deux hommes face à la justice

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Le tribunal d’Argentan, dans l’Orne, a prononcé deux ans de prison dont un avec sursis à l’encontre de deux hommes, pour détention de fichiers pédopornographiques.
L’enquête qui a conduit à leur arrestation a été lancée en 2017 sous faux profil a permis aux gendarmes d’identifier un utilisateur actif sur le site « Coco » cherchant à obtenir des images d’enfants.
Malgré des précautions techniques, deux hommes d’Argentan, âgés de 50 et 62 ans, ont été interpellés en avril 2024.
Les perquisitions ont mis au jour 14 500 fichiers pédopornographiques, dont certains échangés en ligne. À l’audience, les prévenus ont reconnu les faits, évoquant une addiction et admettant qu’ils auraient continué sans intervention judiciaire.
Le procureur a dénoncé la gravité des actes et requis trois ans de prison dont deux avec sursis, accompagnés d’un suivi strict et de nombreuses interdictions. La défense a appelé à la clémence, tout en reconnaissant la nécessité d’une sanction.

Le procureur : « Il a tenté d’extorquer des photos de son fils nu »

Le 14 novembre 2023, agissant dans le cadre d’une enquête ouverte sous un faux profil, les gendarmes entrent en discussion sur le site « Coco » avec un pseudo « Papa-Mathéo 9 ». Une première discussion qui va durer presque trois heures. Ce « Papa-Mathéo 9 » insiste franchement sur le « petit garçon » de l’enquêteur. Il veut voir ses sous-vêtements sales, le voir tout nu.

« Il a tenté d’extorquer des photos de son fils nu », soulignait le procureur de la République, le menaçant de ne plus lui envoyer ce genre de photos et vidéos. Il lui aurait même confié des actes sexuels, des viols avec des petits enfants de type asiatique en région parisienne.

Bien qu’il utilisât un VPN pour se connecter, les gendarmes parviendront quand même à identifier « Papa-Mathéo 9 », un Argentanais de 50 ans qui partageait, depuis plusieurs années, sa passion avec son conjoint, un homme de 62 ans. Ils seront interpellés et placés en garde à vue et finiront par reconnaître les faits.

14 500 fichiers pédopornographiques

Lors des perquisitions, il sera découvert un grand nombre de supports numériques. Il aura fallu 78 heures de travail aux enquêteurs, rien que pour l’exploitation de tous ces supports. 14 500 fichiers pédopornographiques seront découverts. Il apparaît également que plusieurs fichiers ont été échangés et envoyés à d’autres pseudos.

Sébastien, le plus jeune, déjà connu de la justice pour avoir été condamné en 2005 pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, a été placé en détention provisoire avant de bénéficier d’un placement sous contrôle judiciaire, comme son conjoint Jean.

Ils se sont rencontrés par le biais d’internet avant de se rendre compte qu’ils partageaient le même centre d’intérêt pour les images et vidéos pédopornographiques de petits garçons.

Sébastien avoue à la barre du tribunal qu’il est attiré par les garçons, de bébé à garçonnets de 12 ans avec des petits sexes de 11 cm et des petits testicules. Il évoque une addiction, « c’est comme une drogue » et depuis 2000, « Sur le site coco.fr, c’était tous les jours ». Il évoque un plaisir sur le moment et après une culpabilité d’avoir fait du mal à un enfant. Il avoue que cela l’empêchait un nouveau passage à l’acte. « Je le regrette aujourd’hui. Ma psychologue m’a aidé à prendre conscience de tout ça. Ces enfants étaient forcés à faire ça » termine le prévenu.

Regarder ce genre de photos et vidéos « les excitait »

Jean, à voix basse, tout juste audible, avoue que lui est intéressé par les garçons de 7 à 18 ans. Regarder ce genre de photos et vidéos « les excitait ». « Aujourd’hui, c’est fini, je ne discute qu’avec des hommes. Je me rends compte que lorsque je regardais une vidéo d’un enfant qui se faisait violer, j’y participais indirectement. » Il affirme qu’il n’a jamais fait de mal à un enfant, même si a une époque il aurait pu, sur ce style de réseau, un père proposait son fils en pâture.

Il explique que sur « Coco », plus on se connecte plus on a de droit. Des absences trop longues font descendre dans la hiérarchie et obligent à payer pour consulter.

Ils reconnaissent que malgré l’interdit, s’il n’y avait pas eu l’intervention de la justice, ils auraient probablement continué. Ils sont aujourd’hui séparés, et même si Sébastien aimait reprendre une relation, Jean estime que cela serait dangereux et les conduirait à replonger dans ces consultations.

Le procureur de la République évoque « une véritable industrie du viol » et n’adhère pas du tout aux explications des prévenus qui évoquent un exutoire, un moyen de « purger leurs pulsions ». « Non, les personnes qui consultent en ligne ce genre d’enregistrements ne sont pas que des voyeurs ou des petits curieux. »

Le magistrat, la voix chargée d’émotion, avoue que ce qu’il a vu dans ce dossier l’a répugné, l’a révolté à en avoir la nausée, « une horreur d’enfants atrocement violés pour le plaisir de ce genre d’individu. Des enfants marqués à vie ».

Pour que tout le monde prenne conscience de la gravité des faits, il a donné lecture du contenu des scellés. Des scènes abjectes avec des enfants jeunes, voire très jeunes, des enfants victimes.

En répression, il a requis une peine identique pour les deux prévenus, à savoir trois ans de prison dont deux années assorties d’un sursis simple, dont la partie ferme pourra être effectuée sous bracelet électronique, outre une amende de 3 000 € chacun.

« Ils n’ont pas hésité à mettre les moyens pour leur plaisir » : face à ce constat, la justice a tranché. La sentence prévoit un suivi socio-judiciaire sur dix ans, avec une menace de deux ans de prison s’ils ne respectent pas leurs obligations. Le verdict est assorti de contraintes lourdes : soins obligatoires, interdiction de se voir ou d’approcher des mineurs, et bannissement des lieux et activités impliquant de jeunes publics. S’y ajoutent six mois d’interdiction de connexion aux sites web incriminés, le règlement des dettes judiciaires et le fichage définitif au FIJAIS.

Une défense difficile, pour les deux avocates

Les deux avocates, maman et même grand-mère de petits-enfants du même âge, ont avoué une défense difficile, mais ont demandé au tribunal de tenir compte de la personnalité de leur client, et de faire preuve de clémence. « Ils savent qu’ils doivent rendre des comptes, ils doivent naturellement payer leur dette à la société » terminera l’une d’elles.

Sébastien et Jean ont finalement été condamnés à une peine de deux ans de prison dont une année assortie d’un sursis simple, la partie ferme pouvant être effectuée sous bracelet électronique.

De même, le tribunal a ordonné un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans ou trois ans de prison en cas de non-exécution, avec une injonction de soins, l’interdiction d’entrer en contact entre eux, avec des mineurs, d’exercer toutes activités en lien avec des mineurs, de payer les sommes dues au trésor public outre leur inscription au FIJAS.

La présidente les a informés qu’ils avaient avec le procureur de la République, dix jours pour faire appel de ce jugement.

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