Le Duplex Club, à La Roche-sur-Yon (Vendée), a demandé ce mardi 21 avril 2026 à la juge des référés du tribunal administratif de Nantes de suspendre en urgence l’arrêté préfectoral ayant prononcé sa fermeture administrative pour les deux prochains mois, à la suite de la fusillade qui a éclaté dans la nuit du 4 au 5 avril 2026.
La discothèque de Jalal Nasiry – située 36 impasse Philippe-Lebon – a introduit ce recours dans le cadre d’un référé liberté, une procédure d’extrême urgence destinée à sanctionner les « atteintes graves » et « manifestement illégales » aux libertés fondamentales consacrées par la Constitution, comme ici la « liberté du commerce et de l’industrie » ou la « liberté du travail ».
La société veut donc que la juge fasse « injonction » au préfet de la Vendée de « garantir la réouverture » de l’établissement et de lui verser 1 800 € pour ses frais de justice.
Cette fermeture s’est faite « sur la base d’un seul signalement », a souligné à l’audience l’avocat de la société. Il y a eu « beaucoup de déclarations » dans ce dossier, mais « aucun élément probant matériel » n’est venu caractériser le « trouble à l’ordre public » occasionné par l’ouverture de la discothèque.
« Aucun procès-verbal n’a été établi par les forces de l’ordre concernant le service d’alcool à des mineurs », a par exemple relevé Me Louis Yarroudh-Feurion. Les « nuisances » invoquées aux « voisins » sont aussi inexistantes de son point de vue, puisqu’« aucune plainte » n’a été produite en ce sens et que Le Duplex est « dans une zone industrielle ».
Une « atteinte » au « droit culturel »
Il y a d’autant plus « urgence » à suspendre cet arrêté préfectoral que l’entreprise emploie « un salarié en CDI » et fait travailler « d’autres professionnels » : « des prestataires » devaient venir « tout prochainement » au Duplex et « plusieurs contrats de travail » avaient été signés avec « des serveurs » ou « des agents de sécurité ».
Me Louis Yarroudh-Feurion a aussi invoqué le « droit culturel » à « pouvoir sortir en fin de semaine » pour faire suspendre l’arrêté du nouveau préfet de la Vendée, Éric Freysselinard. « Une discothèque est un élément culturel pour se reposer et rejoindre des amis ou de la famille, c’est un élément de convivialité », a argumenté l’avocat du barreau des Sables-d’Olonne.
L’arrêté de fermeture administrative a aussi été pris « tardivement », puisque le préfet a mis « cinq jours » pour « se réveiller », alors que « tout s’est parfaitement bien passé » entre-temps pendant ces « cinq jours » d’ouverture de la discothèque.
Il n’y a eu « aucun dysfonctionnement », a reformulé Me Louis Yarroudh-Feurion. « Mon client a déposé plainte, il a été parfaitement coopérant avec les forces de l’ordre et c’est même grâce à lui que le principal concerné [dans la fusillade] a pu être identifié », a-t-il encore dit à la juge nantaise.
Surtout, Le Duplex « vient d’ouvrir » et « doit s’acquitter de charges fiscales et sociales » ; il doit payer « 1 000 € par mois » de cotisations d’assurances, a cité en exemple son avocat. « Il y va de la survie de cet établissement », a résumé en d’autres termes Me Louis Yarroudh-Feurion. « S’il n’y a pas de suspension de cet arrêté, c’est sa mort économique qui se pointe. » Cela constitue donc une « atteinte extrêmement grave à la vie socio-économique » locale, de son point de vue.
La « lutte contre l’alcoolisation » invoquée
Mais la représentante du préfet de la Vendée a rappelé que « la lutte contre l’alcoolisation » était « d’intérêt public » au vu de son « impact sur la santé de tous ». La « gravité des faits », avec « un coup de feu » et « deux blessés », justifie de toute manière cette fermeture administrative.
« Le Duplex n’est pas le seul établissement dans les environs de La Roche-sur-Yon pour aller se distraire », a-t-elle au demeurant fait observer pour répondre aux arguments de l’avocat de la discothèque sur le « droit culturel » à se divertir le week-end. Elle a également minimisé l’impact économique de cette fermeture administrative puisque les emplois sont la plupart « des CDD » justifiés par un « surcroît d’activité » – et encore, quand ces contrats « sont correctement rédigés », a-t-elle glissé au passage.
Enfin, si le préfet de la Vendée a pris plusieurs jours pour prendre son arrêté, c’est parce qu’il « attendait d’avoir les éléments de la police » ; entre-temps, Le Duplex a ouvert « deux jours », certifie-t-elle, et non « cinq » comme Me Louis Yarroudh-Feurion l’assure. Les « faits » en lien avec la fusillade sont aussi survenus « à l’intérieur » de l’établissement « et non devant ».
Le gérant de la discothèque a alors pris la parole, à l’invitation de la juge, pour préciser que les soirées et les week-ends ne sont pas sa seule activité : Le Duplex « accepte » aussi « en semaine des réunions de famille » ou « des personnes âgées ».
Son avocat a aussi émis l’hypothèse que les « badauds » incriminés dans les coups de feu tirés sortent d’une « autre boîte de nuit située à proximité ». La juge des référés du tribunal administratif de Nantes, qui a mis sa décision en délibéré, doit rendre son ordonnance sous peu.
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