« Vous avez tout juste 18 ans, vous commencez fort votre vie d’adulte », le président d’audience Yannick le Goater annonce la couleur. Il s’adresse aux deux prévenus à la barre, le troisième, fraîchement majeur, est absent.
Ils sont présents devant le tribunal pour des dégradations commises à Challans le soir du 1er mai. Ils s’en étaient pris à des véhicules stationnés dans le centre-ville.
Il y avait un quatrième impliqué dans cette affaire « désagréable et grave », celui qui serait l’instigateur des faits, il est mineur. Il sera jugé devant le tribunal pour enfants à la Roche-sur-Yon.
Un barbecue « bien arrosé »
Le 1er mai au soir, tous les quatre participent à un barbecue « bien arrosé ». Vers 22 heures, le mineur a une idée « lumineuse » : il propose aux trois autres de « faire une virée en voiture dans les rues de Challans ».
Dans un véhicule, deux battes de baseball vont servir à casser vitres et rétroviseurs de voitures au hasard des rues de la ville. Au moins six véhicules sont dégradés. Deux propriétaires demandent réparation, dont cette femme employée représentant son patron artisan, qui venait d’acheter quelques jours auparavant une fourgonnette neuve destinée à son travail.
Pour « s’occuper et s’amuser »
Dans l’un des véhicules, il sera retrouvé une arme de poing dans une mallette. Le conducteur, propriétaire de la voiture, est poursuivi pour transport sans motif légitime d’arme à feu.
Quant aux battes de baseball, les deux prévenus disent les posséder « pour se défendre ». Bien mince argument : le président rebondit, « c’est quoi l’amusement là-dedans ? Faire pleurer les victimes ? » Pas de réponse…
Et d’en venir à ce qui sera douloureux pour eux : « il va falloir payer ». L’audition des deux informe que l’un est apprenti, l’autre en bac pro en alternance. Ils n’ont donc pas de gros moyens financiers. La facture sera lourde : près de 3 000 euros de dégâts pour les parties civiles constituées.
Une décision plus ferme que les réquisitions
Pour le procureur de la République, Éric Bret, « absence de respect des objets et d’autrui, pour eux les autres n’existent pas ». Les réquisitions portent sur 200 heures de travail d’intérêt général à effectuer dans un délai de dix-huit mois, sinon trois mois de prison sont encourus.
Dans son délibéré, le tribunal a condamné le propriétaire de l’arme, qui n’a pas dégradé les véhicules, à 100 jours-amendes à 6 euros et 600 euros d’amende.
Pour les deux autres, le tribunal est allé plus loin que les réquisitions : ils sont condamnés à six mois de prison sous sursis probatoire pendant deux ans, avec obligation d’indemnisation et interdiction de contact avec le mineur, organisateur de l’expédition nocturne.
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