Au bar restaurant L’Escale, à Béziers, l’assiette fleure bon le Faubourg, la tradition et le rugby

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Chaque fin de semaine, Midi Libre Béziers donne une idée d’adresse pour déjeuner. Ce vendredi 3 avril, bienvenue à L’Escale, place des Alliés, à Béziers. Thomas Lecou s’est associé à son père Nicolas pour redynamiser l’établissement.

S’attabler à L’Escale, le bar restaurant historique de la place d’Espagne, au cœur du Faubourg, à Béziers, c’est laisser au vestiaire l’actualité nauséabonde, la crise, les soucis ou les douleurs pour se délecter d’une bonne tête de veau concoctée dans les règles de l’art par le chef Franck, d’un quart de vin de pays et d’histoires du quartier à n’en plus finir…

Franck “le roi de la sauce”

Ici, si “le roi de la sauce”, comme l’on surnomme affectueusement le cuistot, fait la loi dans les assiettes, les clients, eux, ou plutôt les “collègues”, quasiment que des hommes, ne doivent suivre qu’une seule règle : se régaler.

Tous les midis, Jean-Luc, l’un des nombreux habitués qui constituent le tiers de la clientèle quotidienne, ne lâchera jamais son tartare de cheval, de la boucherie chevaline biterroise Sarda, cela va de soi. Michel, lui, préfère la potée bretonne au cochon, l’une des spécialités de Franck, d’origine… bretonne.

Chaque jour, la même histoire se répète. Par la porte de derrière ou celle de devant (côté place d’Espagne), les clients entrent, s’attablent et acceptent volontiers le menu du jour. Ce mercredi 1er avril, les assiettes seront garnies d’une terrine de saumon en entrée, d’un filet de dorade beurre de tomates confites et son riz arlequin. Du 100 % fait maison ! Allez, et pour 19,50 euros, Thomas Lecou, qui gère l’établissement avec son père Nicolas, vous servira aussi le quart de vin, puis le dessert ou l’assiette de fromage.

« Le Covid, puis les travaux dans le quartier… Ça devenait très compliqué »

Le fiston a démissionné en décembre de son boulot de commercial dans les produits d’hygiène pour s’associer à son père, après le départ de Greg, l’ami de Nicolas avec qui ce dernier a tenu le bar restaurant pendant 22 ans. « Le Covid, puis les travaux dans le quartier… Ça devenait très compliqué », soupire Nicolas. « Ils voulaient vendre, reprend Thomas. Alors j’ai dit à mon père : tu ne vends pas, je rachète la part de Greg et on part ensemble. On a signé le 18 mars.« 

Franck, le chef au pedigree prestigieux (il a fait seul le tour de France des tables gastronomiques, de la Bretagne à Nice en travaillant dans des établissements étoilés), a suivi l’aventure. Nicolas est resté au bar. Thomas se charge du service. Les clients, eux, continuent à refaire le monde, ou plutôt le quartier, sous les regards d’Armand Vaquerin, qui pose sur les deux posters ornant les murs. À partir du 1er mai, ils pourront « se la raconter » assis à la nouvelle terrasse, d’une quarantaine de couverts, que Thomas et Nicolas vont aménager. Un bel espace ombragé rendu possible grâce aux grands travaux de réhabilitation du quartier entrepris par l’Agglo de Béziers.

Ici, on refait le monde

Ils se souviendront sûrement des soirées mémorables passées chez l’ancien voisin, le 218 d’Estève, des journées sans écoles à cause des inondations, de la “pique” des cerises et des pêches chez Monsieur Jardi, le maraîcher du coin. Ou encore des carlingues, ces planches à roulettes faites maison avec les roulettes provenant de l’usine de grues de Fonseranes avec lesquelles les enfants et ados dévalaient la rue Tourventouse… Et que dire des concours de valse sur le guéridon de l’Escale, à qui tomberait le premier du guéridon !

Cette ambiance, Thomas veut la conserver. Tout comme les plats traditionnels proposés à l’ardoise. Pour le reste, notamment la déco, le trentenaire, capitaine de l’équipe première de l’entente Vendres, Lespignan, Sauvian, va revoir la copie. Adieu les nappes orange, le crépi jaunâtre et les tableaux de pétanque.

« Je vais rajeunir tout ça. Le crépi va disparaître. Le mobilier sera contemporain. Pour les peintures, on sera sur du noir, du blanc et du vert bouteille. La décoration sera basée sur l’histoire du Faubourg. » Le désormais cogérant veillera aussi « à l’esthétique des assiettes. Elles doivent aussi être bien présentées pour donner envie. »

Quant aux femmes, qui brillent par leur absence, Thomas projette de leur faire pousser la porte de l’Escale. Il faudra bousculer les habitudes. Et ça, ce n’est pas gagné !

L’Escale, ouvert du lundi au samedi, de 7 h à 19 h 30. Contact : 06 59 56 31 67.

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