Pendant cinq jours, onze jeunes de 14 à 25 ans ont participé au stage "Clip Lab", à l’espace Castel. Encadrés par des professionnels de l’audiovisuel, ils ont créé un clip collectif, de l’écriture à la postproduction. Une immersion concrète dans la fabrique des images.
Dans la salle Domitia de l’espace Castel, les téléphones ne servent pas à scroller. Ici, ils filment, cadrent, montent. Du 20 au 24 avril, le stage « Clip Lab » propose à onze jeunes issus des quartiers prioritaires de Lunel de réaliser un clip musical de A à Z, en seulement une semaine.
Portée par le studio audiovisuel Temple Caché par l’intermédiaire de son association de médiation culturelle Point Raw, cette semaine d’initiation se veut avant tout un espace de transmission. « On souhaitait mettre en place des projets qui soient plus en lien avec les jeunes, avec la population lunelloise », explique Alexia Eloy, directrice de l’association. « Cette idée de transmission », insiste-t-elle, est au cœur de l’initiative.
Aucun prérequis n’était demandé. Un choix assumé, qui a donné naissance à un groupe hétérogène. « On a 12 jeunes actuellement qui suivent le stage […] des débutants comme des personnes plus avancées », précise Kacia Issaad, chargée de communication et coordinatrice du projet. Très vite pourtant, une dynamique collective s’installe. « Les plus grands ont été extrêmement bienveillants avec les plus jeunes. »
De l’écriture au montage
Dès le premier jour, les participants plongent dans l’écriture. « Lundi, on a écrit, imaginé les plans de tournage, comment on allait s’organiser », raconte Théo, jeune stagiaire. Inspirés par des clips existants, ils construisent une trame, imaginent les scènes et répartissent les rôles.
Le lendemain, place au tournage dans plusieurs lieux de la ville. « Dans le cinéma, dans la gare, un peu partout », détaillent les apprentis. Par petits groupes, chacun prend en charge une séquence, réfléchir aux cadrages, aux costumes, à la mise en scène.
La suite de la semaine est consacrée au montage et à la postproduction. « Là, on continue le montage, après on va faire les effets 2D et la colorisation » expliquent les jeunes, plongés dans les logiciels. Une étape plus technique, parfois déroutante. « Le montage, c’est la partie la plus difficile », reconnaît Cassandra.
Mais pour beaucoup, c’est aussi une révélation. « Ça m’a trop donné envie d’en faire », confie Elliana, initialement attirée par le graphisme.
Au fil des jours, les encadrants observent une évolution rapide. « Les jeunes qui étaient très timides au départ sont complètement épanouis, ils prennent facilement la parole et proposent des idées », souligne Alexia Eloy. Certains se découvrent même de nouvelles aptitudes. « On a réussi à voir très vite qui était fait pour quoi », ajoute-t-elle.
Le clip, tourné avec un jeune artiste local, sera présenté au public en septembre, lors du festival des Rencontres Phygitales, sur le parvis de l’Ancienne gare. Une première projection qui viendra clore l’aventure, mais pas forcément l’élan. « Ils nous demandent si on va recommencer », sourit Kacia Issaad. Preuve qu’en quelques jours, le stage n’a pas seulement produit des images : il a aussi donné envie de créer.











