Préserver la ressource en eau, moins polluer, donner la priorité au circuit court… L’hôtellerie de plein air change peu à peu son modèle, économique et environnemental, pour s’adapter aux défis climatiques, d’aujourd’hui et de demain. En ce début de saison, les établissements du Biterrois se préparent. Aux Sablons, à Portiragnes-Plage, des maraîchers travaillent en agriculture bio-intensive pour les deux restaurants.
Par chance, la météo de ce lundi 23 mars n’est pas un obstacle pour Romain, jeune maraîcher s’occupant du potager professionnel du camping cinq étoiles des Sablons Sunêlia, à Portiragnes-Plage. L’ouverture de l’établissement a lieu quatre jours plus tard (il a ouvert ce vendredi 27 mars, NDLR), mais les clients des deux restaurants du camping auxquels sont destinés les futurs légumes et plantes aromatiques devront encore patienter, période de plantation oblige.
Après avoir biné la terre, Romain y plante des plants de choux, salade, chou-rave et graines de fève. Bienvenue dans ce très grand jardin plutôt “extraordinaire” nommé La Ferme Saint-André, sous la responsabilité de Paul Laurens.
Un espace « maraîchage professionnel », un jardin pédagogique, une « forêt jardin », une mini-ferme…
Située à la pointe du camping, après les différents quartiers de chalets et d’habitations de loisirs, elle est composée de plusieurs grands espaces.
Tout d’abord, la partie “maraîchage professionnel” gérée par l’équipe de Jérémy (dont fait partie Romain) à laquelle n’ont pas accès les campeurs ; et un second, un très grand espace dédié à la nature, ouvert aux clients, qui comprend une “forêt jardin”, un jardin potager pédagogique, un espace d’animations et une mini-ferme avec de nombreux animaux.
Dans le premier, les maraîchers travaillent depuis décembre. « Cet hiver, notre équipe a revu son modèle de maraîchage professionnel, déjà en permaculture, afin de l’améliorer et de travailler en maraîchage bio-intensif. Pour ce faire, nous avons travaillé en collaboration avec la ferme du Bec Hellouin qui est aussi une école de permaculture », explique Paul Laurens.
Les parcelles ont été remises à nu, puis retravaillées avec l’ajout de 400 tonnes de compost produit en partie sur le camping à partir des biodéchets des restaurants, du fumier des animaux de la mini-ferme et des tailles des végétaux des Sablons.
Les jardiniers ont ensuite posé les passe-pieds en broyat. Les plantations ont pu débuter dès ce mois de mars. Elles continueront la semaine prochaine pour les légumes plus tardifs comme les tomates, les courgettes, les aubergines ou les poivrons.
« Notre concept s’appuie sur la citation de Lavoisier “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”. Le fumier enrichit la terre, qui produit des légumes, qui se retrouvent dans l’assiette, dont les déchets produiront du fumier, tout comme ceux issus des élagages et des tailles, etc. »
Un rendement multiplié par trois
Il poursuit : « Sans compter sur le nouveau modèle permacole que nous avons adopté : sur un même espace, nous aurons un rendement multiplié par trois et des consommations d’eau toujours plus basses. »
Comment ? Grâce aux principes de la permaculture. Chaque végétal a son rôle et aide son voisin. Par exemple, on plante de la courge à côté d’un tournesol, avec, au pied de la tige, des graines de pois à rame. Ce dernier, qui capte l’azote, améliore la qualité des sols et se sert du tournesol comme tuteur. La courge, dont les larges feuilles s’étendent sur le sol, sert de couvre-sol pour garder humidité et fraîcheur. Ainsi, les végétaux s’entraident. “Heureux”, ils poussent sans difficulté. « Le tout, bien évidemment, sans intrants chimiques. »
Le camping Les Sablons, labellisé “LeadingCamping” en 2026
Haut lieu de villégiature proposant 600 habitations de loisirs et chalets, le camping Les Salons Sunêlia de Portiragnes-Plage est labellisé, depuis le mois de janvier, “LeadingCamping” pour ses prestations haut de gamme.
"Nous sommes 49 en Europe, dont 8 en France", indique Thierry Poirot, le gérant. Outre ses hébergements, ce camping, qui s’étend sur 20 hectares, abrite aussi la Ferme Saint-André, un mini-club, deux points de restauration, une salle de cardio-musculation, des terrains de sport (foot, padel, tennis…), un parc aquatique avec espace balnéo de 400 m²…







