Grégory Viguié est historien généalogiste professionnel, basé à Nîmes. L’écrivain a sorti son 12e livre, Si Orsan m’était conté, en janvier dernier.
Vous avez publié votre livre Si Orsan m’était conté en janvier dernier. De quoi parle-t-il ?
Le livre se divise en deux parties. Le début raconte l’Histoire d’Orsan, de la période de l’Antiquité jusqu’aux années 60. Dans les villages, la période contemporaine est souvent moins riche. La seconde partie, c’est un ensemble d’interviews. J’ai rencontré une quinzaine d’habitants, notamment le maire et son prédécesseur, des responsables associatifs ou encore la doyenne, qui avait vécu la libération, et qui est malheureusement décédée avant la sortie du livre… Ils m’ont raconté leur Orsan et comment ils avaient vécu leur village.
Pourquoi avoir décidé d’écrire un livre sur Orsan ?
C’est mon ami Vincent Champetier (NDLR : président du Collectif, organisme qui regroupe les associations d’entreprises et commerçants du Gard rhodanien, il habite à Orsan) qui me l’a demandé. On s’est connu il y a plus de 35 ans sur les bancs du stade des Costières du Nîmes Olympique. Il y a trois ans, il m’a dit qu’il voulait que je l’aide à écrire un livre sur l’histoire de son village et ses traditions. En tant qu’historien-généalogiste, j’avais déjà réalisé plusieurs ouvrages sur des histoires communales.
« Je me suis déplacé jusqu’à Vincennes »
Quelle est la période la plus riche de l’histoire d’Orsan ?
Il y a des hauts et des bas avec des périodes très riches et d’autres moins. D’autant plus que c’est un petit village et que le temps de recherche est très long. J’ai pu retrouver des écrits sur le contexte de la peste au XIVe siècle, les guerres de Religion au XVIe, l’histoire romaine…
Comment avez-vous recoupé toutes les informations ?
Il s’agit essentiellement d’archives. Orsan a la chance d’avoir eu des nobles au Moyen Âge, donc il y a des traces écrites de cette période. Ce n’est pas le cas de toutes les petites communes. Ensuite, j’ai étudié les archives départementales. Je me suis même déplacé jusqu’à Vincennes (Val-de-Marne), car j’ai retrouvé la trace d’un ancien officier de la Première Guerre mondiale. Il faut souvent se déplacer car les archives sont loin d’être toutes numérisées.
« Tous les passionnés d’histoire peuvent apprécier ce livre »
Quelles histoires vous ont le plus marquées ?
Il y a eu beaucoup de nobles qui ont eu un rôle essentiel dans l’histoire du village. Mais la rencontre avec les habitants, notamment madame Marignane, c’est le plus marquant. Elle a témoigné ses souvenirs de la Libération. Quand elle se cachait dans les champs de betterave pour ne pas se faire voir par les Allemands. Ce sont des histoires qui semblent hors du temps, surtout que les personnes qui ont vécu cette période sont de moins en moins nombreuses…
Ce livre s’adresse uniquement aux Orsanais ?
Tous les passionnés d’histoire peuvent l’apprécier, même ceux qui vivent dans le Nord. Les nouveaux habitants du village peuvent découvrir le passif de leur commune. Je pense aussi que ça plaît aux habitants de toujours car ils peuvent s’identifier aux témoignages. On se rend compte que dans la grande histoire d’Orsan, il y a une petite partie de l’Histoire de France.








