Début avril, le collectif des Mains savantes a inauguré son exposition Main droite, main gauche à l’espace Louis-Feuillade. Accessible gratuitement jusqu’au 16 mai, elle reprend les créations majeures qui ont marqué ses 10 ans d’existence. Et, clou du spectacle, les visiteurs sont invités à contribuer à une œuvre participative.
Ils ont eu carte blanche. Pour célébrer les 10 ans du collectif des Mains savantes, la Ville de Lunel lui a laissé les clés de l’espace Louis-Feuillade pour monter une exposition anniversaire, intitulée « Main droite, main gauche ».
Aux manettes, la coprésidente Isabelle Doblas-Coutaud insiste : « On l’a construite comme une mise en valeur de nos différents métiers, c’est-à-dire les artistes et artisans d’art. » Gestes, processus créatifs, outils, les six espaces de l’exposition sont une véritable plongée dans leur savoir-faire.
À l’entrée, les ateliers des artistes et artisans d’arts sont exposés tels quels. « On a souhaité transposer des éléments de notre intimité d’atelier, reprend Isabelle Doblas-Coutaud. On a par exemple l’orfèvrerie de Toshiko Akahori, la céramique de Pascale Thomsen, mais aussi de la gravure, du tissage, du verre, de l’upcycling (créer du neuf avec du vieux, NDLR) et de la sculpture. »
2016 à 2026 sur une fresque rétrospective
La visite se poursuit avec la pièce maîtresse de l’exposition : « le chrono board ». « C’est une fresque pensée de 2016 à 2026. D’année en année, les visiteurs vont redécouvrir les événements qui ont marqué ces 10 ans à travers des reproductions d’œuvres et des photos. » Création du collectif, expositions marquantes, récompenses mais aussi projets avortés en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, l’installation saura certainement rappeler quelques souvenirs aux visiteurs.
Une œuvre participative et politique
La seconde pièce maîtresse de l’exposition réside en une œuvre participative. "On a installé 7 isoloirs créatifs avec, dans chacun d’eux, un petit atelier pour créer et expérimenter une technique particulière. Le visiteur y entre, suit le protocole, ressort avec son œuvre en main pour aller la poser sur l’installation collective", détaille la coprésidente.
Derrière l’aspect ludique de cette partie de l’exposition, le collectif souhaite faire passer un message politique. "L’isoloir est un lieu où on fait des choix qui peuvent avoir un impact important. Dans nos ateliers, c’est pareil. Nos décisions influencent la suite du processus créatif ainsi que l’œuvre finale." La création collective sera restituée le samedi 16 mai de 14 h à 17 h.
Les autres pièces de l’espace Feuillade sont, elles aussi, aménagées. D’abord avec « un salon où l’ordinaire devient extraordinaire ». « L’objectif est d’inviter le visiteur à regarder les œuvres différemment. » Mais aussi une expérience tactile et une chambre noire où sont projetées des photos et vidéos produites par le collectif afin de « montrer les coulisses de la création ».











