"Ce n’est pas très gentleman d’exhiber son sexe devant une policière" : un commerçant alésien condamné à plusieurs mois de prison pour injures et exhibition

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Appelé après l’accident de son fils, un quinquagénaire s’est lui-même retrouvé au cœur d’une intervention tendue avec les forces de l’ordre. Ivre, insultant et provocateur, il a été condamné ce lundi à une peine de prison avec sursis.

Ce mardi, au tribunal d’Alès, un commerçant alésien a dû répondre de ses actes répréhensibles devant la présidente de l’audience Hélène Biville. En cause, une interpellation musclée du mis en cause qui s’est soldée par l’exhibition de ses parties intimes au commissariat.

Une interpellation qui en appelle une autre

Décembre 2025 à Alès, une intervention de police va rapidement dégénérer. À l’origine, un accident de circulation : le fils du prévenu, fortement alcoolisé, perd le contrôle de son véhicule, une Subaru, vient se heurter un véhicule dans le rond-point de l’Hyper U, et appelle son père à l’aide. Mais lorsque ce dernier arrive sur place, il est lui-même sous l’emprise de l’alcool.

Les policiers déjà présents procèdent à son contrôle. Le quinquagénaire affiche un taux de 0,83 mg d’alcool par litre d’air expiré. Très vite, le ton monte. « Espèce de connards, laissez-moi fumer. Vous aussi vous buvez, tout le monde le sait« , aurait-il lancé aux fonctionnaires. L’interpellation se tend, au point que la présidente Hélène Biville évoque une intervention « musclée« . Au commissariat, l’homme chute dans les escaliers. Pour lui, il ne s’agit pas d’un effet de l’alcool : « Je suis tombé parce qu’un policier m’a poussé« , assure-t-il à la barre.

Des souvenirs parcellaires

Face au tribunal, le prévenu peine à se souvenir des faits. « Je ne pense pas avoir menacé… Mes paroles ont dépassé ma pensée« , concède-t-il, tout en reconnaissant avoir « dévissé » en voyant son fils menotté. La présidente, elle, s’appuie sur le procès-verbal pour rappeler des faits plus précis : insultes répétées, menaces, mais aussi un épisode d’exhibition au commissariat devant une fonctionnaire de police. « Je leur ai montré mes fesses en disant : ‘alors, on fait une fouille à corps ?’ « , lit-elle.

Autre élément du dossier : la découverte d’un couteau sur le prévenu. Là encore, l’explication se veut simple. « Comme tout bon Cévenol, c’est pour couper le saucisson… ce jour-là, c’était pour ouvrir des huîtres« , se défend-il, assurant ignorer l’interdiction de port d’arme sans motif légitime.

Les trois policiers, absents à l’audience, se constituent partie civile. Leur avocate, Me Carole Castelbou-Dourlens, dénonce un comportement inacceptable et l’absence d’excuses. « Il voit son fils menotté, il voit rouge et il pète les plombs« , analyse-t-elle, tout en regrettant la « mémoire sélective » du prévenu. « Je n’ai entendu aucun mot d’excuse. Les policiers ne sont pas là pour subir ça. L’alcool n’excuse pas tout« . Elle réclame 850 euros de dommages et intérêts par fonctionnaire.

« Ce n’est pas très ‘gentleman’ d’exhiber son sexe devant une fonctionnaire de police »

Abdelkrim Grini, procureur de la République d’Alès, replace l’affaire dans un contexte plus large. « Ce sont des dossiers que le tribunal voit tous les jours : des policiers pris pour cible alors qu’ils ne font que leur travail« , souligne-t-il. S’il comprend l’émotion du père, il rappelle les limites : « Voir rouge, oui. Mais après, ce n’est pas acceptable« . Et de pointer également le caractère déplacé de certains gestes : « Ce n’est pas très gentleman d’exhiber son sexe devant une fonctionnaire de police« . Il requiert huit mois de prison avec sursis, six mois de suspension de permis et 500 euros d’amende.

Pour la défense, Me Martin Faure décrit un homme sans histoire, au casier vierge, « réservé » et profondément affecté par la situation. « Il a eu peur pour son fils, il a perdu ses moyens« , plaide-t-il, évoquant des regrets bien réels mais difficiles à exprimer à l’audience. Il conteste également la sévérité des peines demandées, notamment la suspension du permis, soulignant les contraintes personnelles du prévenu, qui doit aider un proche malade.

Après en avoir délibéré, le tribunal prononce une peine légèrement inférieure aux réquisitions : six mois d’emprisonnement avec sursis, quatre mois de suspension de permis, et 750 euros d’amende. La constitution de partie civile est validée, avec 500 euros accordés à chacun des trois policiers.

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