À la suite des élections municipales 2026, plusieurs maires sortants ont été battus et contraints de quitter leur fonction. Comment rebondir après la défaite et ce changement de vie ? Témoignages avec plusieurs d’entre-eux de l’Ouest Hérault.
Pour certains, les appels téléphoniques à pas d’heure, les inaugurations, les mariages le week-end ou encore les cérémonies de vœux, cela n’a duré que quelques années. Pour d’autres, comme Alain Castan, cela représente 18 ans de la vie d’un homme au service de son village, Montady. Arrivé en troisième position à l’issue du premier tour, le désormais ancien maire a préféré se retirer avant même le second scrutin.
« C’était fini, ce n’était pas la peine d’aller au casse-pipe, sourit-il. J’ai 76 ans, je vais enfin pouvoir prendre ma retraite. C’est sûr que les deux premiers jours après le vote on est encore déçu. Mais la reconnaissance en politique, ça n’existe pas. Et puis, il vaut mieux ça qu’une jambe cassée ! Comme ça, je vais pouvoir monter en Lozère voir ma fille plus souvent. »
« Il n’y a pas de sentiment de déception dans la mesure où le peuple s’exprime et il a toujours raison »
Telle est la règle implacable du suffrage universel, comme l’a également appris à ses dépens le maire sortant de Villeneuve-lès-Béziers, Fabrice Solans, battu par Aurélie Pace. « Quand on prend 71 % de rejet, la démocratie parle, c’est clair, net et sans bavure, décrit-il. Un travail avait été fait, qui n’a pas été jugé suffisant pour les habitants. Il n’y a pas de regrets à avoir. »
Un sentiment partagé par l’ancien premier édile de Vias, Jordan Dartier, qui n’a pas réussi à briguer un troisième mandat face à Jean-Philippe Cabassut. « Il n’y a pas de sentiment de déception dans la mesure où le peuple s’exprime et il a toujours raison, pense-t-il. On ne peut que l’accepter. Dès le lendemain, j’ai vidé mon bureau qui était chargé de 12 années de souvenirs. »
Pour d’autres, la pilule est beaucoup plus difficile à avaler. Comme c’est le cas de Catherine Combes (60 ans), battue par son ancien adjoint, Jean-François Madonia, à Saint-Chinian. « Ça fait encore très mal, je suis toujours très déçue, tente-t-elle de décrire, émue. Je me suis beaucoup investie pendant six ans, les gens ne se rendent pas compte de ce que c’est. Je suis élue depuis l’âge de 24 ans, mais maintenant, c’est terminé. Ça m’a dégoûté de la politique, j’arrête tout. »
« Maintenant, plus personne ne se plaint, c’est trop chouette… »
Avec cette nouvelle vie à (ré) embrasser, les battus de la politique locale ont chacun leur méthode. « Dès le mardi, j’ai retrouvé mon activité professionnelle à 200 %, avance Jordan Dartier, lui, l’avocat spécialisé en droit des affaires de 38 ans. J’ai toujours continué à exercer pendant mon mandat car, dès mon arrivée à la mairie en 2014, je savais que ça s’arrêterai un jour. La gestion des dossiers, les thématiques d’aménagement du territoire, tout cela va quand même me manquer. Mais le temps que je retrouve aujourd’hui, qui va me permettre de plus profiter des miens, ça l’emporte sur tout le reste. »
Arrivée à la tête de la mairie de Lignan-sur-Orb en cours de mandature, Catherine Montaron Sanmarti (60 ans) a, elle, été devancée par Anne-Marie Ferrandez. Elle n’entend pas changer ses habitudes pour autant. « Il y a tout de même 40 % des gens qui ont voté pour nous, je vais continuer à m’investir comme avant sauf que je ne suis plus maire, je suis élue locale, explique-t-elle. Je continue à rencontrer des gens, aller dans les associations, à l’ouverture des commerces. J’essayerai d’être à l’écoute de tout le monde. »
À lire aussi : Municipales 2026 à Lignan-sur-Orb : "Nous avons su écouter les Lignanais" assure Anne-Marie Ferrandez la nouvelle maire
« Je ne suis ni carriériste, ni un politique et je n’ai pas attendu d’être maire pour avoir une vie sociale, estime, pour sa part, Fabrice Solans, 55 ans. Je vais donner un coup de main à mon fils qui est dans le courtage d’assurances. Quand on a passé six ans de sa vie, H24 au service des administrés… On a surtout besoin d’un peu de repos, de penser à soi. Je vais pouvoir garder mon petit-fils le mercredi, par exemple. Et puis, maintenant, plus personne ne se plaint auprès de moi, c’est trop chouette… »
La fin de la vie politique ?
Hormis Alain Castan et Catherine Combes, tous ces maires sortants confirment qu’ils siégeront au conseil municipal, dirigé par leurs adversaires des municipales. « J’aurais aimé avoir un rendez-vous avec le nouveau maire pour faire la passation des dossiers, il ne l’a pas voulu, informe Jordan Dartier. Mais je n’ai pas la fibre et le caractère d’un opposant. Je serai simplement un défenseur de mon territoire, que ce soit au conseil ou ailleurs, si d’autres opportunités politiques se présentent dans les mois à venir. »
À lire aussi : "Je suis très fière" : un café avec Aurélie Pace, la nouvelle et énergique maire de Villeneuve-lès-Béziers
« J’ai quand même 650 administrés qui ont voté pour moi donc, vis-à-vis d’eux, je me dois d’honorer ce mandat dans l’opposition, abonde Fabrice Solans. Je resterai attentif aux futures décisions, notamment en termes d’urbanisme et des différents leviers de financements de la commune. »






