Aficionado, supporter des Crocos, prof d’histoire-géo, communiste : qui est Vincent Bouget, le nouveau maire de Nîmes ?

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Vincent Bouget a été élu maire de Nîmes le 29 mars dernier. Pour gagner la ville, après quatre mandats de Jean-Paul Fournier, il a fait l’union à gauche (hors LFI) et a capitalisé sur une identité locale dont il reste fier.

Au marché de Pissevin, ou à la terrasse d’un restaurant du quartier Saint-Césaire, on vient le saluer, le féliciter, lui demander une photo. Systématiquement, il sourit, remercie, s’y prête de bonne grâce. À Nîmes où il a été élu maire le 29 mars, Vincent Bouget traverse un état de grâce. Amplifié par sa réputation : un homme à l’écoute et pas sectaire. « Surtout pour un communiste », ont ajouté plusieurs de nos interlocuteurs…

Né en face des arènes

Vincent Bouget, ce mercredi, disponible, décontracté (jeans, chemise, veste, sans cravate), juste accompagné de son jeune chef de cabinet, Hugo Carlos, un proche, acceptait de se dévoiler à ceux qui le connaissent peu en hors la capitale gardoise. Né à Nîmes, le 19 septembre 1979, « à la clinique Saint-Joseph, qui se trouvait alors à l’emplacement du musée de la Romanité« . En face des arènes. Plus nîmo-nîmois, on ne fait pas, et dérouler le fil de sa biographie le confirme à chaque étape.

« Arrivée de Vincent et retour d’El Cordobès »

Il sourit : « C’est vrai. Un jour j’ai retrouvé un carnet que tenait mon grand-père. À la page consacrée à cette semaine de 1979, qui tombait au moment de la feria des Vendanges, il avait écrit : “Arrivée de Vincent et retour d’El Cordobès. »

Son parcours scolaire passe par l’école Jean-Jaurès, le collège Révolution (« Rien que les noms d’établissement, déjà… »), le lycée Daudet (bac, classes prépa). Suivent une maîtrise d’histoire-géo à la Sorbonne, le Capes : « Je n’ai pas poussé jusqu’à l’agrégation, je voulais travailler ». Professeur donc. D’abord un stage dans les Yvelines, « très chic », puis un collège de Sarcelles : « L’établissement collectionnait tous les logos, ZEP, etc. ». Il y reste cinq ans, et retour à Nîmes, « pour gagner en qualité de vie ». Il la partage avec Fanny Flassier, nîmoise aussi, « rencontrée au lycée, mais on s’est mis en ensemble plus tard ». Ils ont deux filles, âgés de 13 et 16 ans.

Une phrase du candidat Le Pen, comme un déclic

Sinon, Vincent Bouget est presque autant communiste que nîmois. Comprendre : s’il a adhéré au PC en 2002, il était tombé bambin dans la marmite rouge : « Ma famille venait de là, j’ai grandi là-dedans, ça a compté dans mon engagement », résume-t-il, évoquant notamment une grand-mère résistante, ou des parents militants, dans une ville et un département où le parti régna longtemps.

Une phrase lui servit cependant de déclic pour y prendre sa carte : « Le 21 avril 2002, quand Jean-Marie Le Pen a dit : J’ai deux bonnes nouvelles : je suis au second tour, et le parti communiste est mort”. » Il milite une décennie avant de se confronter pour la première fois au suffrage universel aux cantonales de 2011. Où il affronte, déjà, Franck Proust (alors UMP) et Julien Sanchez (FN).

Devenu patron du PC dans le Gard, sa victoire aux départementales en 2021, face au sénateur LR Laurent Burgoa, le légitime chef de l’opposition nîmoise. Incontesté, les socialistes se rangent derrière lui. Christian Assaf, depuis Montpellier où il est vice-président de la Métropole, mais qui reste attentif à sa ville natale, confirme : « C’est un supporter de sa ville, empathique. Avec son intégrité intellectuelle, il incarne le rassemblement. Il devait mener la liste, je n’en doutais pas ».

Carole Delga non plus, qui, dès 2020, aurait souhaité le voir prendre la tête d’une liste d’union. « Elle m’avait envoyé des signes en ce sens », confirme Vincent Bouget. Union (hors LFI) actée six ans. On connaît la suite.

« Un moment fort » avec Jean-Paul Fournier

Et maintenant ? Au-delà de la nécessité de se démultiplier sur pléthore de dossiers et de fronts (dont celui de l’agglo, il devrait en être élu président mardi), il se sait attendu. Tant dans son camp, avec une majorité plurielle à gérer, que par ses opposants. Ceux qui ont perdu la mairie se montrent pour l’instant bienveillants. Tel Laurent Burgoa : « Vincent Bouget a su gagner sa place, au PC, dans l’opposition, puis il a fait l’union. On jugera au fil du temps. Mais c’est un démocrate, un républicain, je l’ai vu le soir de sa victoire, dans le bureau de Jean-Paul Fournier. Un moment fort. Ils se sont donnés du “Monsieur le maire”. Dire qu’il est sectaire serait mentir. Et puis c’est un Nîmois, il est né ici, y a fait sa scolarité, il aime la tauromachie, le Nîmes Olympique. »

Voir jouer les Crocos à Sannois Saint-Gratien

À cette identité nîmoise, tout le ramène donc, tant il en coche toutes les cases. Aficionado : « J’assume, et je comprends qu’on n’aime pas ça, j’en ai sur ma liste. Mais ce n’est pas un sujet de discorde. À Nîmes, les gens ne veulent pas se disputer là-dessus ». Supporter des Crocos : « Le mari de ma grand-mère a joué à Nîmes Olympique, j’ai été abonné… Quand j’étais à Paris, je suis allé les voir jouer à Sannois Saint-Gratien, il fallait avoir envie, hein ? »

Et Dieu, dans tout ça ? Interrogation jamais neutre à Nîmes, tant la ville reste marquée par l’histoire huguenote : « Je suis issu d’une famille protestante. Je ne suis pas baptisé, pas croyant, mais j’ai les codes de cette culture protestante. Et je me sens de cette communauté culturelle », confie-t-il.

Avant d’enchaîner : « Je suis très nîmois, un produit de toute une partie de l’histoire de cette ville. » Ce qui n’atténue pas le niveau des attentes, il en convient. Et veut y répondre, dans son style : « Je veux incarner un changement, mais sans cliver. On va poursuivre le débat citoyen, avec mes valeurs, sur le terrain, au contact. Je ne veux pas rester dans ma tour d’ivoire. J’ai une voiture avec chauffeur, c’est la première fois que je l’utilise aujourd’hui. Tous les matins, je vais à la mairie à pied, je m’arrête boire un café, je discute… Je vais continuer ».

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