Avec 58 fermetures de classes pour seulement 15 ouvertures, le Gard connaîtra une rentrée historique en termes de suppression de moyens dans les écoles. Certains parents d’élèves n’entendent pas en rester là.
« C’est un coup de massue. » Au lendemain de la décision communiquée par le Directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) Christophe Mauny de fermer 58 classes pour 15 ouvertures, les parents d’élèves de l’école Paul Marcellin n’en reviennent toujours pas.
« C’est vraiment considérer les enfants comme du bétail »
Malgré toute la mobilisation enclenchée sur plusieurs jours, l’établissement du quartier Valdegour a bien perdu non pas une mais de classes ! Et ce malgré le classement de l’école en Réseau éducation prioritaire (Rep) et les difficultés bien connues de la Zup. « Même quand on se mobilise, on sent que ça ne sert à rien, déplore la présidente de l’association des parents d’élèves Hanane Achamboun. Encore une fois, on fragilise un équilibre qu’on avait peiné à instaurer. Fermer deux classes en primaire, c’est vraiment considérer les enfants comme du bétail. On met à mal tout un ensemble, certains vont essayer de partir du quartier. On est dans un cercle vicieux. »
Comme Paul-Marcellin, de nombreuses écoles de Nîmes et du Gard ont subi l’inflexibilité du Dasen. Sur la copie de 59 classes potentiellement concernées par une fermeture transmise aux syndcats à l’issue du Conseil social d’administration du 9 avril, une seule a été épargnée, à Pont Saint-Esprit. À Nîmes, où trois classes avaient pu être sauvées en amont, une quinzaine devra finalement fermer.
Pierre-Edouard Détrez : « J’ai pris un coup derrière la tête »
Pierre Edouard Détrez, nouvel adjoint à l’éducation à Nîmes, particulièrement mobilisé sur le dossier depuis sa nomination accuse également le coup. « J’ai pris un coup derrière la tête. Ça fait vraiment mal. J’ai rendez-vous avec M. Mauny ce lundi, pour d’autres questions, mais je lui ferai part de mon mécontentement. Tout était certainement joué d’avance. Mais je veux qu’on puisse travailler désormais dans une meilleure anticipation. » L’élu insiste sur la double fermeture à Paul-Marcellin : « Je m’étonne que d’un côté on impose autant de fermetures et que de l’autre on puisse avoir un discours très positif sur la volonté de prendre en charge les enfants en difficulté.«
À Nîmes, quartier Croix-de-Fer, l’école Prosper Mérimée, qui s’était également fortement mobilisée contre une fermeture de classe n’entend pas baisser les bras. « C’est terrible, mais on ne lâchera rien… », promettent les parents. La fin de l’année scolaire et la rentrée 2026 devraient être agitées.










