L’intersyndicale hospitalière a remis en place ses banderoles sur le rond-point du Mandarous pour rappeler les difficultés du service de physiatrie à Millau.
En ce début d’année, le service de psychiatrie de Millau a fait l’objet d’une attention particulière. Le départ à la retraite du seul psychiatre titulaire en poste et l’absence de successeur ont posé beaucoup de questions au centre hospitalier millavois pour assurer la continuité du suivi et des soins sur le secteur. Les soignants, accompagnés par l’intersyndicale ont multiplié les actions pour tenter de sauver cette unité et faire en sorte qu’elle ne soit pas délocalisée à Sainte-Marie, dans le privé, ou à Montpellier.
Une manifestation devant la mairie de Millau a même réuni plus de 600 personnes en soutien au service le 5 mars dernier.« Deux ans qu’on alerte, deux ans d’angoisse. Où est le pilote dans l’avion ?« , regrettait une soignante lors de ce rassemblement. Benoit Durand, le directeur de l’hôpital par intérim a regretté devant les soignants la pénurie de médecins et les difficultés de recrutement qu’il avait dans ce cas précis. « On a des médecins, mais ils n’ont pas donné suite aux entretiens, affirmait-il. Je veux garder le cinquième secteur dans le public. On a Sainte-Marie et le CHU avec qui travailler, les deux sont notre avenir et on essaie de se battre là-dessus. »
Des plannings à affiner
Depuis, un rendez-vous a eu lieu avec l’ARS, malgré le départ de son directeur Didier Jaffre, pour une promotion au cabinet du ministère de la Santé. Et la situation semble s’être améliorée, bien que les perspectives ne soient pas tout à fait celles espérées. « Le planning de mai et juin est quasi bouclé », assurait Emmanuelle Gazel, alors maire, deux jours après la manifestation.
« Toutes les lignes ne sont pas occupées mais on progresse »
Malgré tout, les banderoles et les affichages sont revenus sur le Mandarous ce jeudi 26 mars. « Il y a des semaines qui sont comblées et des week-ends, mais il reste des trous dans la raquette », affirme Corine Mora, représentante de la CGT dans l’intersyndicale hospitalière. Des solutions ont en effet été trouvées avec le CHU de Montpellier, pour faire en sorte que le service ne ferme pas après le 1er mai, date du départ en retraite de Jean-Dominique Gonzales, le chef de service. « On continue de maintenir la pression, affirme Corine Mora. Il y a encore des trous dans la raquette et ils ne sont pas tous bouchés. » La direction reste mobilisée sur ce dossier. « On avance, on continue de boucher le calendrier, confirme Benoit Durand. Toutes les lignes ne sont pas occupées mais on progresse. »
L’arrivée d’un médecin est prévue pour le mois d’octobre ou septembre. Ce dernier est étranger et il est en attente du numéro RPPS (Répertoire Partagé des Professionnels de santé, NDLR), qui lui permettra d’exercer pleinement à Millau, en toute légalité. En attendant, pas question de faire tomber dans l’oubli la situation de ce service au grand public. D’où la remise en place de cet affichage, victime de la mauvaise météo de ces dernières semaines. « On a fait feu de tout bois, on a eu des touches rien n’est pour autant signé aujourd’hui, ajoute le directeur. On progresse même s’il reste de grandes incertitudes. »






