Israël a multiplié les frappes au Liban, mercredi. L’Iran estime que l’accord avec les États-Unis n’a "aucun sens" au vu des "violations" observées. Des médias iraniens annoncent la fermeture du détroit d’Ormuz.
La question reste posée. L’accord de cessez-le-feu de deux semaines noué entre les États-Unis et l’Iran pourra-t-il mettre un terme à un conflit qui a fait des milliers de morts au Moyen-Orient depuis le 28 février et provoqué des perturbations inédites dans les approvisionnements énergétiques dans le monde ?
Donald Trump a annoncé re rebondissement dans la nuit de mardi à mercredi, peu avant l’expiration de l’ultimatum qu’il avait fixé, conditionnant le bon respect de cette trêve à la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz. Mais son allié israélien a pilonné, mercredi, avec une violence rare, la ville de Beyrouth, douchant l’espoir d’un retour rapide de la paix au Moyen-Orient, alors que des médias iraniens annoncent une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz, ajoutant un peu plus à la confusion.
Qui a gagné cette guerre ?
Donald Trump a revendiqué, jeudi, auprès de l’AFP une « victoire complète et totale », arguant que Washington avait rempli tous ses objectifs militaires.
« L’ennemi a subi une défaite historique, écrasante et indéniable », s’est félicité, lui aussi, le Conseil suprême iranien de sécurité nationale. Alors qui dit vrai ?
Une grande partie des capacités militaires iraniennes ont été annihilées. Mais le conflit n’a pas permis d’éradiquer le stock d’uranium enrichi de l’Iran ni ses capacités à frapper les États du Golfe avec des missiles et des drones.
Le régime théocratique, secoué en début d’année par une contestation populaire, est toujours en place malgré l’assassinat de plusieurs hauts dirigeants. Avec un glissement du pouvoir religieux vers un pouvoir sécuritaire encore plus autoritariste. La capacité iranienne à mettre la pression sur les marchés mondiaux grâce à son contrôle du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), pourrait, par ailleurs, bouleverser le paysage géopolitique du Moyen-Orient pendant plusieurs années.
Cet épisode pourrait, de plus, se transformer en un revers politique pour le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou qui a toujours érigé la chute des dirigeants iraniens comme objectif.
La trêve peut-elle tenir ?
Les Iraniens sont descendus, mercredi, dans les rues pour célébrer l’annonce de cet accord, brandissant des drapeaux iraniens tout en brûlant la bannière étoilée des États-Unis. Certains s’inquiètent toutefois de voir le cessez-le-feu ne pas tenir. En déplacement en Hongrie, le vice-président américain J.D. Vance a lui-même évoqué une « trêve fragile ».
De nombreux points restent, en effet, à régler. Téhéran a déjà posé ses exigences, un plan en dix points qui prévoit, notamment, la levée des sanctions économiques, la reconnaissance de son droit à enrichir de l’uranium ou encore le maintien du contrôle du détroit d’Ormuz. Des demandes maximalistes difficiles à assumer pour Washington.
La Maison Blanche assure donc que les discussions ne seront pas engagées autour de cette feuille de route de Téhéran.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a invité les délégations américaine et iranienne à se rencontrer ce vendredi à Islamabad, pour entamer des négociations. Mais le cessez-le-feu doit inclure le Liban pour être « crédible et durable », a souligné, mercredi soir, Emmanuel Macron, après un échange téléphonique avec le président iranien, Massoud Pezeshkian.
Le conflit va-t-il se poursuivre au Liban ?
Le cessez-le-feu ne s’applique pas au Liban, ont affirmé, mercredi, le gouvernement israélien et Donald Trump, contredisant une annonce du Pakistan. Joignant le geste à la parole, Israël a déchaîné les enfers, mercredi, au Liban, en revendiquant une attaque à grande échelle contre des centres de commandement et des infrastructures militaires du Hezbollah à Beyrouth.
La plus importante depuis la reprise du conflit début mars avec le parti-milice chiite allié de l’Iran. Le ministère de la Santé libanais a recensé, mercredi, 182 tués et 890 blessés. La défense civile locale fait état d’au moins 254 morts et 1 165 blessés
Dénonçant un massacre, Téhéran a estimé que le cessez-le-feu et les négociations avec les États-Unis n’avaient plus « aucun sens » et des médias iraniens ont annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz. Une façon de faire pression sur Donald Trump pour qu’il demande à son allié israélien de faire taire les armes au Liban.







