L’annulation du festival Aniane en scènes provoque une vague de contestation dans le village. Face à un budget communal limité, la mairie défend une décision jugée nécessaire et raisonnable.
Le maire d’Aniane, Philippe Salasc, a annoncé au service culture mercredi 8 avril, qu’il ne reconduisait pas cette année le festival Aniane en scènes. Le lendemain, il faisait part de cette décision aux bénévoles. Une annonce qui a créé du mécontentement parmi eux, ainsi que parmi les artistes et les soutiens de l’évènement. En quelques jours, une pétition lancée par Mathias Guerrero Abras, habitant au village, a recueilli plus de 1 400 signatures : « Dans un village d’à peine 3 000 habitants, ce n’est pas anodin. Il y a un mouvement, il se passe quelque chose« . Il est surpris par l’ampleur, alors qu’il a « lancé ça comme ça, en mon nom, à trois heures du matin, lors d’une insomnie« .
Lui-même artiste, il se dit choqué par cette décision « sans concertation avec les anciens élus qui ont porté le festival pendant plusieurs années« . Cet arrêt d' »un claquement des doigts » d’un festival qui selon lui était devenu un rendez-vous important, notamment pour les artistes, « est la première décision politique de la mairie, et c’est grave ! » Il évacue la solution proposée de créer une association pour poursuivre l’évènement : « C’est rendre les individus responsables de la culture« .
Un budget communal contraint
Du côté de la municipalité, on justifie ce choix : « Notre capacité d’autofinancement est de 44 000 euros pour cette année. Le budget prévisionnel d’Aniane en scènes était de 76 850 € dont 43 850 € financés directement par la commune. Car je le répète, ce festival est porté à 100 % par la Ville. Une telle somme pour un jour et demi de manifestation, on a jugé que ce n’était pas raisonnable« , argumente le maire. Il relève aussi que « toutes associations confondues, on octroie au total 30 000 euros par an de subventions, pour des animations et des services qu’elles assurent à l’année« .
Autre difficulté pointée par Philippe Salasc : pour obtenir des subventions du conseil départemental et du conseil régional, il faut obligatoirement voter le budget culture avant celui de la ville. « On n’a aucune visibilité. En plus, les dotations de l’État ne bougeront pas, alors que nos frais augmentent : salaires, entretien, énergies et surtout carburants… Ma responsabilité, c’est l’équilibre budgétaire de la commune ».
Une édition 2025 déjà amputée
L’an dernier, Aniane en Scènes avait déjà dû revoir sa copie : la diminution des aides institutionnelles, l’arrêt du prêt (gratuit) de matériel scénique par la régie départementale avait abouti à un "hors-série" sur un jour et demi. Un mécénat d’entreprise (qui ne sera pas reconduit cette année) et un financement participatif avaient contribué à son maintien.
Cette année, plusieurs festivals ont été annulés en Occitanie pour les mêmes raisons budgétaires. Plus près du territoire, le Festival Hortus Live du Pic Saint-Loup ou Salagou en scène à Clermont-l’Hérault ont annoncé "faire une pause" en attendant 2027
« Pas de renoncement »
Pour le maire, il ne s’agit pas d’un renoncement. Les expositions dans la chapelle des Pénitents auront lieu jusqu’en octobre, et une réflexion est menée pour assurer des animations culturelles, peut-être plus modestes, mais réparties sur l’année. « Je ne fais pas ça de gaîté de cœur, au contraire« , assure Philippe Salasc, « mais je comprends très bien la déception des bénévoles. C’est pour ça qu’on les a réunis jeudi (9 avril, NDLR) pour les informer. Nous leur avons proposé de créer une association, parce que c’est plus facile d’aller chercher les subventions, trouver du mécénat, croiser plusieurs formes de financements. On s’est engagé à mettre à disposition du matériel scénique, créer avec le service culture l’affiche et le dépliant. On s’est même engagé à leur laisser le nom Aniane en scènes ».
À lire aussi : Spectacles, concert, déambulation et inauguration pour le festival Aniane en Scènes.
De plus, le maire souligne que dès le 3 juillet, les objectifs seront braqués sur la commune, avec la réouverture de l’abbaye d’Aniane et une multitude d’animations, d’expositions, de concerts. « C’est conduit par la CCVH, qui a investi 2,5 millions d’euros pour la restauration de la chapelle. C’est donc financé par les 28 communes. La solidarité intercommunale fait qu’à Aniane, on n’est pas les plus mal lotis ! »











