Vendredi 20 mars marque le début du Printemps des Cordonneries, une campagne appelant la clientèle à anticiper la réparation de leurs chaussures pour lisser l’activité et éviter les périodes de surcharge, créée il y a cinq ans par Olivier Sébastien, gérant de L’Emile Pompe à Nîmes.
« Imaginez 40 °C dans la boutique, en plein été, et un ras-le-bol de ne pas faire un bon chiffre d’affaires. » Dans sa cordonnerie L’Emile Pompe, rue Emile Jamais à Nîmes, son gérant, Olivier Sébastien dit stop. Le cordonnier observe chaque année le même phénomène : une forte affluence à la rentrée et en hiver, tandis qu’au printemps, la clientèle se fait rare mettant en danger le commerce. Les chaussures, laissées au placard pendant les beaux jours, réapparaissent soudainement en urgence. Soudain, l’artisan a le sentiment d’être sous l’eau. « Ça a toujours été comme ça. », déplore-t-il. « Sauf que je fais sans doute partie d’une génération qui en a marre. »
Profiter d’un service de qualité toute l’année
Face à ces épisodes de stress et d’incertitude il y a cinq ans, il lance Le Printemps des Cordonneries. Le concept est simple : inciter les clients à anticiper les périodes chargées et à déposer leurs chaussures avant l’été. Portée par la Fédération Française de la Cordonnerie Multiservice (FFCM), cette campagne nationale vise à lisser l’activité sur l’année.« C’est simple, et tout le monde est gagnant. », explique Olivier Sébastien. Anticiper permettrait notamment de réduire les délais et d’assurer un service de qualité en continu. Lancée le vendredi 20 mars, l’édition 2026 dépasse les frontières françaises. Grâce à « la magie » des réseaux sociaux, les cordonniers québécois se joignent à l’initiative.
Pensée dès le mois d’août 2025, la campagne mobilise le commerçant 7j/7 et 24h/24. « Je dois même fermer la boutique certains jours pour travailler sur ce projet. », confie-t-il. Olivier Sébastien s’engage le plus possible, de la FFCM, à l’U2P (Union des entreprises de proximité), il est aussi élu dans l’opposition à la Chambre de métiers et de l’artisanat du Gard.
« Une boutique fermée, c’est une vie brisée. »
« Lorsque le commerçant se loupe une fois, on lui en veut à vie. » Au cœur du métier, il connaît les exigences de sa clientèle. Il appelle ainsi à davantage de compréhension en période de surcharge de travail. « Il s’agit là de tendre la main à l’artisan, avec un sourire et de la politesse. » Grave, il insiste : « Une boutique fermée, c’est une vie brisée. »
Fier de son métier, qu’il voit comme un travail collectif en constante évolution, il salue le travail des spécialistes des sneakers : « Ils font des choses que les cordonniers ne savent pas faire. » Pour Olivier Sébastien, la « plus belle récompense est de voir les cordonniers partir en vacances en juillet et en août. C’est une victoire. »








