Alors qu’un nouvel arrêté préfectoral vise son site mosellan, Cyclamen cristallise les craintes du collectif millavois qui appelle à une nouvelle mobilisation ce samedi 25 avril.
Un optimisme de courte durée. Alors que Cyclamen, spécialiste du recyclage de métaux non ferreux, tente de s’implanter sur la ZAC Viaduc 2 à Millau, le débat reste vif entre l’opérateur satisfait de la récente levée des mises en demeure pour son site mosellan et le collectif Vigilance Environnement Millau (VEM).
« Permettez-nous de ne pas partager cet enthousiasme », peut-on lire en effet dans son dernier communiqué, invitant la population à une nouvelle mobilisation, samedi 25 avril à Millau.
Pour l’association, cette levée partielle des mises en demeure, présentée comme un succès par Cyclamen, ne doit pas faire illusion. « Nous refusons que des levées partielles soient présentées comme une victoire. Des non-conformités majeures demeurent », explique le porte-parolat du collectif sud-aveyronnais, rappelant que l’impact sanitaire des poussières émises par l’usine n’a toujours pas reçu de réponse officielle.
« Un territoire incompatible avec cette industrie »
Pire encore, le 9 avril 2026, soit seulement deux semaines après cette annonce, la préfecture de la Moselle a également imposé un nouvel arrêté de prescriptions environnementales, exigeant des analyses complémentaires sur les émissions atmosphériques. « Le champagne a été sabré un peu vite », ironise VEM, soulignant que le dossier est loin d’être clos.
« Depuis quasiment le début de son activité, Cyclamen SAS n’a jamais démontré une conformité totale à ses engagements », peut-on lire dans ce même communiqué. « On est vraiment loin du bon élève », développe VEM qui rappelant que l’administration a dû suivre l’usine mosellane, contrôler, relancer et prescrire à plusieurs reprises. Pour le collectif, le constat est sans appel : « Cyclamen est exactement ce genre de profil qui appelle à la vigilance. »
Cyclamen sous surveillance en Moselle
La préfecture de Moselle a émis un nouvel arrêté imposant à l’usine Cyclamen (Éguelshardt) de limiter ses émissions de poussières à l’extérieur du site. Cette mesure fait suite à deux mises en demeure en 2023 et 2025. Des riverains auraient rapporté des dépôts de poussières sur leurs habitations et des symptômes (saignements de nez, caillots sanguins) chez leurs proches. Comme le rappelle Ici Lorraine, d’anciens salariés auraient également décrit des conditions de travail exposées à des poussières abondantes, avec des problèmes respiratoires et des masques inadaptés. La préfecture exige désormais une modification du système de rejet et des analyses des émissions sous trois mois. Une réunion publique est organisée le 28 mai par le collectif Bitcherland’hair.
Emploi vs environnement : un débat toujours vif
« Un industriel qui exploite d’abord, se conforme sous contrainte ensuite, puis renégocie encore lorsque les délais sont dépassés n’a pas sa place ici ni ailleurs », clame VEM qui persiste à dire « Non à Cyclamen […] Parce que notre territoire est précieux et mérite d’être respecté et protégé. »
Nonobstant l’autorisation par la préfecture de l’Aveyron, en date du 12 novembre 2025, de démarrage de l’activité dans la zone d’activité Millau-Viaduc 2, où des conclusions d’un audit citoyen plutôt favorable à une implantation sud-aveyronnaise, VEM persiste. « Nous ne sommes pas contre l’industrie, mais nous exigeons des garanties sur l’impact réel de ce projet », expliquent-ils. Sur la base de la circulaire ministérielle du 31 mars 2026, le collectif va même plus loin.
« Exiger une conformité dès l’origine »
« Si cette circulaire ne concerne que l’instruction des autorisations environnementales – qui vaudraient pour Cyclamen au regard de son activité et de son passif, plutôt qu’un simple enregistrement – elle traduit une orientation claire de l’État », affirme-t-il.
Celle de ne plus accompagner des projets fragiles au fil de l’eau, « mais d’exiger des industriels une maturité et une conformité dès l’origine puis de les écarter si des fragilités sont constatées ». Même si cela signifie dire non à un projet qui, malgré ses promesses, n’a pas su les convaincre.
Marche citoyenne
Face au projet Cyclamen, qui impose selon ses membres une logique de "rattrapages" sous contrainte sans garanties solides, VEM appelle à une grande mobilisation, samedi 25 avril, devant la sous-préfecture à Millau. "Nous ne sommes pas contre l’industrie, mais pour notre territoire, notre cadre de vie et notre avenir", affirme-t-il. L’enjeu ? Exiger des projets irréprochables pour préserver un écosystème précieux et le transmettre intact.






