Un « installateur et producteur d’énergies renouvelables » de Saint-Brieuc a demandé à la cour administrative d’appel, ce jeudi 5 mars 2026, de censurer le veto opposé par le préfet des Côtes-d’Armor à l’implantation d’un parc éolien à Saint-Jean-de-Kerdaniel (Côtes-d’Armor).
Initiatives et Énergies Locales (IEL) Exploitation 65 – filiale du groupe éponyme – avait en fait demandé aux services de l’État une « autorisation environnementale » pour implanter ces trois éoliennes de « 150 à 165 mètres de haut » au sein du massif forestier de Malaunay, près du parc éolien déjà en fonctionnement de Ploumagoar.
Mais le préfet des Côtes-d’Armor s’était inquiété des « atteintes à la protection de la nature et de l’environnement » : implanté dans une « zone forestière sensible », le projet comporterait des « risques pour la biodiversité des milieux forestiers », déjà en « grande vulnérabilité ».
« Ce projet, cumulé au parc éolien de Malaunay déjà existant, constituerait avec un total de six éoliennes un écran de 600 mètres de large pour l’avifaune », argumentait le représentant de l’État.
IEL affirme pourtant avoir prévu un « bridage » de ses éoliennes identique à celui du parc éolien voisin ; or, celui-ci est « efficace » puisqu’« aucun décès de chiroptères » [chauve-souris, ndlr] n’y a été « recensé ».
« L’un des plus grands massifs forestiers de la couronne guingampaise »
Mais « l’arrêt des machines pour réduire l’impact sur les chiroptères n’a pas démontré son efficacité sur les oiseaux », objectait l’arrêté pris le 5 février 2024 par le préfet des Côtes-d’Armor. « Il est très regrettable qu’aucune mention n’ait été faite à la carte d’alerte des risques éoliens terrestres pour les chauves-souris » dans ce secteur qui « semble être à risque fort, voire excessif », avait déjà mis en garde le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Bretagne (CSRPNB) avant de rendre un « avis défavorable » à ce projet éolien.
« La forêt de Malaunay, qui couvre près d’un quart de la superficie de son territoire, est l’un des plus grands massifs forestiers de la couronne guingampaise », alertait également la Mission régionale d’Autorité environnementale (MRAE) de Bretagne. « Celui-ci joue un rôle important pour la biodiversité, déjà impactée par les voies de communication à l’image du territoire. Ses fonctions écologiques doivent être préservées et renforcées. »
« Le projet en litige présente des dangers pour les espèces présentes », a confirmé ce jeudi 5 mars 2026 la rapporteure publique lors de l’audience devant la cour administrative d’appel de Nantes. « Les mesures de compensation prévues ne permettent pas de limiter les atteintes des espèces identifiées. » Le défrichage de « 112 m²» de bois, dans un contexte local de « rareté des milieux forestiers », pose aussi problème à cette magistrate dont les avis sont souvent suivis par les juges : ils représentent moins de « 15 % de la surface régionale ».
« Les porteurs du projet commencent à se demander ce qu’il faudrait pour démontrer cette absence d’impact », a donc soupiré l’avocate d’IEL après que la rapporteure publique a conclu au rejet de sa requête. La cour administrative d’appel de Nantes, qui a mis sa décision en délibéré, rendra son arrêt d’ici trois semaines.
KL et GF (PressPepper)
XX XX XX/a>.






