.

En une heure, tout le vocabulaire de Maurice Béjart est exposé et le public dispose de tous les codes pour apprécier la suite à sa juste valeur. Place donc au classique L’Oiseau de feu, éloge de la jeunesse, de la légèreté sur une musique d’Igor Stravinsky. Dans cette œuvre solaire, le jeune Japonais Konosuke Takeoka semble s’envoler androgyne et virevoltant.

Le programme s’achève avec le Boléro. L’œuvre a été créée en 1961, elle pourrait l’avoir été hier. Avec ses mouvements élastiques et hypnotiques, la Mélodie sur son podium circulaire épouse les boucles de la partition de Maurice Ravel tandis que, torse nu, les danseurs du Rythme la cernent, l’étouffent peu à peu. La douceur et la force se font face et l’émotion reste intacte, ensorcelante.

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