Si les foires ont longtemps été de véritables poumons économiques, les modalités changent. Aujourd’hui, de nombreux commerçants, présents à la foire de Béziers jusqu'au dimanche 29 mars, investissent ces moments pour s’offrir de la visibilité et partager des moments conviviaux.
Pour les commerçants, entre les coûts de location d’un stand et les éventuels frais de transport et d’hébergement, s’installer quelques jours sur une foire, représente un réel investissement. Cette année, ils sont 200 à avoir misé sur celle de Béziers. Est-ce une véritable opportunité de réaliser des ventes ou un moyen d’obtenir de la visibilité ? Selon les produits vendus et les modèles économiques de chacun, les réponses divergentes.
Une vitrine
Les bouteilles de vin de Jean-Pascal Pelagatti, à la tête du domaine Les Graviers, situé à Béziers, sont visibles un peu partout dans le parc des expositions : à l’espace paillote, à celui de détente et sur les tables de nombreux exposants. Entre les murs du parc des expositions, la marque du domaine est visible. « Je vends aux particuliers mais je travaille beaucoup avec les exposants », explique le vigneron. Quoi qu’il en soit, le but pour lui n’est pas tant la vente : « C’est surtout une vitrine. Il faut quand même amortir le coût du stand, mais je ne m’attends pas à faire mon chiffre d’affaires de l’année ici. L’aspect plaisir est important, c’est une foire à taille humaine, il y a une bonne ambiance et tout le monde s’entend bien ».
Une perspective, en partie, partagée par Karine et Laurent Poujol, couple à la tête de Kheops Camping-Car. Leur stand, apparaît entre les camping-cars et vans qu’ils exposent portes ouvertes. « Pour notre groupe, la première activité, c’est la vente de Mobile-home®, depuis un an et demi, nous développons une nouvelle branche : vendre des camping-cars et de vans. C’est notre deuxième année sur la foire avec les véhicules. L’objectif est de faire connaître notre nouvelle activité et d’actualiser notre image de marque », explique Karine Poujol.
L’impact sur le chiffre d’affaires est faible. L’année dernière, ils n’ont réalisé qu’une vente, « cela correspondait à nos projections », cette année « notre objectif est de réaliser entre une et cinq opérations ». Mais « l’investissement est calculé », assurent les chefs d’entreprise. « Sur le grand Béziers, nous ne sommes que deux revendeurs véhicules de loisir, c’est important d’être visible durant la foire », conclut Karine Poujol.
« Je viens ici depuis vingt ans, les clients m’attendent »
Jean-Marie Legrand est ce qu’on appelle un vieux de la vieille. Voilà trente ans qu’il arpente les foires, « dans toute la France » et vingt ans qu’il vient à celle de Béziers. Depuis une dizaine d’années, il s’est spécialisé dans la vente d’ustensile de cuisine, et réalise des pommes d’amour pour montrer les facultés antiadhésives de ses poêles.
Si le démonstrateur affirme faire un « métier passion », les foires et salons sont néanmoins la colonne vertébrale de son modèle économique : il est ici pour vendre. « Je réalise 60 % de mon chiffre d’affaires depuis mon stand et 40 % sur internet. J’ai été obligé de me mettre à la vente en ligne pendant le Covid », détaille le chef d’entreprise. « À Béziers je fais de belles ventes, j’ai des clients réguliers qui m’attendent et reviennent me voir », se réjouit-il. Il poursuit : « C’est une belle foire à taille humaine, avec une bonne ambiance. Je pourrais arrêter, prendre ma retraite, mais j’adore ça : le monde, l’agitation, le bruit ! »
La famille Baldassarre ramène des bouts d’Italie
Sur leur étal, situé hall 3, tout attire : le cochon de lait rôti à la broche, les montagnes de fromages et de charcuteries italiennes – dont un guanciale très recommandable –, les pâtes fraîches et surtout, l’énergie débordante de Marco et Davide Baldassarre. Les deux frères ont posé leurs valises en France, il y a 14 ans, puis ont fait venir père et mère. En quelques années ils se sont imposés dans l’Hérault comme de gros importateurs de produits italiens. "Nous ne travaillons qu’avec de petits producteurs, partout en Italie, nous achetons directement la marchandise pour la revendre ici, dans notre boutique à Montpellier et sur les 36 marchés hebdomadaires que nous faisons", explique Marco.
Pour répondre à sa thématique italienne, la foire les a contactés directement. "Je n’étais jamais venu à la foire de Béziers mais quand ils nous ont proposé de venir, je me suis dit allez ! Ce n’est pas pour l’argent qu’on va gagner, même si, bien sûr, on ne veut pas en perdre. Le but c’est de s’amuser et de se régaler", s’enthousiasme Marco avant d’offrir un verre à la petite assemblée.






