Au cœur de la préparation mentale de Nîmes Olympique

admin
Par
admin
7 min de lecture

National 2. Fabien Bréard, au club depuis décembre, a “profilé” joueurs et staff de Nîmes Olympique. Et croit en eux, après Saint-Maur et avant Hyères, samedi. Analyse pour Midi Libre.

Qu’est-ce qui vous a amené à Nîmes ?

Quand j’intervenais au centre de formation de l’OM (2020-2022, lire ci-dessous), il y avait Valentin Cenatiempo, le fils du président, qui est gardien (à Concarneau, en National). On a échangé, j’ai rencontré ses parents lors de réunions, on a gardé le contact.

On avait envisagé une collaboration avec l’entreprise de Thierry, GT Formation. Quand son père a repris Nîmes, Valentin m’a dit qu’il pourrait avoir besoin de mes services. J’ai été mis en relation avec le directeur sportif Anthony Dupré, et on a entamé une collaboration en décembre.

Quelle est votre méthode ?

En 2019, j’ai créé mon propre outil d’analyse, Profilaxion. Il permet d’identifier le fonctionnement d’une personne. Son mode d’emploi, en quelque sorte. Dans la vie, plus on monte en charge mentale, plus notre pilote automatique est aux commandes. Et le cerveau, s’il ne représente que 2 % du poids du corps, consomme 20 % de notre énergie.

Ce n’est ni un test de personnalité, ni un outil psychologique : c’est un outil d’analyse des comportements et des attitudes. C’est le même pour le sport et l’entreprise : un questionnaire de 54 questions. Puis on profile, non pas qui est la personne, mais ce qu’elle fait. Et on fixe des axes de travail.

Je suis un préparateur mental pragmatique. J’aime être souvent sur le terrain, à l’entraînement et en match, pour observer les réactions, la communication, le respect des consignes… C’est là que l’on a les leviers.

Son parcours : de la Normandie à l’OM, de la banque à Profilaxion

CV Fabien Bréard est un Normand, né à Falaise (Calvados) le 24 novembre 1972, qui a dû renverser quelques montagnes pour parvenir à ses fins. "Après mon bac, je voulais faire psycho, mais on m’a dit que c’était une voie de garage et qu’il fallait que je fasse des choses plus sérieuses (sourire). Alors, j’ai fait du droit, un BTS action co, et j’ai commencé à travailler comme commercial, puis dans la banque et les assurances.

Ensuite, j’ai créé ma boîte, BFC SAS, tout en me formant au coaching, aux tests de personnalité et à la préparation mentale. Mais il me manquait des morceaux (sic) et j’ai décidé d’élaborer mon propre outil d’analyse : Profilaxion.

On l’a testé sur les étudiants d’un ami, enseignant chercheur en psychologie du sport après avoir été en équipe de France de judo. J’avais du mal à me lancer, puis j’ai été mis en relation avec Nasser Larguet, le directeur du centre de formation de l’OM, en juillet 2020."

La collaboration durera deux ans. Elle sera suivie de beaucoup d’autres dans le sport, en particulier le football, collective (PSG à la formation, Paris Atletico en 2025 pour une mission maintien réussie au détriment de… Nîmes, etc.) ou individuelle (suivi de joueurs en Angleterre ou en Italie). Mais aussi dans le monde de l’entreprise.

À l’heure actuelle, "35 personnes, dont l’ancien gardien pro Steeve Elana (ex Caen, Brest, Lille) sont formées à mon outil et peuvent profiler des sportifs, coaches, dirigeants d’entreprise ; et les suivre ensuite".

Vos trois premières semaines avec le groupe ont débouché sur trois succès 2-0 (Hyères, à Saint-Raphaël, Grasse). Nîmes aurait-il dû gagner 2-0 contre Saint-Maur ?

(Sourire) Ça aurait pu… Si on met le deuxième, il y avait la place. Je leur avais dit avant le match, en blaguant : “Les gars, quand j’interviens, le tarif, c’est 2-0”. Mon job, ce n’est pas de garantir le résultat, c’est de préparer le meilleur résultat possible. Et de réagir après le résultat.

Le scénario de Rumilly s’est reproduit à l’identique (1-0 pour Nîmes, 1-2 dans les dernières minutes)… Est-ce physique ou mental ?

Le préparateur physique et les coaches verront peut-être des failles physiques. Moi, je vais chercher des causes mentales. Après la victoire à Rousset, j’avais perçu des petits signaux qui donnaient l’impression que les joueurs avaient perdu…

« Contre Saint-Maur, ce qui m’a frappé, c’est le manque de communication avant et après le but égalisateur »

Contre Saint-Maur, ce qui m’a frappé, c’est le manque de communication avant et après le but égalisateur. Mon rôle, c’est de récupérer ça et de corriger. Mais ce n’est pas la fin du monde. L’objectif initial, c’était le maintien. On a la chance de jouer la montée, et de pouvoir le faire sans pression.

Après, un sprint final, ça en rajoute. Comme en avion, on est dans une zone de turbulences. Ça bouge, ça plie, on doit rester ensemble. Et ne pas rester figé, sinon les ailes vont casser.

Quand, après la victoire à Saint-Raphaël, Pablo Martinez, qui en a vu d’autres, met en avant votre intervention durant la semaine, qu’est-ce que ça dit de votre rôle ?

Je me dis que c’est super, que l’on a mis à disposition des joueurs l’outil qui correspondait à leurs besoins. Ils se le sont approprié et ils s’en sont servis (c’était un exercice où chacun avait dit ce qu’il pensait de l’autre, NDLR).

Vous avez profilé les joueurs et le groupe. Quels sont leurs qualités et leurs défauts ? Qu’est-ce qui doit nous faire croire en lui ?

Il y a de l’énergie, de la générosité et de la volonté qui se dégagent de cet effectif. Les joueurs ont prouvé qu’ils étaient capables de prendre la tête. Ils n’ont pas battu les premiers, mais ça n’empêche pas de monter. On n’est qu’à un point !

Le petit défaut, c’est l’orgueil : il n’y en a peut-être pas assez. Il faut aller le chercher. Il y a beaucoup de potentiels leaders dans ce groupe, mais il faut qu’ils s’autorisent à l’être. Maintenant, il n’y a plus de questions à se poser : c’est tout droit !

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr