Au tribunal d’Alès sur fond de trafic de stups, une "main tendue, mais une main de fer" pour deux jeunes au casier vierge

admin
Par
admin
4 min de lecture
#image_title

Deux hommes, interpellés sur un point de deal notoire du quartier des Cévennes, comparaissaient tous deux dans le box des prévenus, au tribunal d’Alès. C’était ce lundi 16 mars.

Drôle d’ambiance dans le box des prévenus, ce lundi 16 mars. D’un côté, un jeune de 20 ans qui « ne sait pas du tout ce (qu’il) fait ici », et de l’autre, un jeune de 19 ans qui avoue tout de suite « être un guetteur ». Interpellés sur un point de deal notoire de la capitale des Cévennes, rue du Lozère, ils ont dû s’expliquer devant Elodie Thebaud, présidente de l’audience.

« Venir en vacances à Alès, rue du Lozère ? »

Les policiers mettent en place un dispositif de surveillance, ce 13 mars au soir, au quartier des Cévennes. Ils observent deux jeunes effectuer des transactions, tourner autour du bâtiment « l’air inquiet« , rapporte Elodie Thebaud, la présidente de l’audience. Une vente méthodique « main-main » qui passe aussi par un guetteur allant chercher ses produits dans « un massif de ronces« .

Le premier prévenu s’indigne : « Je suis venu voir ma tante à Alès. Je suis en vacances. » Venir en vacances à Alès, rue du Lozère ?« , questionne, abasourdie, la présidente. Le prévenu répond « oui« . L’autre se met tout de suite à table : « Oui, j’assume d’être un guetteur, mais pas un vendeur. » « C’est pourtant vous que les policiers ont surpris dans le massif de ronces, un sac rempli de stupéfiants à la main« , soupire Elodie Thebaud.

Fait étonnant, les deux jeunes n’ont aucune condamnation à leurs casiers. Le premier est en CAP, dit être venu voir une proche pour fuir un contexte parental désagréable dans le Var. L’autre, par ailleurs originaire de Mauritanie, est en contrat « Jeunes Majeurs ». « C’est une chance« , observe la présidente de l’audience. « Je sais, je regrette. »

« Une main tendue, mais une main de fer »

Nazeleh Karimi, auditrice de justice sous la responsabilité du procureur de la République parle d’une « privatisation de l’espace public » par les trafiquants, d’un réseau de « drive de la drogue« . Au vu du casier vierge des deux prévenus, elle plaide pour « une main tendue, mais une main de fer« , et demande une peine de 12 mois d’emprisonnement intégralement assortis d’un sursis probatoire. « La prison peut être une porte d’entrée vers la récidive. »

En défense, Me Florence Mendez et Me Betty Noël partagent le constat de l’auditrice de justice. « Une peine clémente est sa seule chance dans la vie« , défend la première. « Le dossier manque de preuves matérielles. Seul l’un des trois policiers ayant dressé le procès-verbal a réellement vu la scène. » Elles demandent la relaxe.

Après délibérations, le tribunal d’Alès entre tout de même en voie de condamnation et suit quasiment à la règle les réquisitions du ministère public. Les deux jeunes hommes sont également frappés d’une interdiction de paraître à Alès pour 3 ans.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr